La Nation Bénin...
Le gouvernement a approuvé, ce mercredi en
Conseil des ministres, l’opérationnalisation des six pôles de développement
territorial. La réforme, destinée à mieux valoriser les atouts de chaque
territoire, sera déployée en quatre phases jusqu’à décembre 2027.
Le développement du Bénin veut désormais
davantage partir des territoires. En approuvant l’opérationnalisation des six
pôles de développement territorial, le gouvernement engage une nouvelle
organisation de l’action publique fondée sur les potentialités propres aux
différentes régions. Le pays sera ainsi structuré autour des pôles Nord-Est,
Nord-Ouest, Centre, Sud-Est, Sud-Ouest et Grand-Nokoué. Ces ensembles
regroupent des communes présentant des caractéristiques et des atouts
complémentaires. L’ambition est de favoriser un développement plus équilibré,
de créer des emplois et de soutenir l’émergence d’industries et
d’infrastructures socio-économiques dans les localités. L’agriculture, le
tourisme, l’industrie et l’innovation constituent les quatre grands axes
transversaux autour desquels les dynamiques de développement seront organisées.
Il s’agira notamment d’identifier, pour chaque pôle, les filières capables de
générer davantage d’activités et d’attirer les investissements.
La mise en œuvre se fera progressivement
en quatre phases. D’octobre à décembre 2026, la première sera consacrée à
l’installation de la gouvernance et à la connaissance précise des territoires.
Elle prévoit notamment la nomination des délégués généraux, la mise en place du
Comité national de pilotage, le recrutement d’experts et la réalisation d’un
diagnostic économique et territorial. Une cartographie des acteurs, des projets
existants et des principales contraintes sera également établie. De janvier à
mars 2027, la deuxième phase permettra de travailler sur l’attractivité de
chaque pôle : filières prioritaires, moteurs de croissance, besoins en
infrastructures, foncier et compétences, mais aussi portefeuille de projets
publics et privés. Les mécanismes d’incitation fiscale, foncière et financière
devront également être définis. D’avril à juin 2027, la troisième phase sera
consacrée à la planification et à l’adoption des feuilles de route
opérationnelles. L’État, les communes et le secteur privé devront notamment
préciser leurs contributions et leurs responsabilités.
Un dispositif de pilotage global
La quatrième phase, prévue de juillet à
décembre 2027, sera celle du déploiement. Elle doit permettre de lancer les
projets prioritaires et les premières actions rapides, de mobiliser les
investisseurs et de mettre en place le dispositif de suivi-évaluation. Pour
piloter l’ensemble, un Comité national de pilotage présidé par le chef de
l’État disposera d’un Secrétariat permanent. Chaque pôle sera, de son côté,
doté d’une délégation dirigée par un délégué général, avec l’appui de chargés
de mission, d’experts et d’un personnel technique. A travers cette
architecture, l’exécutif veut mieux articuler les interventions de l’État, des
collectivités et du secteur privé. L’enjeu est surtout de faire des
caractéristiques de chaque territoire un point de départ pour la création de
richesse, l’emploi et l’amélioration des conditions de vie. Les six pôles ne
constituent donc pas seulement un nouveau découpage territorial : ils sont
appelés à devenir des espaces de programmation et d’action économique au plus
près des réalités locales.
Développement territorial