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Transport scolaire par taxi-motos : entre crainte et nécessité

Société

La rentrée des classes est effective et, pour les familles vivant éloignées des établissements scolaires, le transport des enfants reste un véritable casse-tête. Si les parents disposant de véhicules et de chauffeurs s’en sortent sans tracas, la situation est bien différente pour les autres. Ceux qui possèdent une moto et de la disponibilité gèrent eux-mêmes les trajets. D’autres, occupés mais disposant de moyens, s’abonnent à des applications de transport. Enfin, de nombreux parents débordés n’ont d’autre choix que de confier leurs enfants seuls à des taxi-motos (zemidjan). Mais confier ainsi un enfant sans accompagnateur est-il vraiment une bonne solution ?

Par   Karimath Foumilayo Lawani (coll.), le 26 sept. 2026 à 16h59 Durée 3 min.
#Transport scolaire par taxi-motos : entre crainte et nécessité
Aujourd’hui, chaque parent se plie en quatre pour offrir le meilleur à sa progéniture. Entre les longues journées de travail et les autres contraintes quotidiennes, surtout quand les deux conjoints travaillent, concilier travail et accompagnement scolaire relève d’un parcours du combattant. Confier ses enfants à un taxi-moto devient alors un moyen de secours pour pouvoir vaquer à ses occupations. Si certains hésitent, d’autres n’ont tout simplement pas d’autre alternative pour s’en sortir.

Pour autant, la réticence reste forte chez de nombreux parents. Mme LATOUNDJI Olusegun Sidonie, épouse YETE, témoigne :
« Je suis du genre mère-poule et il m’est quasi impossible de confier mes enfants à un zemidjan. Je m’en suis toujours occupée personnellement jusqu’à ce qu’on se retrouve non loin d’une bonne école. J’ai toujours été réticente parce que la confiance est difficile à accorder, surtout avec les expériences négatives vécues par les uns et les autres. À côté de cela s’ajoutent les dangers de la route. Les taxi-motos ont la réputation de ne pas être très prudents en circulation. Le dehors est risqué comme on le dit. L’idéal est de se charger soi-même du déplacement des enfants, surtout ceux en bas âge si on en a la possibilité, ou de trouver des écoles non loin de la maison. Néanmoins, je comprends parfaitement ceux qui ont recours à cette solution. C’est souvent un choix difficile mais nécessaire. De toute façon, c’est l’Éternel qui protège véritablement. Nous, parents, ne prenons en fait que des précautions humainement possibles. »

Du côté des acteurs de la protection de l’enfance, l’alerte est maximale. M. Clotoe Hubert, directeur exécutif de l’ONG Sonagnon, martèle qu’un enfant ne devrait jamais être confié à n’importe qui :
« Laisser son enfant à un conducteur de taxi-moto (zemidjan) pour se rendre seul à l’école peut l’exposer à des risques importants : accident de la circulation, enlèvement, viol, harcèlement ou autres situations imprévisibles. Le parent doit l’accompagner ; il doit le protéger.

Dans toutes les mesures prises à l’égard de l’enfant, l’action de prévention au sein de la famille est la considération primordiale en vue de sauvegarder le rôle familial et de consolider la responsabilité qui incombe aux parents (art. 10 du Code de l’enfant).

L’enfant a droit à la protection contre toutes formes d’abus, d’exploitation et de violences (art. 18 b du Code de l’enfant). »