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Le handicap n’est pas une fatalité. Marcel Candide Hinvy témoigne à cœur ouvert

Société

Une personne handicapée moteur est une personne qui présente une déficience ou une limitation des fonctions motrices, c’est-à-dire des difficultés à se déplacer, à coordonner ses mouvements ou à utiliser certaines parties de son corps. Pour certains, le handicap est parfois un frein pour leur évolution dans la société. Mais pour d’autres comme Marcel Candide Hinvy, le handicap n’est pas une fatalité, il faut se battre malgré tout pour réussir. Allons à la rencontre de Marcel Candide Hinvy.

Par   Karimath Foumilayo LAWANI (Coll.), le 24 sept. 2026 à 17h07 Durée 2 min.
#handicap

La Nation : Présentez-vous, s’il vous plaît.

Merci pour l’intérêt accordé à cette thématique. Je suis Marcel Candide Hinvy. Je suis journaliste spécialiste des questions de handicap et des droits humains. Je suis le secrétaire général du réseau des Associations de Personnes handicapées du département du Littoral. Je suis moi-même une personne handicapée moteur.

Comment avez-vous eu votre handicap ?

Mon handicap, je l’ai eu quand j’avais 4 ans. J’ai été victime de la poliomyélite. J’étais malade comme tout enfant de mon âge et, après les soins, il s’est avéré que la piqûre a endommagé mes nerfs au niveau du côté gauche.

Comment avez-vous géré votre handicap ?

Je suis devenu une personne handicapée moteur. Mon handicap ne fait pas de moi un enfant de l’arrière-cour. Je dois beaucoup à ma mère qui m’a grandement soutenu. Mes parents et les membres de ma famille m’ont soutenu et accompagné durant tout mon parcours comme tout enfant de mon âge.

Comment a été votre parcours scolaire ?

Il faut avouer que ça a été compliqué au départ parce que, quand vous n’avez pas les moyens et que vous vivez à Cotonou, c’est compliqué. Mais quand vous vous mettez en tête que votre enfant, quel que soit le type de son handicap, s’en sortira, vous faites tout pour l’aider. J’ai commencé l’école quand j’avais 7 ans parce qu’avec le handicap, la déficience, les écoles ne sont pas vraiment accessibles. Elles ne sont pas prêtes à accueillir les personnes handicapées. Donc, il faut vraiment faire le tour en cherchant une école adaptée qui est proche de la maison. J’ai commencé l’école comme tout enfant, j’ai fait le cours primaire d’abord, le cours secondaire et les études universitaires. Je suis titulaire d’une licence en communication-information et je prépare un master en gestion des projets.

Le parcours a-t-il été facile ?

Il faut noter que ça a été difficile pour moi parce que, vous savez comment ça se passe à Cotonou, les moyens doivent être au beau fixe pour pouvoir y arriver. Mais Dieu merci, j’ai eu à transcender toutes ces difficultés, que ce soit les difficultés de l’environnement, de la société et les difficultés académiques.

Partout où je suis passé, le regard n’est pas le même. Beaucoup pensent que c’est à cause d’un sort de la communauté ou des parents que j’ai été victime d’une déficience.

À cause de cette déficience, je n’étais pas bien accueilli dans la communauté, mais j’ai fait de mon mieux pour y arriver. Les comportements étaient bizarres, ce sont les préjugés, la mauvaise compréhension de la thématique du handicap et la lecture de la communauté sur votre personne. Mais j’ai pu transformer tout ça et j’ai décidé de devenir la voix des personnes handicapées. À travers ma voix, les personnes handicapées auront vraiment cette chance d’être écoutées, d’être entendues et d’être insérées, c’est mon combat quotidien. L’inclusion, c’est notre affaire. On fait de notre mieux à travers les projets, à travers les sensibilisations, à travers les émissions pour une égalité des chances aux personnes handicapées. Je dirais que je ne suis pas encore au sommet, je n’ai pas encore atteint les résultats escomptés, mais nous sommes sur le chemin et on essaie de forcer l’admiration à travers les bonnes manières, à travers les bons comportements, à travers un travail inlassable afin de mettre vraiment une idée claire sur notre existence et pour que les gens comprennent que le handicap n’est pas une fatalité et que les efforts consentis par le gouvernement en place doivent être protégés.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes et aux personnes handicapées ?

Je dirai aux jeunes et à toutes les personnes handicapées qui nous lisent actuellement que le handicap n’est pas une fatalité. Nous ne devons pas nous apitoyer sur notre sort, car il est important que nous mettions un peu de valeur et de considération dans tout ce que nous faisons. Vous êtes une femme handicapée, il faut que vous travailliez avant qu’on ne pense à votre handicap ; vous êtes un homme handicapé, vous êtes un jeune handicapé, à l’université, partout, soyez toujours un bon exemple.

Ne mettez pas dans la tête que la communauté vous doit quelque chose. Non, il faut tout faire pour que vous soyez très bien écouté et faites ce qu’on vous confie dans les règles de l’art. 

Le gouvernement a fait un effort louable en faveur des personnes handicapées avec la loi 2017/06 du 29 septembre 2017 portant protection et promotion des droits des personnes handicapées au Bénin et des décrets d’application de ladite loi. Nous devons tout faire pour que cette loi qui protège les personnes handicapées soit une loi vraiment en vogue et connue, sans oublier les mesures prises.