La Nation Bénin...
Assise devant son repas, Aïcha, une
fillette de 7 ans, grimace en essayant de mâcher. Ses joues sont gonflées et
elle se plaint de douleurs près des oreilles. Sa mère constate également
qu’elle a de la fièvre. Ces signes peuvent évoquer les oreillons, une maladie
infectieuse contagieuse qui touche particulièrement les enfants.
Des pratiques traditionnelles aux
explications médicales
Dans certaines communautés, les parents raclaient l’argile déposée sur les murs par certains insectes, la réduisaient en poudre et l’appliquaient sur les joues de l’enfant. Dans d’autres, ils perçaient des graines de palmier, sept pour une fille et neuf pour un garçon, puis y passaient une corde pour confectionner un collier placé autour du cou afin de chasser les oreillons.
Mais que sait-on réellement de cette maladie ? « Les oreillons sont une maladie infectieuse et contagieuse provoquée par un virus appelé virus ourlien », explique Kami Fabrice Awokou, médecin pédiatre. L’infection touche principalement les glandes parotides, situées de chaque côté du visage, devant et sous les oreilles.
« Chez l’enfant, les oreillons se
manifestent généralement par une fièvre, des maux de tête, une fatigue et
surtout un gonflement douloureux d’une ou des deux joues », précise-t-il. Ce
gonflement peut rendre la mastication et la déglutition douloureuses.
Une transmission favorisée par les
contacts
Le virus se transmet essentiellement par les gouttelettes respiratoires et la salive d’une personne infectée, notamment lorsqu’elle tousse ou éternue. Les écoles et les garderies constituent des lieux propices à sa propagation en raison des contacts rapprochés entre enfants.
« Une personne infectée peut transmettre
le virus avant même l’apparition du gonflement des joues », avertit le
pédiatre. Les personnes non vaccinées sont particulièrement exposées, même si
une infection reste possible chez les personnes vaccinées.
Éviter l’automédication
Il n’existe pas de médicament antiviral spécifique contre les oreillons. « Le traitement consiste plutôt à soulager les symptômes et à surveiller l’évolution de la maladie », explique Kami Fabrice Awokou. Le paracétamol peut être utilisé contre la fièvre et les douleurs, selon les recommandations d’un professionnel de santé.
Le repos, une hydratation suffisante et une alimentation molle, facile à avaler, sont également conseillés. Les aliments acides peuvent accentuer les douleurs au niveau des glandes salivaires. L’application d’une compresse froide ou tiède sur les zones douloureuses peut contribuer au soulagement.
Le pédiatre met en garde contre
l’automédication et l’usage injustifié des antibiotiques. « Les oreillons sont
provoqués par un virus et non par une bactérie. Les antibiotiques ne sont donc
pas recommandés pour traiter cette maladie. » Il déconseille également le
recours systématique aux anti-inflammatoires, qui peuvent présenter des risques
selon la situation de l’enfant.
Des complications à prévenir
Dans la majorité des cas, l’évolution est favorable en une à deux semaines. Toutefois, des complications peuvent survenir, notamment une méningite, une inflammation des testicules chez les garçons après la puberté ou, plus rarement, une atteinte de l’audition. Une consultation médicale permet de confirmer le diagnostic et d’assurer une surveillance adaptée.
Enfin, la vaccination constitue un moyen
essentiel de prévention. Le vaccin combiné ROR protège contre la rougeole, les
oreillons et la rubéole. Les parents doivent se renseigner auprès d’un
professionnel de santé sur les doses recommandées et les modalités de
vaccination applicables au Bénin.
Oreillons chez l’enfant