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Perte de voix : quand les croyances rencontrent la médecine

Santé
Perte de voix Perte de voix

Certaines personnes perdent momentanément leur voix sans avoir beaucoup parlé ni crié. Si ce phénomène suscite des interprétations liées au monde invisible dans certaines communautés, la médecine identifie plusieurs causes possibles. Le témoignage de dame Djamila illustre les interrogations que soulève cette situation.

Par   Mariama SALIFOU (Coll.), le 22 oct. 2026 à 14h53 Durée 3 min.
#Perte de voix

Pour dame Djamila, le phénomène n’est pas nouveau. Il lui arrive régulièrement d’éprouver des difficultés à parler, notamment après avoir beaucoup échangé avec ses enfants surtout le garçon . Mais ce qui l’intrigue davantage, c’est que le trouble survient parfois alors qu’elle n’a presque pas sollicité sa voix.

« Parfois, même pour saluer mon mari le matin ou échanger quelques mots avec lui, le son ne sort pas. Il a du mal à me comprendre », raconte-t-elle.

Face à ces épisodes répétés, elle a cherché à en comprendre l’origine. C’est alors qu’on lui a plusieurs fois avancé une explication relevant des croyances populaires : des sorciers seraient responsables de cette disparition momentanée de la voix. Une interprétation qui illustre la place que peuvent occuper les représentations du monde invisible dans la compréhension de certains phénomènes physiques.

Quand le monde invisible est évoqué

 

Le tradipraticien Pascal Abalo partage cette lecture du phénomène. « Rien n’est hasard. Tout est invisible avant d’être visible », affirme-t-il.

Selon lui, les sorciers prendraient parfois la voix de certaines personnes pour accomplir des actes malveillants sans être reconnus et ainsi brouiller les pistes. Il estime que cette pratique supposée pourrait également répondre à d’autres motivations.

Ces propos reflètent son interprétation du phénomène à travers les croyances traditionnelles. Ils ne constituent toutefois pas une preuve d’une origine surnaturelle de la perte de voix.

Des causes médicales à rechercher

 

Sur le plan médical, la disparition ou l’altération de la voix peut avoir plusieurs explications. La dysphonie désigne une modification de la voix, qui peut devenir rauque, voilée, faible ou cassée. Lorsque la voix disparaît complètement, on parle d’aphonie. Ces troubles peuvent notamment se manifester par une modification du timbre, de la hauteur ou de l’intensité de la voix.

Le Dr Dodji Urbain Ahouayito présente différentes formes cliniques de la dysphonie. <> affirme-t-il . Une laryngite, par exemple, peut perturber le fonctionnement des cordes vocales. Le tabagisme, l’exposition à des substances irritantes et le surmenage vocal figurent également parmi les facteurs susceptibles d’altérer la voix.

Selon le professionnel de santé, le reflux gastro-œsophagien constitue une autre cause possible de modification de la voix, notamment lorsque l’enrouement apparaît au réveil. Ainsi, une personne peut constater un changement de voix sans avoir crié ni beaucoup parlé. Toutefois, ces différentes causes ne peuvent être considérées comme responsables des épisodes de dame Djamila sans une évaluation médicale.

Quand faut-il consulter ?

 

Face à une perte de voix, il est conseillé de limiter les conversations, d’éviter de forcer sa voix et de boire suffisamment d’eau, tiède de préférence. Le chuchotement n’est pas nécessairement une bonne solution, car il peut également solliciter le larynx, proscrire le raclement répétitif de la gorge et l’automédication.

Lorsque les épisodes se répètent ou persistent, une consultation médicale permet de rechercher leur origine. Un médecin, notamment un spécialiste en oto-rhino-laryngologie (ORL), peut examiner le larynx et déterminer si des examens complémentaires sont nécessaires. Une difficulté respiratoire associée à la perte de voix exige une prise en charge urgente.

Entre les interprétations traditionnelles et les explications médicales, la perte de voix demeure un phénomène qui mérite d’être mieux compris. Si les croyances contribuent à façonner la manière dont certaines personnes l’interprètent, la recherche d’une cause médicale reste essentielle pour assurer une prise en charge adaptée.