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Production du maïs: Les premiers signaux de l'amélioration des rendements

Economie

Le gouvernement mise sur les semences, les intrants, l’encadrement technique et un appui financier direct pour améliorer les rendements du maïs. Une tournée dans dix communes du Sud-Bénin a permis d’observer des cultures à l’état végétatif jugé satisfaisant, même si les aléas climatiques et les dégâts causés par les animaux restent des préoccupations.

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 14 oct. 2026 à 09h36 Durée 2 min.
#maïs #aléas climatiques

L’amélioration des rendements agricoles passe aussi par un accompagnement plus proche des exploitants. C’est le pari du Programme pilote de productivité agricole et de protection sociale des agriculteurs, dont la mise en œuvre fait l’objet d’un suivi de terrain. A juste titre, du 29 septembre au 3 octobre, Adin Yéton Bloukounon Goubalan, ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, accompagné du ministre conseiller Bio Guéra Sacca Kina et de représentants des organisations professionnelles, a parcouru dix communes du Sud-Bénin. Dans plusieurs exploitations visitées, les cultures de maïs présentent un état végétatif jugé satisfaisant. Un premier indicateur encourageant pour le dispositif, mais qui devra être confirmé à la récolte par les niveaux de production et de rendement. Adjohoun, Kétou, Djidja, Aplahoué, Djakotomey, Klouékanmè, Dogbo, Lokossa, Toffo et Zè ont constitué les étapes de cette mission. Au-delà de l’observation des parcelles, les échanges avec les producteurs ont porté sur la disponibilité des semences et des intrants, l’application des recommandations techniques et les difficultés rencontrées au cours de la campagne.

Les bénéficiaires rencontrés ont indiqué avoir reçu les semences et les intrants nécessaires à la conduite de leurs exploitations, ainsi que l’encadrement technique prévu. Le programme leur apporte également un soutien financier de 50 000 F Cfa par hectare, versé directement sur leurs comptes Mobile Money au titre des fonds de campagne. Ce mécanisme vise à faciliter la conduite des activités agricoles et à réduire certaines contraintes de financement auxquelles les exploitants sont confrontés. A Kétou, où le suivi a notamment conduit la délégation dans l’arrondissement d’Odomèta, le projet concerne 415 producteurs. Les bénéficiaires ont exprimé leur satisfaction et souhaité que l’initiative soit étendue à d’autres producteurs et à d’autres spéculations agricoles.

Des appuis à convertir en rendements durables

La qualité de l’état végétatif observé dans les champs constitue un signe positif, mais elle ne suffit pas, à elle seule, à mesurer l’efficacité d’un programme agricole. Les résultats devront être appréciés à partir des quantités récoltées, des rendements à l’hectare et des coûts supportés par les producteurs. L’enjeu est de déterminer si l’accès aux intrants, aux semences adaptées et au conseil agricole permet effectivement de produire davantage sur les superficies cultivées. La question des semences demeure, à cet égard, déterminante. En juillet 2026, le ministère de l’Agriculture avait annoncé une réforme du système semencier, après une tournée dans plusieurs infrastructures de production et de traitement. Les constats avaient mis en évidence des insuffisances en matière d’équipements, de tri, de traitement et de conditionnement. Le gouvernement entend notamment renforcer la production de semences certifiées et hybrides, avec la participation de professionnels spécialisés et le développement de partenariats public-privé. Les producteurs ont toutefois signalé des difficultés liées aux aléas pluviométriques et aux dégâts occasionnés par les animaux dans les exploitations. Ces contraintes peuvent compromettre les efforts engagés et réduire les résultats attendus. Sur les conflits entre agriculteurs et éleveurs, le ministre de l’Agriculture a insisté sur la nécessité d’une cohabitation pacifique et annoncé des réformes destinées à mettre fin aux différends récurrents entre les deux catégories d’acteurs. La gestion des risques climatiques et la protection des parcelles demeurent ainsi des conditions complémentaires à l’appui en semences, en intrants et en financement. A terme, l’ambition dépasse les seules performances agronomiques. Une hausse durable de la production de maïs peut contribuer à renforcer l’offre céréalière, à sécuriser l’approvisionnement des marchés et à améliorer les revenus des exploitants, sous réserve de débouchés rémunérateurs et de conditions de commercialisation favorables. La disponibilité accrue du produit ne garantit toutefois pas automatiquement une baisse des prix. Celle-ci dépend aussi des coûts de transport, du stockage, de la demande et de l’organisation des circuits de commercialisation. Pour le gouvernement, la phase pilote doit donc être jugée à l’aune des résultats obtenus au terme de la campagne. Les premiers constats sont encourageants, mais la prochaine étape consistera à établir, chiffres à l’appui, l’évolution des rendements et les effets de l’accompagnement sur les conditions de vie des producteurs. C’est à cette mesure que pourra être évaluée la capacité du programme à passer d’une expérience pilote à un dispositif durable d’amélioration de la productivité agricole.