La Nation Bénin...
Déportée de sa terre
ancestrale sans espoir d’y remettre un jour les pieds, la famille Jah a regagné
l’Afrique, et plus précisément le Bénin, en 1997. Au cours d’un entretien, le
père Jah nous a retracé l’histoire et le parcours de ce retour au pays.
« Nous avons passé 15 jours au Bénin, et on nous a remis une terre. Cela se passait à Madécali », lance le père Jah. A l’en croire, pionnier du retour des Afrodescendants sur la terre de leurs ancêtres, la famille Jah a posé pour la première fois ses valises au Bénin en 1996, dans le nord du pays. Par la suite, ils sont retournés en Guadeloupe chercher leurs affaires afin d’effectuer leur grand retour en Afrique, au Bénin, en 1997, à Ahozon, sur une terre qui leur avait été octroyée par le gouvernement béninois.
Au fil des années, la montée des eaux du lac Ahozon a entraîné des difficultés. « Nous vivons en temps prophétique », explique le père Jah. À la suite de cet incident, ils ont migré vers Allada, dans le quartier d’Agléta, sur une terre que la mère Jah avait achetée à l’avance pour les enfants, afin qu’ils puissent poursuivre la mission commencée.
Le choix d’Allada n’est pas
anodin. « Nous avons une histoire particulière avec cette ville, dans la mesure
où Haïti entretient une mémoire singulière avec Allada du Dahomey », précise le
père Jah. Selon lui, Allada et Haïti sont unies par des liens profonds.
Des difficultés
Ayant quitté la terre de leurs
ancêtres il y a plusieurs siècles et à travers plusieurs générations, « nous
avons pris des années pour préparer notre retour au Bénin », affirme le père
Jah. Il avait compris qu’il ne fallait pas débarquer dans la précipitation. Une
fois au Bénin, les principales difficultés rencontrées ont été d’ordre
alimentaire. « Nous ne consommons que des produits locaux, 100 % bio. Mais ici,
nous avons été confrontés à la réalité du marché béninois, où les engrais
chimiques entrent en ligne de compte dans les cultures maraîchères et vivrières
», confie le père Jah. Une situation qui a quelque peu affecté leur santé.
Vivant auparavant en totale autarcie, dans les montagnes, au contact de la
nature et de territoires non souillés, ce retour aux sources a été quelque peu
compliqué. Toutefois, avec le temps, ils s’y sont habitués. Le père Jah affirme
n’avoir rien perdu dans ce processus. Au contraire, sa famille et lui y ont
beaucoup gagné, avec des résultats très satisfaisants.
le long périple de la famille Jah de la Guadeloupe au Bénin