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Élimination de la violence à l'égard des femmes et des filles : APRETECTRA plaide pour la ratification de la convention de l'UA

Société
Plaidoyer pour la signature et la ratification de la Convention de l'Union africaine sur l'élimination de la violence à l'égard  des femmes et des filles Plaidoyer pour la signature et la ratification de la Convention de l'Union africaine sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes et des filles

Les organisations de la société civile intensifient leur plaidoyer contre les violences faites aux femmes et aux filles. Réunis ce mardi 4 août à la mairie de Comè, leurs représentants ont appelé le Bénin à signer et à ratifier la Convention de l'Union africaine sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes et des filles. 

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 05 août 2026 à 12h37 Durée 2 min.
#Ong Apretectra

A Comè, l'Ong Apretectra a mobilisé autorités, organisations de la société civile et médias autour d'un plaidoyer en faveur de la ratification par le Bénin de la Convention de l'Union africaine sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes et des filles, adoptée par les États membres de l'Union en février 2025. Cette initiative entend renforcer l'arsenal juridique national afin d'offrir une meilleure protection aux victimes de violences, notamment économiques. A juste titre, ce mardi 4 août, l'Ong Apretectra, chef de file de la coalition d'organisations de la société civile engagées dans la défense des droits des femmes et des filles au Bénin, a présenté les raisons qui fondent leur appel à une adhésion rapide du Bénin à cet instrument juridique continental. Afiavi Bénédicte Reine Bossa, directrice exécutive de Apretectra a rappelé que leur initiative constitue la continuité des actions menées par la coalition dans le cadre du projet Plurielles, financé par Affaires mondiales Canada, et mis en œuvre au Bénin par un consortium composé de Santé Monde, Avocats sans frontières Canada (Asfc) et Socodevi (Société de coopération pour le développement international). A l’en croire, les interventions quotidiennes des cliniques juridiques fixes et mobiles déployées dans le département du Mono révèlent une réalité préoccupante. Les violences économiques constituent aujourd'hui l'une des formes de violences les plus répandues contre les femmes.

« Lorsque huit femmes sur dix qui franchissent la porte de nos cliniques juridiques sont confrontées à des violences économiques, nous ne sommes plus face à des situations isolées. Nous sommes face à un véritable enjeu de justice, de développement et de droits humains », a-t-elle souligné. Pour la directrice exécutive de l’Ong Apretectra, cette situation justifie pleinement le plaidoyer engagé afin de renforcer les mécanismes nationaux de prévention, de protection et de réparation.

Des acquis salués, mais des insuffisances relevées

Dans sa déclaration liminaire, la coalition a reconnu les avancées réalisées par le Bénin en matière de lutte contre les violences basées sur le genre, notamment avec la loi portant prévention et répression des violences faites aux femmes ainsi que les dispositions spéciales relatives aux infractions commises à raison du sexe. Toutefois, les organisations estiment que plusieurs défis demeurent. Elles évoquent notamment l'absence d'une incrimination autonome du féminicide, les limites de l'aide juridictionnelle et les difficultés d'accès effectif à la justice, particulièrement en milieu rural. Pour elles, la Convention de l'Union africaine apporte des réponses complémentaires en renforçant les obligations des États en matière de prévention, de protection des victimes, de poursuite des auteurs et de réparation des préjudices. La coalition invite ainsi le gouvernement béninois à signer puis à ratifier cette convention, tout en appelant l'Assemblée nationale à accompagner le processus afin de consolider les engagements du pays en faveur des droits des femmes et des filles.

Le soutien affirmé de la commune de Comè

Conseiller juridique de l'Ong Apretectra, Samuel Zinsou a relevé les principales innovations de la Convention de l'Union africaine. Il a rappelé que ce texte, adopté en février 2025, n'a pas encore été signé ni ratifié par le Bénin et qu'il entrera en vigueur après la ratification par au moins quinze États membres. Pour lui, même si le Bénin dispose déjà d'un arsenal juridique important, la convention permettrait de combler plusieurs insuffisances, notamment la reconnaissance explicite du féminicide, une meilleure coordination entre les acteurs de la prise en charge des victimes et un accès plus effectif à la justice. Le maire de Comè, Yao Mike-Edgar Tohouegnon Goudjo, a salué l'initiative de la coalition. Il a rappelé les efforts déjà consentis par l'État béninois dans la lutte contre les violences faites aux femmes, tout en reconnaissant la nécessité d'aller plus loin, notamment face aux violences économiques. Le maire a indiqué que sa commune a déjà pris un arrêté municipal pour renforcer les actions de sensibilisation dans les cinq arrondissements de Comè, en collaboration avec les forces de sécurité. Il a également assuré les organisations de la société civile de son accompagnement, ainsi que celui du Groupement intercommunal du Mono qu'il préside, dans la poursuite du plaidoyer.

L’Ong Apretectra et ses partenaires se sont ainsi engagés à sensibiliser l'opinion publique et les décideurs à l'importance d'une ratification rapide de cette convention, considérée comme un levier supplémentaire pour renforcer la protection des femmes et des filles au Bénin. Pour la coalition, l'élimination des violences faites aux femmes constitue une responsabilité collective qui appelle l'engagement de l'État, des collectivités, des organisations de la société civile, des médias et de l'ensemble des citoyens.