La Nation Bénin...
La menstruation est un
phénomène biologique naturel qui survient chaque mois chez les filles et les
femmes. Cependant, en Afrique, de nombreuses normes socioculturelles continuent
de s’y mêler.
Dans la société béninoise,
comme dans plusieurs sociétés africaines, certaines pratiques socioculturelles
entretiennent encore un sentiment de gêne à l’égard de la menstruation. Pendant
leurs règles, les femmes peuvent se voir interdire de cuisiner, d’entrer dans
certaines pièces ou encore de toucher certaines plantes.
« Quand tu es en menstrues, tu ne peux pas cuisiner pour ton mari ni partager le même lit que lui », affirme dame Agonhouanton, mère de famille. À l’en croire, le sang menstruel de la femme posséderait un grand pouvoir, capable aussi bien de détruire que de protéger.
Ces normes socioculturelles restent également présentes dans certaines religions, notamment le christianisme céleste et le vodun.
« C’est écrit dans Lévitique que la femme en menstrues ne doit pas s’approcher de la demeure de Dieu jusqu’à la fin de ses règles, et ce, encore pendant plusieurs jours », déclare Suprême Évangéliste AIKPON Antoine, chargé de l’ECC Saint Jofiel à Bohicon. Selon lui, il s’agit de normes instaurées par Dieu, existant depuis toujours. Cette perception est également répandue dans l’univers vodun.
Aussi, il y a une représentation persistante du sang menstruel comme quelque chose de « sale » ou d’« impur », une vision qui contribue à enfermer les femmes dans le silence et la marginalisation.
Dans certaines cultures,
l’apparition des premières règles est considérée comme le signe qu’une jeune
fille est prête pour le mariage ou pour l’activité sexuelle. Ce qui augmente
les risques de mariages précoces.
Au-delà de ces considérations
Le rapport de l’OMS sur la santé menstruelle en Afrique souligne plusieurs conséquences liées aux normes socioculturelles. Parmi celles-ci figurent l’exclusion sociale des filles, la déscolarisation, l’absentéisme scolaire ainsi que le mariage précoce.
Comme solutions,
l’Organisation mondiale de la santé recommande l’intégration d’une éducation
complète à la santé menstruelle adaptée à l’âge dans les écoles, à destination
aussi bien des filles que des garçons, afin de déconstruire les mythes dès le
plus jeune âge.
L’OMS préconise également l’implication des pères, des enseignants et des leaders d’opinion pour briser le silence. Cela fera évoluer les représentations sociales.
Enfin, elle insiste sur la
mise en place de toilettes non mixtes, sécurisées et équipées d’eau, de savon
et de poubelles, afin de permettre aux filles de se changer dignement.
Menstruations féminines