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Le 8? Congrès des Ordres des experts-comptables de l’Uemoa met en lumière le rôle de la profession dans la transparence financière, la bonne gouvernance et la mobilisation des ressources propres. Les travaux qui se tiennent sur deux jours, ont démarré ce mercredi 21 octobre à Cotonou, dans un contexte marqué par les exigences croissantes de souveraineté économique.
La transparence des comptes et la qualité de l’information financière sont au cœur du 8? Congrès des Ordres des experts-comptables de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Ce rendez-vous réunit plus de 350 participants venus de près de 18 pays. Les échanges portent sur le thème : « L’expert-comptable, garant de la transparence et de la souveraineté financière dans l’espace Uemoa ». A l’ouverture des travaux, Aristide Médénou, ministre de l’Économie et des Finances, a insisté sur la place de la bonne gouvernance dans la transformation des économies. Pour lui, la qualité de la gestion publique dépend notamment de la disponibilité d’informations fiables, indispensables à la prise de décision et à l’utilisation efficace des ressources de l’État. Aristide Médénou a également mis en avant l’évolution de la situation financière des entreprises publiques béninoises. Selon les données qu’il a présentées, celles-ci affichaient, à fin décembre 2025, un excédent global de près de 300 milliards de francs Cfa. Il a attribué cette évolution, entre autres, aux décisions gouvernementales et à la qualité de l’information produite par les experts-comptables. Cette amélioration, a-t-il souligné, permet de réduire la pression sur les ressources publiques et de dégager davantage de moyens pour des secteurs tels que l’éducation, la santé et l’électricité.
La fiabilité des comptes, levier de souveraineté
Serge Mensah, président de l’Ordre des experts-comptables et comptables agréés du Bénin, a pour sa part, rappelé que la confiance constitue le socle de la profession. Pour lui, des comptes fiables rassurent les banques, les investisseurs, les citoyens et les partenaires financiers. Ils contribuent aussi à améliorer les conditions de financement et à renforcer la capacité des États à décider de leurs propres priorités. Les défis restent toutefois nombreux. La modernisation des finances publiques, la lutte contre les flux financiers illicites, les exigences de durabilité et l’essor de l’intelligence artificielle transforment les pratiques professionnelles. Face à ces mutations, Serge Mensah a appelé les experts-comptables à dépasser leur rôle traditionnel de certification pour devenir davantage des acteurs de conseil, d’anticipation et d’accompagnement des entreprises et des institutions. La mobilisation des ressources propres et l’élargissement de l’assiette fiscale exigent, en effet, une information financière rigoureuse. Dans cette perspective, l’indépendance et l’éthique des professionnels apparaissent comme des conditions essentielles de la confiance économique.
Ce congrès revêt également une dimension particulière pour la profession béninoise, qui célèbre les vingt ans de son Ordre. Cet anniversaire marque deux décennies de structuration institutionnelle, de formation et de développement des compétences. Les participants sont ainsi appelés à formuler des recommandations concrètes et à renforcer la coopération entre les ordres de l’espace communautaire.
Le 8e Congrès des Ordres des experts-comptables s'ouvre à Cotonou