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Depuis le 2 mars, le Liban est confronté à une grave crise humanitaire. Ce jour-là, Israël a lancé des bombardements en réponse à des roquettes tirées par le Hezbollah sur son territoire, après l’assassinat du guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans le cadre de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Des avertissements d’évacuation ont été adressés aux habitants de plus de cinquante villages et zones densément peuplées, tandis que l’intensification des frappes aériennes a provoqué des déplacements massifs de population à travers le pays.
Plus de 667 000 personnes se sont déjà enregistrées sur la plateforme gouvernementale recensant les déplacés internes, et environ 120 000 trouvent refuge dans des abris collectifs. D’autres sont accueillis par des proches ou cherchent encore un logement, souvent après avoir fui en quelques minutes, emportant à peine quelques affaires personnelles. Nombre de ces familles avaient déjà été déplacées lors des violences de 2024, et certaines subissent aujourd’hui un second exode en quelques années seulement. «Des vies ont été bouleversées à une échelle massive », a déclaré aux correspondants de l'Onu à Genève, Karolina Lindholm Billing, représentante au Liban du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (Hcr).
Des familles contraintes de fuir
Selon l’agence onusienne, de nombreuses familles ont quitté leur domicile précipitamment, souvent sans emporter davantage que l’essentiel, pour rejoindre des zones jugées plus sûres, notamment Beyrouth, le Mont-Liban, les districts du nord et certaines parties de la vallée de la Bekaa. La crise provoque également des mouvements vers la Syrie. D’après les autorités syriennes, plus de 78 000 Syriens ont franchi la frontière depuis le Liban depuis le début de l’escalade, ainsi que plus de 7 700 Libanais.
Une aide humanitaire insuffisante
Depuis le début de la crise, le Hcr indique avoir distribué près de 168 000 articles de première nécessité (matelas, couvertures, sacs de couchage ou lampes solaires) à plus de 63 000 personnes dans plus de 270 centres d’hébergement. L’aide est acheminée en coordination avec les autorités locales, des organisations humanitaires et des partenaires comme la Croix-Rouge libanaise afin de répondre aux besoins les plus urgents. Mais l’agence des Nations Unies alerte sur l’insuffisance des financements car l’opération du Hcr au Liban n’est financée qu’à 14 %, alors même que le nombre de déplacés continue d’augmenter.
Un système de santé fragilisé
Parallèlement à la crise humanitaire, le système de santé libanais subit une pression croissante. Le pays, déjà affaibli par des années de crise économique et par la perte de nombreux professionnels de santé, peine à faire face à l’afflux de blessés. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le bilan s’élève au 9 mars 2026 à 486 morts et 1 313 blessés. Les enfants représentent environ 20 % des victimes, tout comme les femmes. Les réfugiés et les travailleurs migrants comptent pour environ 10 % du total. Les structures médicales elles-mêmes ont été affectées par les violences: 56 établissements de santé ont été touchés, dont cinq hôpitaux désormais hors service et quatre partiellement endommagés. Quatorze personnes ont été tuées et 24 membres du personnel médical blessés lors d’attaques contre des installations sanitaires. Dans les abris collectifs, où vivent actuellement près de 120 000 personnes réparties dans 567 centres, la promiscuité fait craindre l’apparition d’épidémies et complique la prise en charge des maladies chroniques, des troubles mentaux ou des besoins de santé maternelle.
Inquiétudes environnementales
Au-delà du Liban, l’Oms surveille également des risques environnementaux liés à des attaques signalées contre des infrastructures pétrolières au Moyen-Orient, notamment en Iran. Des incendies dans des installations de stockage pourraient libérer des polluants toxiques affectant la qualité de l’air. Des frappes effectuées sur des infrastructures pétrolières au Bahreïn et en Arabie saoudite suscitent également des inquiétudes quant à une possible pollution à l’échelle régionale. Face à la dégradation rapide de la situation, les agences des Nations unies appellent à garantir la protection des civils et un accès humanitaire sans entrave, tout en plaidant pour une désescalade du conflit.
Des membres d'une famille se reposent dans une rue de Beyrouth, au Liban, après avoir fui leur maison en raison d'un ordre d'évacuation