La Nation Bénin...
Le colonel-major Tchankpega Sansima a échangé avec les familles des militaires tombés au front, à la caserne du bataillon des transmissions, ce lundi 12 octobre à Abomey-Calavi, aux fins de rappeler les mesures de protection prévues par l’État et de recueillir les difficultés rencontrées par les ayants droit dans l’accès aux diverses prestations.
Les familles des militaires tombés au front au service de la Nation font l’objet d’un suivi du haut commandement militaire. Dans cette perspective, le colonel-major Tchankpega Sansima, chargé de la coordination des procédures d’accompagnement des personnes tombées au front et de leurs familles, a rencontré, ce lundi 12 octobre, les ayants droit à la caserne du bataillon des transmissions à Abomey-Calavi. Au-delà du rappel des dispositions en vigueur, cette séance d’échanges visait à s’informer des difficultés des familles et à examiner les possibilités d’améliorer leur accompagnement. « Vous êtes des personnes qui ne doivent pas être laissées parce que votre parent a laissé sa vie pour la défense de la patrie », a déclaré l’officier supérieur. Il a insisté sur la reconnaissance due aux militaires qui ont consenti le sacrifice ultime dans l’accomplissement de leur mission, assurant que l’État ne saurait oublier leur engagement. La démarche a privilégié le dialogue direct avec les familles afin de mieux cerner les obstacles auxquels elles se heurtent dans la constitution des dossiers et l’accomplissement des formalités nécessaires pour bénéficier des prestations prévues. Les échanges ont ainsi porté sur les mécanismes de prise en charge, les pièces justificatives exigées et les difficultés susceptibles de retarder l’accès aux droits.
Un cadre légal pour protéger les ayants droit
L’accompagnement des familles s’appuie notamment sur la loi n° 2022-28 du 7 décembre 2022 portant régime de prise en charge et de protection des personnes victimes en missions commandées ou de leurs ayants droit, ainsi que sur le décret n° 2023-681 du 20 décembre 2023 qui en fixe les modalités d’application. Ce dispositif prévoit des mesures de protection pour les victimes de missions commandées et leurs familles. En effet, les ayants droit des personnes décédées ou disparues peuvent notamment bénéficier d’un capital décès fixé à 15 millions de F Cfa. La loi prévoit également un accompagnement des enfants mineurs jusqu’à l’âge de 21 ans, à travers des soutiens matériels, financiers et moraux, notamment des subventions d’entretien et d’études ainsi qu’une assurance médicale gratuite ou une prise en charge par l’État. La reconnaissance de l’engagement des militaires décédés peut également se traduire par des décorations et des avancements à titre posthume. Pour les personnels blessés en mission, le dispositif prévoit notamment la prise en charge des frais médicaux et une indemnisation selon les conditions applicables. En cas d’incapacité permanente partielle, une reconversion vers un emploi adapté est envisagée dans la mesure du possible.
Au cours de la rencontre, le colonel-major Tchankpega Sansima a rappelé les différentes formes de soutien mobilisables en faveur des familles. Les kits alimentaires et scolaires, ainsi que l’accompagnement sanitaire évoqué lors des échanges, s’inscrivent dans les actions destinées à apporter une réponse aux besoins des ayants droit. Mais si les textes définissent les droits et les mécanismes de protection, leur mise en œuvre constitue un enjeu essentiel pour les familles concernées. Pendant que certains participants jouissent déjà des différentes mesures d’autres ont notamment fait état de difficultés liées à la constitution de leurs dossiers et à la réunion des pièces nécessaires pour faire valoir leurs droits. Face aux préoccupations, le représentant du haut commandement militaire a apporté des éclaircissements sur les procédures et les mécanismes de prise en charge. Il a également voulu rassurer les familles quant à la volonté de l’État d’honorer ses engagements. « L’État paie toujours sa dette », a-t-il affirmé.
Les participants ont salué cette démarche d’écoute et exprimé le souhait que ces échanges soient pérennisés. Pour eux, le dialogue avec la hiérarchie militaire doit permettre de maintenir un suivi régulier des dossiers et de faciliter les démarches des familles. C’est dire que cette rencontre met ainsi en évidence l’importance d’un accompagnement qui ne se limite pas à l’annonce de mesures financières ou matérielles. Pour les familles des militaires tombés au front, l’effectivité des droits prévus par les textes dépend également de la clarté des procédures, de la diligence dans le traitement des dossiers et de la continuité du soutien apporté aux enfants et aux autres ayants droit.
Echange entre l'armée et les familles des militaires tombés au front