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La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) a officiellement lancé, mercredi 9 septembre à Cotonou, son programme « Sme Finance & Development ». Financement, conseil, renforcement des capacités et développement de l’écosystème sont mobilisés pour aider les Pme béninoises à se structurer, investir et gagner en compétitivité.
Le secteur privé béninois dispose désormais d’une nouvelle offre destinée à renforcer sa capacité d’investissement et de croissance. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) déploie le programme « Sme Finance & Development», une offre dédiée aux petites et moyennes entreprises (Pme). Il combine des solutions financières, du conseil aux entreprises et un appui au développement de l’écosystème entrepreneurial.
Dasha Dougans, directrice pays de la Berd au Bénin, souligne qu’il s’agit de répondre à deux difficultés qui se conjuguent pour les Pme, notamment l’accès au financement, mais aussi l’accès aux expertises, aux outils et aux systèmes de gestion nécessaires à leur développement. Ces facteurs doivent notamment leur permettre d’améliorer leur productivité et leur gouvernance et in fine de devenir davantage « bancables ».
Pour Awaou Baco, ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l’Emploi, chargée de la Formation professionnelle, cette offre vient renforcer les dispositifs existants, notamment ceux de l’Agence de développement des petites et moyennes entreprises (Adpme), dans la dynamique gouvernementale visant à permettre aux entrepreneurs, notamment aux jeunes et aux femmes, de développer leurs activités.
La ministre a souligné la place des Pme dans l’économie et appelé à une mobilisation de l’ensemble des acteurs : administration, banques, investisseurs, partenaires techniques et financiers, organisations professionnelles, structures d’appui et entrepreneurs. « L’enjeu est désormais de passer de l’opportunité à l’impact », avec davantage d’entreprises financées et structurées, d’investissements productifs et d’emplois créés, a-t-elle déclaré.
Trois piliers, plusieurs portes d’entrée
Le premier pilier est celui du financement. La Berd travaille avec les banques locales afin d’élargir l’accès des Pme à différents produits financiers. Le dispositif prévoit des lignes de financement du commerce, des lignes de crédit dédiées aux Pme et des mécanismes de partage des risques. La Banque peut également intervenir à travers le financement des chaînes d’approvisionnement, le soutien à des fonds d’investissement et, pour les entreprises à fort potentiel, des financements directs.
Le deuxième pilier concerne le conseil et le renforcement des capacités, à travers le programme Asb (Advice for Small Businesses). Les entreprises peuvent bénéficier de missions d’assistance adaptées à leurs besoins, en l’occurrence l’élaboration de business plans, la gestion financière, la transition vers les normes comptables, la gouvernance, la digitalisation, l’efficacité énergétique, les certifications internationales ou normes de qualité. L’objectif est de les rendre plus performantes et mieux préparées à l’investissement.
Jessica Gaba Djomakon, principal manager Sme Finance & Development à la Berd, a insisté sur le caractère « sur-mesure » de ces interventions. Les missions peuvent couvrir la stratégie, le marketing, les études de marché et de faisabilité, la gestion des ventes, les ressources humaines, la qualité, la digitalisation ou encore les systèmes de gestion, a-t-elle indiqué. Les besoins juridiques et fiscaux ne relèvent toutefois pas de ce programme de conseil.
Le troisième pilier porte sur le développement de l’écosystème entrepreneurial. La Berd entend renforcer ses liens avec les consultants locaux, les autorités, les agences publiques et les partenaires au développement afin d’identifier les Pme à potentiel et d’élargir la portée de son intervention. Elle travaille également à l’intégration de nouvelles banques partenaires.
Agro-industrie, numérique et transition verte
L’offre cible un large éventail d’entreprises. Selon la présentation de la Berd, sa définition des Pme couvre notamment les entreprises réalisant jusqu’à 50 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, avec un seuil de référence d’environ 250 employés permanents, sous certaines exceptions. Les solutions proposées vont ainsi de la micro-entreprise en phase de structuration aux entreprises engagées dans un changement d’échelle, en passant par des programmes destinés aux start-up et aux champions à fort potentiel.
Les priorités de la Banque incluent par ailleurs la transition verte, la transformation digitale et l’inclusion, avec un accent particulier sur les jeunes et les femmes entrepreneures. Une enveloppe budgétaire dédiée à la transformation agro-industrielle des Pme est en cours de finalisation avec l’Union européenne. Le gouvernement du Luxembourg a, pour sa part, apporté le financement initial du programme Star Venture.
Pour le secteur privé, la nouvelle offre ouvre donc plusieurs portes d’entrée : se financer, améliorer sa gestion, se mettre aux normes, accélérer sa transformation numérique ou verte et préparer son accès à l’investissement et aux marchés internationaux. Selon Dasha Dougans, la Berd entend s’installer comme un partenaire durable du développement des entreprises béninoises, en agissant à la fois sur leurs besoins immédiats et sur leur capacité à changer d’échelle.
La coopération prend ainsi une dimension opérationnelle, dans la continuité de l’adhésion du Bénin à la Berd en tant que premier pays d’Afrique subsaharienne à devenir actionnaire de l’institution.