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Prostate : ces idées reçues qui éloignent les hommes des soins

Santé
Briser le silence pour agir à temps Briser le silence pour agir à temps

À mesure qu’ils avancent en âge, de nombreux hommes peuvent être confrontés à des troubles de la prostate. Pourtant, entre gêne, peur du diagnostic, croyances populaires et automédication, certains tardent à consulter. À l’occasion de Novembre Bleu, un vox populi réalisé dans les rues d’Abomey-Calavi révèle des perceptions qui montrent l’importance de la sensibilisation autour de la santé masculine.

Par   Mariama SALIFOU (Coll.), le 02 nov. 2026 à 16h09 Durée 4 min.
#Prostate

Des troubles souvent banalisés

 

Se lever plusieurs fois la nuit pour uriner, éprouver des difficultés à commencer la miction ou constater un affaiblissement du jet urinaire : ces manifestations peuvent révéler un problème de prostate. Située sous la vessie, cette glande peut augmenter de volume avec l’âge. Cette hypertrophie bénigne, appelée adénome de la prostate, est toutefois différente du cancer de la prostate.

 

Dans les rues de Calavi, les perceptions divergent. Gilbert Danssou, mécanicien, estime qu’il est important de consacrer un mois à la sensibilisation, mais reste confiant : « J’ai beaucoup pris des tisanes quand j’étais enfant au village. Même maintenant, je continue d’en prendre. Cette maladie-là ne peut pas m’avoir, moi, par la grâce de Dieu. »

 

De son côté, un vendeur quinquagénaire, qui préfère garder l’anonymat, minimise le risque : « Sincèrement, je n’ai jamais pensé que cette maladie pouvait me concerner. Je me sens bien et ma femme ne se plaint pas au lit. »

 

Pour Moudachirou Samba, les habitudes constituent un obstacle : « Comme nous, les Africains en général, il faut sentir des malaises avant d’aller consulter. … Mais je pense que c’est bien d’aller consulter, pour prévenir plutôt que guérir. »

Valentine Nougbo, agente d’entretien, reconnaît également avoir longtemps banalisé cette maladie. Elle entend désormais changer d’attitude : « Je ne prenais pas cette maladie au sérieux. Désormais, je vais attirer l’attention de mon mari sur son importance et l’encourager à s’intéresser à sa santé. »

Épiphane Sessimè, lui, estime que « ce sont les riches qui s’intéressent à cette maladie ».

Entre automédication et promesses de guérison

 

Dans un entretien publié le 6 février 2023, le Dr Serpos Dossou, médecin cancérologue spécialisé en radiothérapie, souligne que le cancer de la prostate peut évoluer silencieusement. Il insiste sur l’importance du diagnostic précoce et d’une prise en charge adaptée.

 

Stéphane Kokougan, tradithérapeute, attire également l’attention sur la circulation de produits frauduleusement associés à certains centres et les promesses de guérison totale faites aux patients. Pour lui, la médecine traditionnelle et la médecine scientifique peuvent être complémentaires, mais le diagnostic préalable demeure nécessaire.

Briser le silence pour agir à temps

 

Le diagnostic repose notamment sur l’examen clinique et, selon les situations, le dosage du PSA (antigène prostatique spécifique). Un taux élevé ne signifie toutefois pas automatiquement un cancer.

Les troubles urinaires ne sont pas systématiquement liés à la prostate et un cancer peut rester silencieux. Novembre Bleu rappelle ainsi aux hommes l’importance de la consultation médicale. Car banaliser les symptômes ou se fier uniquement aux remèdes traditionnels peut retarder une prise en charge nécessaire.