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La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) franchit une nouvelle étape dans la gestion de la crise régionale née du retrait de trois de ses États membres. Réunie autour de ses instances décisionnelles, l’organisation sous-régionale a officialisé, le 25 mars 2026 à Abuja, la nomination de Lansana Kouyaté en qualité de négociateur en chef, chargé de conduire les pourparlers avec l’Alliance des États du Sahel (AES).
avènement de Lansana Kouyaté peut être vu comme une nomination stratégique dans un contexte de recomposition régionale. Sa nomination en qualité de négociateur en chef, chargé de conduire les pourparlers avec l’Alliance des États du Sahel (AES) intervient dans un contexte marqué par des tensions politiques et institutionnelles entre la CEDEAO et certains de ses membres, ayant conduit le Mali, le Burkina Faso et le Niger, regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), à acter leur retrait de l’organisation sous-régionale. Face à cette situation inédite, la CEDEAO tente la voie du dialogue afin de préserver les acquis de l’intégration régionale, notamment la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que la coopération sécuritaire. Une option qui passe aussi désormais par le choix porté sur une figure expérimentée de la diplomatie ouest-africaine.
Ancien Premier ministre de la République de Guinée et ancien secrétaire exécutif de la Cedeao, Dr Lansana Kouyaté dispose d’une solide connaissance des mécanismes institutionnels de l’organisation et des dynamiques politiques régionales. Sa nomination, validée par le président de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement traduit une volonté de confier cette mission sensible à un acteur maîtrisant à la fois les enjeux diplomatiques et les subtilités du dialogue politique en Afrique de l’Ouest. Son rôle consistera à conduire, au nom de la CEDEAO, les négociations avec les autorités de l’AES en vue de parvenir à des solutions concertées.
Préserver l’unité et les acquis communautaires
Selon le communiqué signé à Abuja par Omar Alieu Touray, président de la Commission, le mandat du négociateur en chef est fixé à une durée initiale de trois mois, à compter du 25 mars 2026. Cette mission pourra toutefois être prorogée en fonction de l’évolution des discussions. Dans l’exercice de ses fonctions, Kouyaté rendra compte de l’état d’avancement des négociations à la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, par l’intermédiaire du président de la Commission. Il sera par ailleurs assisté dans sa mission, dans un dispositif visant à garantir une approche coordonnée et cohérente des échanges. Au-delà de la gestion immédiate de la crise, cette démarche s’inscrit dans une logique de préserver l’unité ouest-africaine et éviter une fragmentation durable de l’espace communautaire.
La nomination de Lansana Kouyaté apparaît ainsi comme un signal fort en faveur du dialogue et de l’apaisement. Elle traduit également la volonté de la CEDEAO d’explorer toutes les voies diplomatiques avant toute rupture définitive. Les prochaines semaines seront décisives pour l’avenir des relations entre l’Alliance des États du Sah
Lansana Kouyaté