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Rapport annuel 2025 de la Bceao: L'Uemoa affiche une croissance de 6,7 %

Economie
Le gouverneur Jean-Claude Kassi Brou présidant la cérémonie de lancement  du Rapport annuel 2025 de la Bceao Le gouverneur Jean-Claude Kassi Brou présidant la cérémonie de lancement du Rapport annuel 2025 de la Bceao

Présenté le 22 juillet dernier à Dakar, au siège de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (Bceao), sous l’égide de son gouverneur, Jean-Claude Kassi Brou, le Rapport annuel 2025 de l’institution sous-régionale dresse la situation d'une Union économique et monétaire ouest-africaine résiliente. Malgré un environnement international marqué par de nombreuses incertitudes, l'espace communautaire enregistre une croissance soutenue, une inflation totalement maîtrisée, un redressement des finances publiques et une nette amélioration de ses équilibres extérieurs.

Par   Kokouvi EKLOU, le 27 juil. 2026 à 11h27 Durée 3 min.
#Espace Uemoa #BCEAO

L'économie de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) a confirmé sa robustesse en 2025. C'est l'un des principaux enseignements du Rapport annuel de la Bceao, présenté le 22 juillet dernier à Dakar. L'institution monétaire met en évidence une amélioration simultanée des principaux indicateurs macroéconomiques, traduisant la capacité de l'Union à maintenir sa trajectoire de croissance dans un contexte mondial encore marqué par les tensions géopolitiques, les incertitudes commerciales et les fluctuations des marchés.

Le Produit intérieur brut (Pib) de l'Union a progressé de 6,7 % en 2025, contre 6,2 % en 2024, confirmant ainsi l'accélération de l'activité économique. Cette performance repose principalement sur le dynamisme des échanges commerciaux, la bonne tenue du secteur des services ainsi que la montée en puissance des industries minières, pétrolières et gazières, devenues de nouveaux moteurs de croissance dans plusieurs États membres.

L'autre fait marquant de l'année réside dans la maîtrise exceptionnelle de l'inflation. Après avoir atteint 3,5 % en 2024, le taux d'inflation moyen est retombé à 0 % en 2025, un niveau inédit qui reflète une amélioration significative des conditions d'approvisionnement alimentaire et énergétique.

Cette évolution s'explique notamment par une hausse de 7,7 % de la production céréalière au cours de la campagne agricole 2025-2026, favorisant une meilleure disponibilité des produits alimentaires. Elle résulte également du recul des prix internationaux des denrées alimentaires et des produits énergétiques, combiné aux politiques publiques mises en œuvre par plusieurs États membres pour renforcer la sécurité alimentaire et soutenir le pouvoir d'achat des ménages.

Sur une trajectoire de consolidation

Le rapport met également en lumière les progrès réalisés dans l'assainissement des finances publiques de l'Union. Les recettes budgétaires ont progressé à un rythme nettement supérieur à celui des dépenses, permettant une réduction significative du déficit public.

À fin décembre 2025, les recettes budgétaires des États membres se sont établies à 25 396,5 milliards de F Cfa, soit une progression de 13,3 % par rapport à l'année précédente. Cette hausse est principalement portée par les recettes fiscales, qui atteignent 22 160,5 milliards de F Cfa, en augmentation de 13,7 %.

Selon la Bceao, cette performance traduit les effets des réformes engagées par les administrations fiscales et douanières afin d'améliorer la mobilisation des ressources intérieures dans un contexte économique favorable. Les recettes fiscales représentent désormais 14,9 % du Pib, contre 14,4 % un an auparavant.

Les dons reçus par les États membres ont également enregistré une progression remarquable de 28,1 %, portant l'ensemble des recettes budgétaires et dons à 26 629,9 milliards de F Cfa, soit 17,9 % du Pib.

Dans le même temps, la progression des dépenses publiques est restée relativement contenue. Les dépenses totales et prêts nets se sont élevés à 32 189,9 milliards de F Cfa, en hausse de 5 %. Cette évolution résulte principalement de l'augmentation des dépenses courantes, notamment sous l'effet de la progression des charges d'intérêts sur la dette publique (+12,9 %) et de la hausse de la masse salariale (+7,2 %), tandis que les dépenses d'investissement sont demeurées globalement stables.

Grâce à cette évolution favorable des recettes, le déficit budgétaire global de l'Union s'est sensiblement réduit. Il est passé de 7 288,1 milliards de F Cfa en 2024 à 5 559,9 milliards de F Cfa en 2025, soit une diminution de 23,7 %. Rapporté au Pib, le déficit ressort désormais à 3,7 %, contre 5,4 % un an auparavant, rapprochant ainsi davantage les États membres des critères de convergence communautaires.

Des comptes extérieurs en nette amélioration

L'embellie économique se reflète également dans les échanges extérieurs. La Bceao souligne la poursuite de l'amélioration amorcée en 2024, portée par la montée en puissance des exportations de pétrole et de gaz, une amélioration des termes de l'échange de 35,1 % ainsi que le retour de plusieurs États membres sur les marchés internationaux des capitaux.

Le solde global de la balance des paiements est ainsi devenu largement excédentaire, atteignant 7 012,6 milliards de F Cfa en 2025, contre 3 012,7 milliards de F Cfa un an plus tôt.

Parallèlement, le déficit du compte des transactions courantes a été ramené à 2 % du Pib, contre 5,7 % en 2024, traduisant un renforcement de la position extérieure de l'Union.

À travers ces résultats, le Rapport annuel 2025 de la Bceao met en évidence une économie régionale en phase de consolidation. Portée par une croissance vigoureuse, une inflation maîtrisée, des finances publiques assainies et des comptes extérieurs renforcés, l'Uemoa confirme sa résilience et consolide les bases d'une trajectoire de développement durable, malgré un environnement économique international incertain.