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AfCRA : l’Afrique veut mieux faire entendre ses réalités dans l’évaluation du risque financier

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L’Afrique dispose désormais d’une agence continentale de notation de crédit. Lancée le 7 octobre 2026 à Port-Louis, à Maurice, l’Africa Credit Rating Agency (AfCRA) veut proposer une lecture du risque financier qui tient davantage compte des réalités économiques du continent.

Par   Essènandé Florence KOUMENOUGBO (Coll.), le 08 oct. 2026 à 14h44 Durée 2 min.
#risque financier

La notation financière joue un rôle important dans l’accès au financement. Elle mesure la capacité d’un État ou d’une entreprise à honorer ses engagements financiers. Pour les investisseurs, elle constitue un indicateur qui aide à apprécier le niveau de risque avant une décision d’investissement ou de prêt.

Sur le continent, cette question prend une importance particulière. Selon l’Union africaine, 23 des 55 États membres ne disposent d’aucune notation auprès des trois grandes agences internationales que sont S&P, Moody’s et Fitch. Cette situation limite la quantité d’informations disponibles pour certains investisseurs et peut compliquer l’accès aux marchés de capitaux.

Une analyse plus proche

L’AfCRA entend apporter une réponse à cette situation. L’agence pourra évaluer les États, les collectivités, les institutions financières et les entreprises africaines. Son siège est établi à Port-Louis, à Maurice. Elle se veut indépendante et compte s’appuyer sur des méthodes conformes aux standards internationaux.

L’objectif n’est toutefois pas de remplacer les agences internationales. L’AfCRA doit plutôt apporter une analyse complémentaire, avec une meilleure prise en compte des données et des spécificités économiques africaines. Cette nuance est importante, car la crédibilité d’une agence de notation repose avant tout sur la qualité de ses analyses, son indépendance et la transparence de ses méthodes.

L’enjeu dépasse la seule question de la notation. Une appréciation du risque influence les conditions auxquelles un pays ou une entreprise peut accéder au financement. Lorsque le risque perçu est élevé, les investisseurs peuvent exiger une rémunération plus importante pour leur capital. À l’inverse, une meilleure appréciation peut faciliter l’accès à certains financements.

L’Union africaine souligne par ailleurs la forte progression du service de la dette extérieure du continent, passé de 61 milliards de dollars en 2010 à 163 milliards de dollars en 2024. Dans ce contexte, mieux documenter les économies africaines et leurs capacités financières constitue un enjeu majeur.

Pour la nouvelle agence, la prochaine étape sera de convaincre par les faits. La qualité de ses évaluations, la solidité de ses données et son indépendance seront scrutées par les marchés. Au-delà de son lancement, l’AfCRA devra donc montrer que les réalités économiques africaines peuvent trouver une place plus juste dans l’évaluation du risque financier.