La Nation Bénin...
L’Espace Culturel Le Centre
d’Abomey Calavi a accueilli, vendredi 8 mai, la projection du long métrage
togolais « Le champ des oubliés », suivie d’un riche échange entre le
public, le réalisateur, quelques acteurs ainsi qu’une partie de l’équipe de
production. Une soirée cinématographique marquée par l’émotion, la réflexion et
des regards diversifiés sur les réalités migratoires africaines.
Réalisé par Roger Komlan
Gbekou et scénarisé par Kossi Avisse, ce drame de fiction de 122 minutes plonge
le spectateur au cœur d’un sujet plutôt actuel, le rêve d’Europe qui pousse de
nombreux jeunes Africains à quitter leur terre natale, souvent au prix de
lourds sacrifices et de douloureuses désillusions. Tourné entre le Togo, le
Ghana et l’Allemagne, le film suit le parcours de Mawunyo, un jeune
entrepreneur villageois confronté aux réalités de l’émigration clandestine et
aux souffrances vécues par ceux qui poursuivent l’illusion d’un eldorado
européen. Convaincu que son pays regorge de ressources inexploitées et
d’opportunités méconnues, le jeune homme nourrit l’ambition de mobiliser la
jeunesse autour du développement local. Mais, malgré ses convictions, il se
retrouve lui-même partagé entre son attachement à sa terre et la tentation du
départ.
À travers cette histoire
profondément humaine, « Le champ des oubliés » interpelle sur les
conséquences sociales, psychologiques et économiques de l’exil. Le film
questionne surtout la perception d’une Europe idéalisée et invite la jeunesse
africaine à croire davantage aux potentialités de son propre continent. Entre
espoir, désillusion, courage et quête d’identité, l’œuvre renseigne et enseigne
sur la nécessité de bâtir l’avenir en Afrique plutôt que de le chercher
systématiquement ailleurs.
Lors des échanges ayant suivi
la projection, le réalisateur Roger Komlan Gbekou a expliqué que le film se
veut avant tout une œuvre de sensibilisation destinée à éveiller les
consciences. Il a insisté sur la responsabilité du cinéma africain dans la transformation
des mentalités et la valorisation des talents locaux. Les discussions avec les
acteurs et les membres de l’équipe technique ont également permis au public de
mieux comprendre les défis liés à la production d’un long métrage africain
tourné dans plusieurs pays, avec un budget estimé à près de 166 millions de
francs Cfa, même si l’œuvre aura coûté beaucoup moins que çà.
Le parcours de cette œuvre
illustre d’ailleurs une belle dynamique de persévérance artistique.
Initialement conçu comme un court métrage en 2019, le projet avait déjà connu
un succès remarquable. Et c’est fort de cette reconnaissance que le cinéaste a
développé une version long métrage sortie en 2022.
« Le Champ des oubliés » projeté à l’Espace culturel Le Centre