La Nation Bénin...
En marge des « Deux Sessions » politiques annuelles à Beijing, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a plaidé pour un renforcement du rôle de l'Onu dans la gouvernance mondiale. Face aux tensions internationales et aux dérives unilatérales, il a appelé les grandes puissances à respecter le droit international et à promouvoir un ordre multipolaire fondé sur la coopération et l’équité.
À l’occasion de sa traditionnelle conférence de presse organisée en marge des « Deux Sessions » politiques, dimanche 8 mars à Beijing, Wang Yi, le chef de la diplomatie chinoise, a livré la vision de la Chine sur les grands enjeux internationaux. Devant des journalistes venus de la Chine et d’ailleurs, il a insisté sur la nécessité de replacer le respect du droit international et des principes des Nations unies au cœur des relations entre États. Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques et des rivalités croissantes, le ministre a mis en garde contre les dérives hégémoniques susceptibles de fragiliser la stabilité mondiale et l’économie internationale. Selon lui, toute tentative d’imposer la volonté d’une seule puissance au reste du monde risque d’alimenter une spirale d’incertitudes et de conflits. Pour Pékin, l’émergence d’un monde multipolaire constitue l’alternative la plus crédible pour garantir une coexistence pacifique entre les nations. Les grandes puissances, a souligné Wang Yi, ont la responsabilité particulière de montrer l’exemple en respectant les règles internationales, en tenant leurs engagements et en défendant l’État de droit sur la scène mondiale. « L’harmonie dans la diversité est la nature même de la société humaine», a-t-il déclaré, estimant que la gouvernance mondiale doit refléter cette diversité.
Dans cette perspective, la Chine plaide pour un rôle central renforcé de l'Onu dans la régulation des relations internationales. L’institution multilatérale, née au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, demeure, selon Pékin, le cadre le plus légitime pour préserver l’équilibre entre les nations et défendre le droit international. Le chef de la diplomatie chinoise a également mis en garde contre les initiatives visant à contourner ou à affaiblir l’Onu par la création de structures parallèles ou de coalitions restreintes. De telles démarches, a-t-il prévenu, manquent de légitimité et risquent de fragiliser davantage la gouvernance mondiale. Pour y remédier, la Chine soutient l’«Initiative pour la gouvernance mondiale », destinée à insuffler un nouveau dynamisme au système multilatéral.
Respect des règles
Sur le plan économique, Wang Yi a appelé au respect des règles qui régissent le commerce international. Il a critiqué l’usage croissant de barrières tarifaires, de politiques de découplage et de ruptures dans les chaînes d’approvisionnement, estimant que ces pratiques pourraient nuire à la croissance mondiale. Selon lui, une mondialisation économique inclusive, fondée sur le droit et la coopération, demeure la voie la plus efficace pour stimuler le développement tout en réduisant les inégalités entre pays. La Chine, a-t-il rappelé, entend poursuivre sa politique d’ouverture et partager les fruits de sa croissance dans une logique de partenariat gagnant-gagnant. Cette orientation s’illustre notamment dans la coopération sino-africaine, à laquelle Pékin accorde une importance particulière.
Cette année marque en effet le 70ᵉ anniversaire des relations entre la Chine et l’Afrique. À cette occasion, le ministre chinois a salué la vitalité d’une coopération qui, selon lui, a résisté aux évolutions de la conjoncture internationale. Il a également annoncé la volonté de la Chine de faciliter davantage l’accès de son vaste marché aux 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques. À travers ces prises de position, Pékin réaffirme sa volonté de défendre un multilatéralisme rénové, fondé sur le rôle central de l’Onu, la coopération économique et l’équilibre entre puissances. Une vision qui, selon la diplomatie chinoise, pourrait contribuer à stabiliser l’ordre international dans un monde de plus en plus fragmenté.
Plaidoyer pour un renforcement du rôle de l'Onu dans la gouvernance mondiale