La Nation Bénin...
Souvent invisibles, les meuniers occupent pourtant une place centrale dans la chaîne alimentaire. Chargés de transformer les céréales en farine, ils contribuent chaque jour à nourrir les ménages. Malgré ce rôle crucial, leur profession reste peu valorisée.
Unité de transformation des grains en farine, la meunerie consiste à moudre les céréales pour la consommation. À la commande, le meunier s’affaire derrière sa machine pendant de longues heures chaque jour afin que les familles puissent préparer pâte de maïs, de mil, de sorgho et bien d’autres mets. Du matin au soir, il travaille dans la poussière, couvert d’une fine couche de farine comme d’un masque. Pourtant, en retour, l’ingratitude est souvent sa récompense. Malgré le service rendu avec diligence, il est parfois méprisé et essuie des reproches à la moindre lenteur dans l’exécution du travail.
Vers une meilleure organisation de la profession
Face à ce manque de considération, les meuniers ont décidé de s’unir pour mieux structurer leur métier. Ils se regroupent progressivement en associations au niveau départemental afin de mieux connaître leurs droits et leurs devoirs. L’initiative a débuté dans les départements du Sud avec la création de l’Association des Professionnels Exploitants de Moulins et d’Aiguisoirs du Littoral d’une part, et de l’Atlantique d’autre part. D’autres départements devraient suivre. Leurs objectifs : se faire former sur le droit du travail, la régulation du marché et les textes relatifs à la concurrence et aux produits de consommation.
S'ouvrir à la modernité
Pour Kowanou Folly, président de l’Association du Littoral, il est urgent de revaloriser l’image du meunier et de l’aiguiseur. « On peut exercer ce métier tout en soignant son cadre de travail », estime-t-il. Saïlou Yacoubou, président au niveau de l’Atlantique, partage le même avis. Il insiste sur l’importance de maintenir un lieu de travail propre et attrayant, et de veiller à une bonne hygiène corporelle.
« Nous devons aussi éviter la concurrence déloyale. Déjà que les prix pratiqués pour la mouture des céréales sont dérisoires, il ne serait pas élégant de les tirer encore plus vers le bas », poursuit-il. Toujours est-il que le métier devra s'ouvrir à la modernité.