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Cancer de la prostate : du dérèglement cellulaire aux métastases, le docteur Oscar GBEKE décrypte la maladie

Santé

Le cancer de la prostate peut évoluer pendant plusieurs années sans provoquer de symptômes apparents. Le docteur Oscar GBEKE explique les mécanismes à l’origine de cette maladie, son évolution dans la glande et sa capacité à atteindre d’autres organes dans les formes avancées.

Par   Essènandé Florence KOUMENOUGBO (Coll.), le 03 nov. 2026 à 11h08 Durée 3 min.
#cancer de la prostate

Une anomalie cellulaire à l’origine

Tout commence dans la prostate, une petite glande située sous la vessie, qui participe à la production du liquide séminal. Dans un organisme sain, les cellules se développent, vieillissent et meurent avant d’être remplacées. Ce renouvellement obéit à un mécanisme bien organisé. Mais celui-ci peut se dérégler.

Selon le docteur Oscar GBEKE, certaines cellules subissent une modification de leur ADN, appelée mutation. Elles échappent alors aux mécanismes qui contrôlent leur développement et se multiplient de manière anarchique. « Au lieu de disparaître naturellement, ces cellules continuent à se reproduire et finissent par former une tumeur dans la prostate », explique-t-il.

Le médecin précise que le cancer prend généralement naissance dans la zone périphérique de cette glande. Cette localisation explique en partie son caractère silencieux au début. La tumeur ne comprime pas immédiatement l’urètre, le canal qui permet l’évacuation de l’urine. L’homme peut donc continuer à uriner normalement, sans douleur ni signe particulier. « L’absence de symptômes ne signifie pas l’absence de cancer », clarifie le spécialiste.

De la tumeur aux métastases : une progression parfois silencieuse

Au fil du temps, la tumeur peut grossir et former un nodule parfois détectable lors d’un toucher rectal. Si la maladie progresse, elle peut dépasser les limites de la prostate et envahir les tissus voisins, notamment les vésicules séminales, qui participent à la production du liquide séminal. À un stade plus avancé, elle peut également comprimer l’urètre et provoquer des difficultés urinaires.

Le docteur Oscar GBEKE souligne que les formes agressives ou diagnostiquées tardivement peuvent franchir une nouvelle étape. Les cellules cancéreuses quittent alors la prostate et circulent dans les vaisseaux sanguins ou lymphatiques. « Elles peuvent ainsi atteindre d’autres parties du corps et y former de nouvelles tumeurs. C’est ce que l’on appelle les métastases », explique-t-il.

Les os constituent l’un des principaux sites de propagation du cancer de la prostate. Selon le médecin, ces métastases osseuses peuvent notamment provoquer des douleurs persistantes au dos ou au bassin.

Le spécialiste rappelle enfin que la maladie n’évolue pas de la même manière chez tous les hommes. Certaines formes progressent lentement, tandis que d’autres sont plus agressives. Une consultation médicale permet d’évaluer les risques et de déterminer les examens adaptés à chaque situation.