La Nation Bénin...

Journée mondiale de l’eau 2026: L’Onu appelle à faire de la ressource un levier d’égalité

Environnement
António Guterres, secrétaire général de l’Onu António Guterres, secrétaire général de l’Onu

À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau 2026, António Guterres, secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (Onu) a lancé un appel pressant à renforcer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Il souligne leur rôle déterminant dans la promotion des droits et de la santé des femmes et des filles.

Par   Ariel GBAGUIDI, le 25 mars 2026 à 09h56 Durée 3 min.
#Onu

La communauté internationale a commémoré dimanche 22 mars, la Journée mondiale de l’eau placée sous le thème «L’eau, source d’égalité ». Dans son message officiel, António Guterres, secrétaire général de l’Onu, a rappelé que « l’accès à l’eau potable et à l’assainissement joue un rôle essentiel dans la promotion des droits et de la santé des femmes et des filles ». Pourtant, dans de nombreuses régions du monde, cet accès reste insuffisant, avec des conséquences particulièrement lourdes pour ces dernières.

Le chef de l’Onu dénonce, en effet, une réalité persistante. «Lorsque cet accès fait défaut, dit-il, ce sont les femmes et les filles qui en paient le prix le plus fort ». Il décrit des situations où elles sont contraintes « d’utiliser des toilettes insalubres », de s’occuper de proches malades à cause d’une eau contaminée, ou encore de consacrer « chaque jour des heures à aller chercher de l’eau», au détriment notamment de la scolarisation des jeunes filles.

Le thème retenu cette année met en lumière les inégalités structurelles liées à la gestion des ressources hydriques. Selon l’Onu, « l’absence de systèmes d’eau potable et d’assainissement creuse les inégalités, au détriment des femmes et des jeunes filles ».

Dans de nombreuses communautés, ce sont elles qui assurent la collecte, la gestion et l’utilisation de l’eau, tout en prenant en charge les personnes affectées par les maladies hydriques. « Tout cela leur fait perdre du temps et des opportunités, dégrade leur santé et compromet leur sécurité», souligne une publication des Nations Unies.

Solutions connues, mais peu mises en œuvre

Face à cette situation, le secrétaire général insiste sur l’urgence d’agir. « Il est temps que les États augmentent leurs investissements et renforcent les systèmes nationaux d’approvisionnement en eau et d’assainissement », a-t-il déclaré, appelant notamment à améliorer les capacités de distribution, la formation et la fiabilité du financement. Il exhorte également les pays développés à partager « les technologies, l’expertise et le financement nécessaires » avec les pays du sud pour bâtir des infrastructures « sûres, durables et résilientes ».

Un point clé de cette transformation réside dans l’inclusion des femmes dans la gouvernance du secteur. Pour António Guterres, il faut absolument que les femmes participent à la prise de décisions afin de garantir que ces systèmes répondent à leurs besoins.

L’Onu va plus loin en affirmant que « la crise de l’eau est une crise des femmes » et appelle à une «approche transformatrice, fondée sur les droits », garantissant leur représentation à tous les niveaux décisionnels.

Tensions et opportunités de paix

Au-delà des enjeux sociaux, l’eau constitue également un facteur géopolitique majeur. «Trop souvent, l’eau est source de conflits. Mais elle peut aussi unir les peuples et contribuer à la paix», rappelle le secrétaire général de l’Onu.

Dans cette perspective, la Conférence des Nations Unies sur l’eau prévue cette année doit rassembler la communauté internationale afin « d’accélérer les progrès en matière d’eau et d’assainissement pour toutes et tous ».

Pour l’Onu, l’atteinte de l’égalité passe aussi par une transformation des normes sociales. Les hommes et les garçons sont appelés à devenir « des alliés dans la promotion d’un accès universel à l’eau potable, l’assainissement et l’hygiène », en remettant en cause les pratiques discriminatoires. António Guterres conclut son message par un appel collectif. Celui de faire ensemble de «l’eau un moteur de l’égalité des genres et de veiller à ce que ses bienfaits profitent à toutes les communautés du monde ». Un objectif ambitieux, mais essentiel, alors que la crise mondiale de l’eau continue d’affecter des milliards de personnes et de creuser les inégalités.