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Cancer du sein : comment la détection précoce sauve

Santé

Le cancer du sein est la première cause de décès par cancer dans le monde. Lorsque le cancer est détecté tôt, il y a plus de chances de s’en sortir. Pourquoi détecter un cancer du sein à un stade précoce permet-il de le traiter plus efficacement ? Des explications avec le professeur Freddy GNANGNON.

Professeur titulaire de cancérologie chirurgicale - FSS/UAC

Docteur en épidémiologie

Président de la Société béninoise de cancérologie (SOBÉCAN)

Vice-président pour l’Afrique de la Société internationale de sénologie

Par   Karimath Foumilayo LAWANI (Coll.), le 21 oct. 2026 à 18h36 Durée 2 min.
#cancer du sein

Quels sont les avantages du dépistage ou de la détection précoce ?

1. Une meilleure possibilité de conserver le sein

Lorsqu’une tumeur est petite et localisée, le chirurgien peut souvent retirer la tumeur avec une marge indispensable de tissu sain autour d’elle, tout en conservant le sein (tumorectomie). Lorsque la tumeur est très volumineuse et atteint une grande partie du sein, l’ablation complète du sein, appelée mastectomie, est alors souvent nécessaire.

2. Des traitements souvent moins lourds et moins coûteux

À un stade précoce, le traitement peut être plus simple et plus court. Pour certains cancers de petite taille, il peut associer une tumorectomie et une radiothérapie. Lorsque le cancer est découvert plus tard, la prise en charge est souvent plus complexe : une chirurgie plus étendue, une chimiothérapie, une radiothérapie, une thérapie ciblée ou une immunothérapie. Ces traitements sont plus longs et excessivement coûteux.

3. De meilleures chances de guérison

Plus le cancer du sein est diagnostiqué tôt, plus les chances de guérison et de survie sont élevées. À un stade très avancé, ces chances deviennent infimes, même si des traitements restent possibles et nécessaires. Les estimations récentes de l’Organisation mondiale de la santé indiquent que près de 9 femmes sur 10 sont encore en vie cinq ans après le diagnostic dans les pays à revenu élevé, où le diagnostic est majoritairement posé à un stade précoce, contre environ 4 sur 10 dans les pays à faible revenu comme le Bénin, où, actuellement, les femmes consultent à un stade tardif dans plus de 70 % des cas.

Quels sont les moyens de la détection précoce ?

La détection précoce repose sur trois piliers.

1. Connaître ses seins par l’auto-examen mensuel

L’objectif principal est de connaître l’aspect et la consistance habituels de ses seins afin de reconnaître rapidement un changement. Une femme en activité génitale qui souhaite pratiquer une autopalpation doit le faire environ une fois par mois, quelques jours après les règles, lorsque les seins sont moins sensibles, ou à une date fixe chez la femme ménopausée.

2. Faire examiner ses seins par un professionnel de santé une fois par an

L’examen clinique peut être réalisé par un professionnel formé, notamment un médecin ou une sage-femme. Il peut contribuer à détecter des tumeurs de petite taille, mais sa performance dépend de la formation et de l’expérience du professionnel.

3. Réaliser une mammographie en fonction de son âge

Il faut savoir que, dans les pays occidentaux, les cancers du sein surviennent en moyenne à 63 ans ; par conséquent, le dépistage par mammographie commence à partir de 50 ans. En Afrique subsaharienne, comme au Bénin, les femmes ont leur cancer en moyenne à 48 ans, et il est plus agressif et plus difficile à traiter. Par conséquent, les pays africains envisagent de démarrer le dépistage mammographique plus tôt, autour de 40 à 45 ans. Le ministère de la Santé finalise actuellement des référentiels adaptés au pays. En attendant leur publication officielle, chaque femme peut discuter avec son professionnel de santé du moment approprié pour commencer la mammographie en fonction du niveau de risque.

Dans tous les cas

* Consulter rapidement en cas de boule dans le sein ou sous l’aisselle, de déformation du sein, de modification de la peau, de rétraction du mamelon ou d’écoulement anormal.

* Ne pas attendre une campagne de dépistage lorsqu’un symptôme est présent : une anomalie nécessite une évaluation diagnostique sans délai.

* Effectuer rapidement les examens prescrits : mammographie, échographie et, si nécessaire, prélèvement ou biopsie. Les résultats doivent être interprétés sans délai par le médecin traitant, qui orientera la patiente vers un spécialiste de l’oncologie en cas de suspicion.

* Ne pas attendre la douleur : au début, dans plus de 90 % des cas, un cancer du sein peut être totalement indolore.