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Chine: Stabilité et ouverture, moteurs d’une économie résiliente

International

Adopté lors des récentes sessions parlementaires chinoises, le 15ᵉ plan quinquennal (2026-2030) trace les grandes orientations du développement économique et social de la Chine pour les prochaines années. Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques, le géant asiatique mise sur l’innovation technologique, la transition écologique et l’ouverture au commerce mondial pour consolider la résilience de son économie et soutenir la croissance globale. 

Par   Josué F. MEHOUENOU, le 16 mars 2026 à 11h17 Durée 3 min.
#Chine

Les travaux annuels de l’organe législatif chinois, l’Assemblée populaire nationale, et de l’organe consultatif politique, la Conférence consultative politique du peuple chinois, connus sous l’appellation «Deux Sessions», ont récemment marqué une étape importante dans la planification stratégique du pays. À cette occasion, les autorités chinoises ont approuvé le 15ᵉ Plan quinquennal (2026-2030) pour le développement économique et social national. Ce document constitue la feuille de route de la modernisation chinoise pour les cinq prochaines années. Les législateurs ont également adopté plusieurs textes structurants, notamment un Code écologique et environnemental, une loi visant la promotion de l’unité et du progrès ethniques, ainsi qu’une loi sur la planification du développement national. Parallèlement, les responsables politiques ont validé les orientations budgétaires et les objectifs économiques pour l’année 2026, réaffirmant leur engagement à maintenir une croissance stable et durable.

Une économie qui résiste aux turbulences mondiales

Malgré un environnement international marqué par les tensions commerciales, les crises géopolitiques et les perturbations du commerce mondial, l’économie chinoise affiche des indicateurs solides. Les autorités visent pour 2026 un taux de croissance compris entre 4,5 % et 5 %, un niveau qui demeure significatif pour une économie déjà parmi les plus importantes au monde. Selon les projections officielles, le produit intérieur brut chinois devrait augmenter de plus de 6 000 milliards de yuans, soit environ 869 milliards de dollars au cours de l’année. Cette croissance soutenue devrait contribuer à renforcer l’emploi, améliorer le bien-être social et consolider la stabilité économique. Cette performance témoigne de la capacité de l’économie chinoise à absorber les chocs extérieurs tout en poursuivant sa transformation structurelle.

L’un des signes les plus tangibles de cette résilience se trouve dans les performances du commerce extérieur. Durant les deux premiers mois de 2026, la valeur totale du commerce de marchandises a atteint 7 730 milliards de yuans, soit environ 1 120 milliards de dollars, enregistrant une progression de 18,3 % en glissement annuel. Dans le détail, les exportations ont augmenté de 19,2 %, atteignant 4 620 milliards de yuans, tandis que les importations ont progressé de 17,1 %, pour atteindre 3 110 milliards de yuans. Ces résultats confirment la solidité de la position de la Chine comme acteur central du commerce mondial. Les produits mécaniques et électroniques à haute valeur ajoutée ont particulièrement porté cette dynamique, avec une hausse des exportations de 24,3 % sur la période. Parallèlement, la consommation intérieure, stimulée par les congés prolongés de la Fête du Printemps, a contribué à soutenir les importations de produits industriels et de matières premières, notamment le minerai de fer et le pétrole brut.

Des partenaires commerciaux diversifiés

La vigueur du commerce extérieur chinois repose aussi sur la diversité de ses partenaires économiques. L’Association des nations de l’Asie du Sud‑Est demeure le premier partenaire commercial de la Chine. Les échanges bilatéraux ont dépassé 1 240 milliards de yuans durant les deux premiers mois de 2026, soit une progression de 20,3 % sur un an. L’Union européenne arrive en deuxième position, avec 998,94 milliards de yuans d’échanges, en hausse de 19,9 %. Les relations commerciales avec les économies émergentes continuent également de se renforcer avec pour l’Amérique latine +19,7 % contre +34,2 % pour l’Afrique. En revanche, les échanges avec les États‑Unis ont reculé de 16,9 %, une baisse largement attribuée aux tensions commerciales et aux politiques tarifaires.

L’initiative « Ceinture et Route », levier de coopération mondiale

Les échanges commerciaux avec les pays partenaires de l’Initiative Ceinture et Route continuent également de croître. Au cours des deux premiers mois de 2026, ils ont atteint 4 020 milliards de yuans, soit une progression de 20 % par rapport à l’année précédente. Dans les années à venir, la Chine entend renforcer cette dynamique en augmentant ses importations de produits agricoles, biens de consommation haut de gamme, équipements technologiques et composants industriels stratégiques. Dans le même temps, Pékin ambitionne d’accélérer le développement du commerce numérique, du commerce vert et des exportations liées à l’intelligence artificielle et aux technologies énergétiques propres. La stratégie de développement chinoise repose désormais sur ce que les autorités qualifient de « nouvelles forces productives de qualité». Ces dernières années, l’innovation technologique a été placée au centre de la politique industrielle nationale, notamment dans les domaines de l’intelligence artificielle, de l’économie numérique, des technologies vertes. Selon les projections officielles, la valeur des industries liées à l’intelligence artificielle en Chine pourrait dépasser 10 000 milliards de yuans, soit environ 1 450 milliards de dollars, d’ici la fin du 15ᵉ Plan quinquennal.

Une ouverture accrue vers l’Afrique

La politique d’ouverture de la Chine se manifeste également à travers des mesures visant à renforcer la coopération économique internationale. Parmi celles-ci figure l’instauration d’un tarif douanier zéro sur plusieurs produits provenant de 53 pays africains, mesure qui doit entrer en vigueur prochainement. Associée à des politiques d’exemption de visa pour certains visiteurs étrangers, cette initiative devrait faciliter les échanges commerciaux, renforcer les flux touristiques et offrir de nouvelles opportunités d’accès au vaste marché chinois pour les économies africaines. Pour les pays du continent, cette ouverture représente un levier potentiel pour diversifier leurs exportations et attirer davantage d’investissements. Dans un contexte international marqué par les tensions commerciales et la montée de certaines tendances protectionnistes, la Chine se présente comme un défenseur du multilatéralisme et du libre-échange. Alors que les rivalités géopolitiques redessinent progressivement l’ordre économique mondial, Pékin met en avant une approche fondée sur la coopération internationale, le développement partagé et l’intégration économique.

Pour les dirigeants chinois, la stabilité interne et l’ouverture extérieure constituent les deux piliers essentiels d’une croissance durable. Au moment où l’économie mondiale traverse une phase d’incertitude, la stratégie chinoise apparaît comme une tentative de conjuguer innovation, ouverture et stabilité. À travers son nouveau plan quinquennal, la Chine ambitionne non seulement de consolider sa propre croissance, mais aussi de contribuer à la relance de l’économie mondiale. Dans un monde en recomposition, la résilience économique du géant asiatique pourrait bien constituer l’un des facteurs clés de l’équilibre et de la prospérité globale.