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Finances publiques au Bénin: Rigueur et réformes pour soutenir la croissance

Economie
Loin d’être une fin en soi, la consolidation budgétaire constitue une condition de préservation de la stabilité macroéconomique et de financement durable des priorités de développement du Bénin Loin d’être une fin en soi, la consolidation budgétaire constitue une condition de préservation de la stabilité macroéconomique et de financement durable des priorités de développement du Bénin

Le maintien d’un déficit budgétaire sous la barre des 3 % doit aller de pair avec la poursuite des réformes fiscales et l’amélioration de l’efficacité de la dépense, selon la Bad. L’enjeu est de préserver les équilibres macroéconomiques tout en dégageant les marges nécessaires au financement du développement et au maintien d’une croissance élevée.

Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 11 sept. 2026 à 11h26 Durée 3 min.
#Réformes fiscales

Le Bénin poursuit sa trajectoire d’assainissement des finances publiques. Après avoir ramené son déficit budgétaire à 2,8 % du produit intérieur brut (Pib) en 2025, contre 3,0 % en 2024, le pays devrait le maintenir sous la barre des 3 % à moyen terme. Le Rapport Pays 2026 de la Banque africaine de développement (Bad) projette ainsi un déficit de 2,6 % du Pib en 2026, puis de 2,4 % en 2027.

Après une croissance de 8,1 % en 2025, la Bad table sur 7 % en 2026 et 7,1 % en 2027. Cette trajectoire budgétaire doit ainsi être conciliée avec le financement des investissements nécessaires à la transformation structurelle de l’économie.

L’un des enjeux majeurs réside dans la capacité à accroître les ressources intérieures. La Bad souligne l’élargissement de l’assiette fiscale, la simplification des procédures et la modernisation des instruments de collecte. La digitalisation apparaît comme un levier important de cette stratégie, à travers notamment l’interconnexion des bases de données et le renforcement des dispositifs de contrôle.

La fiscalité comme levier

La mobilisation fiscale reste un chantier important. Dans son diagnostic du pays, la Bad relève que le ratio des recettes fiscales au Pib demeure inférieur aux niveaux observés dans plusieurs économies comparables. Elle souligne notamment l’importance de renforcer la base fiscale et d’améliorer l’efficacité du recouvrement.

Le recours accru aux outils numériques doit permettre de rapprocher l’administration des contribuables, de sécuriser les opérations et de limiter les possibilités de fraude. La facturation normalisée et la dématérialisation des procédures fiscales s’inscrivent dans cette dynamique de modernisation.

L’objectif n’est pas seulement d’augmenter les recettes. Une meilleure mobilisation doit aussi permettre de réduire les distorsions, d’améliorer la traçabilité des opérations et de donner à l’État davantage de moyens pour financer les politiques publiques.

La discipline budgétaire comme garde-fou

La consolidation des comptes publics constitue l’autre pilier de la stratégie. La baisse du déficit, après le niveau de 3,0 % du Pib enregistré en 2024, traduit les efforts de maîtrise des dépenses et d’amélioration des recettes. Cette discipline devrait cependant être conciliée avec les besoins d’investissement. Le financement des infrastructures, de l’énergie, du capital humain et de la transformation productive exige des ressources importantes. La contrainte consiste donc à préserver les équilibres budgétaires tout en maintenant un niveau d’investissement compatible avec les ambitions de développement.

C’est dans cette équation que prennent place les différents instruments de financement étudiés par la Bad à savoir mobilisation accrue des ressources intérieures, recours aux capitaux privés, partenariats public-privé et développement de mécanismes permettant de mieux valoriser les différentes formes de capital disponibles dans le pays. Le Rapport pays 2026 s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur la mobilisation du financement du développement dans un environnement international devenu plus fragmenté.

Renforcer l’efficacité de la dépense

La mobilisation de ressources supplémentaires ne suffit toutefois pas. Leur utilisation constitue un autre enjeu. L’amélioration de l’efficacité de l’investissement public doit permettre de maximiser l’impact économique et social des dépenses engagées. Le score d’efficacité des investissements publics du Bénin s’établit à 56 %, contre plus de 74 % au Ghana et au Cap-Vert, selon le rapport. Le stock de capital public par habitant, à 548,52 dollars Us en 2024, reste très inférieur à la moyenne africaine de 4 833 dollars Us, illustrant l’ampleur des besoins d’infrastructures.

Cette exigence rejoint les préoccupations de la Bad concernant la qualité des projets, leur préparation et leur capacité à produire les résultats attendus. Elle concerne aussi bien les investissements financés sur ressources propres que ceux réalisés avec l’appui de partenaires extérieurs ou dans le cadre de partenariats avec le secteur privé.

Pour le Bénin, l’enjeu est donc double : accroître les ressources disponibles et améliorer leur efficacité. La maîtrise des dépenses, la mobilisation des recettes et la digitalisation du recouvrement doivent être poursuivies de manière complémentaire.

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