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Dattes : l’Éthiopie veut se faire une place sur un marché dominé par l’Afrique du Nord

Culture
La qualité, les variétés, le conditionnement et le positionnement commercial peuvent fortement influencer la valeur à l’export. La qualité, les variétés, le conditionnement et le positionnement commercial peuvent fortement influencer la valeur à l’export.

Multiplier par quatre sa superficie de palmiers en dix ans pour devenir exportatrice de dattes. Voilà l’ambition d’Addis-Abeba sur un marché africain largement dominé par les producteurs nord-africains.

Par   Akanni BANKOLE LANIBA (Coll.), le 28 sept. 2026 à 08h12 Durée 4 min.
#Dattes

Le 18 septembre, l’Éthiopie a dévoilé un plan de développement de la filière datte sur dix ans, avec l’objectif de devenir une grande exportatrice. Le pays prévoit de porter sa superficie cultivée de 6 000 à 25 000 hectares. Une ambition importante pour un pays qui cherche à structurer une filière exportatrice sur un marché déjà très concurrentiel.

Un marché dominé par l’Afrique du Nord

 

Selon les données de Trade Map, les cinq premiers exportateurs africains de dattes en 2025 sont, en volume, l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte, la Libye et l’Afrique du Sud. L’Algérie arrive en tête avec environ 185 000 tonnes exportées, pour des recettes de l’ordre de 184 millions de dollars. Le pays bénéficie notamment d’importants bassins de production dans les oasis du Sud, notamment à Biskra, El Oued et Ouargla.

La Tunisie mise sur la valeur

 

La Tunisie offre toutefois une autre lecture du marché. Avec environ 147 000 tonnes exportées en 2025, soit moins que l’Algérie, elle a généré quelque 347 millions de dollars de recettes.

Ses dattes se sont vendues en moyenne autour de 2 400 dollars la tonne, contre environ 993 dollars pour les dattes algériennes. L’Afrique du Sud affiche, avec environ 6 200 tonnes exportées, une valeur unitaire moyenne encore plus élevée, autour de 4 100 dollars la tonne.

Ces écarts montrent que la compétitivité ne repose pas uniquement sur les volumes. La qualité, les variétés, le conditionnement et le positionnement commercial peuvent fortement influencer la valeur à l’export.

L’enjeu pour l’Éthiopie

 

Pour Addis-Abeba, planter davantage de palmiers ne suffira donc pas. L’Éthiopie devra également maîtriser les rendements, la qualité, les infrastructures de conditionnement et de conservation ainsi que les coûts logistiques.

L’expérience tunisienne montre surtout qu’un volume d’exportation inférieur peut générer davantage de recettes lorsqu’il est mieux valorisé. Pour l’Éthiopie, l’enjeu sera ainsi de transformer son ambition de 25 000 hectares en une filière suffisamment productive, compétitive et valorisée pour trouver durablement sa place sur le marché international de la datte.