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Commerce intercontinental : La mangue fraîche interdite d’exportation vers l’Europe

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L’Union européenne ne veut plus de la mangue fraîche en provenance d’Afrique subsaharienne sur son territoire. C’est une décision prise à la suite de la découverte de vers à l’intérieur des mangues dans de nombreuses cargaisons, notamment de producteurs ouest-africains.

Par   Fortuné SOSSA (Coll.), le 20 oct. 2026 à 05h36 Durée 4 min.
#Commerce intercontinental #La mangue fraîche

Le premier pays touché par la décision d’interdiction d’exportation de mangues fraîches vers l’Europe est la Côte d’Ivoire qui, en 2025, y a exporté 35 000 tonnes de ce fruit. Une quantité qui représente le cinquième de sa production totale.

L’Union européenne, préoccupée par les normes phytosanitaires, a remarqué une prolifération de la mouche des fruits qui pond ses œufs à l’intérieur de la mangue. De l’extérieur, le fruit semble parfaitement sain. Cependant, de petites larves se développent à l’intérieur et détruisent la pulpe.

Cette situation fait craindre à l’Europe l’introduction sur son territoire de ces parasites qui pourront s’attaquer à ses vergers et provoquer des ravages agricoles majeurs. C’est pour cette raison, relative à la sécurité sanitaire végétale, qu’elle a décidé de mettre en place la politique de « zéro tolérance » qui consiste à refuser désormais l’arrivée de la mangue fraîche sur son marché. Ainsi, au moindre carton contaminé détecté, l’ensemble des flux d’importation d’un pays peut être suspendu.

En dehors de la question des larves à l’intérieur de la mangue, l’Union européenne impose des normes phytosanitaires extrêmement strictes en ce qui concerne l’utilisation de produits chimiques pendant la production ou après la récolte. Certains pays interdisent ou suspendent l’accès à leur marché pour les fruits traités avec des substances jugées dangereuses pour la santé humaine ou l’environnement, ou qui dépassent les limites maximales de résidus autorisées.

Ne pouvant plus exporter leurs mangues fraîches vers l’Union européenne depuis le 1er août 2026, les autorités ivoiriennes envisagent d’injecter une enveloppe de 3,5 milliards de francs CFA dans la filière pour le traitement phytosanitaire, afin de rassurer l’Europe parce que « c’est le plus grand marché, c’est celui qui paie le mieux », affirme Pascal Nembelessi-Silué, président de l’organisation interprofessionnelle de la filière qui « compte près de 5 000 producteurs », rapporte la journaliste Fanny Noaro-Kabré.

« S’il y a eu des interceptions, explique Pascal Nembelessi-Silué, c’est qu’il y a des trous dans la raquette. Ça veut dire qu’il faut qu’on améliore la qualité du traitement et les contrôles, pour qu’il n’y ait pas d’interceptions. On peut faire mieux et on doit faire mieux cette année. » Pour ce faire, entre autres mesures annoncées par le gouvernement, il y a la mise à l’écart de neuf stations de conditionnement et de quinze exportateurs.