La Nation Bénin...
Multiplier par quatre sa
superficie de palmiers en dix ans pour devenir exportatrice de dattes. Voilà
l’ambition d’Addis-Abeba sur un marché africain largement dominé par les
producteurs nord-africains.
Le 18 septembre, l’Éthiopie a
dévoilé un plan de développement de la filière datte sur dix ans, avec
l’objectif de devenir une grande exportatrice. Le pays prévoit de porter sa
superficie cultivée de 6 000 à 25 000 hectares. Une ambition importante pour un
pays qui cherche à structurer une filière exportatrice sur un marché déjà très
concurrentiel.
Un marché dominé par l’Afrique
du Nord
Selon les données de Trade
Map, les cinq premiers exportateurs africains de dattes en 2025 sont, en
volume, l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte, la Libye et l’Afrique du Sud.
L’Algérie arrive en tête avec environ 185 000 tonnes exportées, pour des
recettes de l’ordre de 184 millions de dollars. Le pays bénéficie notamment
d’importants bassins de production dans les oasis du Sud, notamment à Biskra,
El Oued et Ouargla.
La Tunisie mise sur la valeur
La Tunisie offre toutefois une autre lecture du marché. Avec environ 147 000 tonnes exportées en 2025, soit moins que l’Algérie, elle a généré quelque 347 millions de dollars de recettes.
Ses dattes se sont vendues en moyenne autour de 2 400 dollars la tonne, contre environ 993 dollars pour les dattes algériennes. L’Afrique du Sud affiche, avec environ 6 200 tonnes exportées, une valeur unitaire moyenne encore plus élevée, autour de 4 100 dollars la tonne.
Ces écarts montrent que la
compétitivité ne repose pas uniquement sur les volumes. La qualité, les
variétés, le conditionnement et le positionnement commercial peuvent fortement
influencer la valeur à l’export.
L’enjeu pour l’Éthiopie
Pour Addis-Abeba, planter davantage de palmiers ne suffira donc pas. L’Éthiopie devra également maîtriser les rendements, la qualité, les infrastructures de conditionnement et de conservation ainsi que les coûts logistiques.
L’expérience tunisienne montre
surtout qu’un volume d’exportation inférieur peut générer davantage de recettes
lorsqu’il est mieux valorisé. Pour l’Éthiopie, l’enjeu sera ainsi de
transformer son ambition de 25 000 hectares en une filière suffisamment productive,
compétitive et valorisée pour trouver durablement sa place sur le marché
international de la datte.
La qualité, les variétés, le conditionnement et le positionnement commercial peuvent fortement influencer la valeur à l’export.