La Nation Bénin...
Un vaste programme de formation est désormais déployé au profit de la Cour
des comptes à travers le Programme de Gouvernance Économique pour la Délivrance
des Services (PGEDS), financé par la Banque mondiale. Les premières sessions de
ce programme, soutenu par le gouvernement, se sont déroulées du 22 au 26 juin
2026 à Porto-Novo. Magistrats, auditeurs, greffiers, cadres administratifs et
responsables des différentes structures de l'institution bénéficient de ce
dispositif qui ambitionne d'améliorer durablement la qualité du contrôle des
finances publiques et d'accompagner la juridiction dans l’accomplissement de sa
mission républicaine.
« Formation des acteurs de la Cour des comptes du Bénin en Audit
financier, certification des comptes de l’Etat, des organismes publics et des
projets de développement ». C’est le thème de la première d’une série de
formations destinées à outiller la Cour des comptes. Ce vaste chantier de renforcement
des compétences est mis en œuvre dans le cadre du Programme de Gouvernance
Économique pour la Délivrance des Services (PGEDS), initiative du Gouvernement
béninois financée par la Banque mondiale. Il traduit la volonté des pouvoirs
publics de consolider les capacités opérationnelles de la Cour des comptes afin
de lui permettre d'exercer pleinement les importantes missions que lui confient
la Constitution et les réformes engagées en matière de gouvernance publique.
Procédant au lancement officiel des premières sessions au nom de la
Présidente de la Cour des comptes, le Directeur de cabinet a salué l'engagement
du Gouvernement de la République du Bénin, de la Banque mondiale ainsi que du
PGEDS, dont les appuis financier et technique rendent possible la mise en œuvre
de cet ambitieux programme de renforcement des capacités. Il a également
exprimé la gratitude de l'institution au groupement IEA International / E&C
Conseil, chargé de l'accompagnement technique de cette première phase. Selon
lui, cette initiative intervient dans un contexte marqué par l'élargissement
des missions de la Cour des comptes et par des exigences croissantes de
qualité, de rigueur et de performance dans le contrôle des finances publiques.
Le programme se distingue par son caractère inclusif. Il bénéficie à l'ensemble
des structures judiciaires et administratives de la Cour des comptes. Sont
concernés la Présidence, les différentes Chambres, le Parquet général, le
Greffe, le Secrétariat général, les directions administratives et techniques
ainsi que l'ensemble des acteurs qui y exercent leurs fonctions : conseillers,
magistrats, avocats généraux, auditeurs, greffiers, cadres administratifs et
autres agents. À travers cette approche globale, la Cour des comptes entend
renforcer de manière cohérente les compétences de tous les maillons de la
chaîne de contrôle afin d'améliorer l'efficacité de son organisation et la
qualité de ses interventions.
Des formations adaptées aux nouveaux défis du contrôle public
Les deux premiers modules ont été consacrés à des domaines jugés
prioritaires. La première session, destinée aux magistrats et auditeurs, a
porté sur les démarches d'audit financier. Les participants ont approfondi leur
maîtrise des normes internationales des Institutions supérieures de contrôle
(ISSAI), des techniques modernes de planification et de conduite des missions
d'audit ainsi que des méthodes de formulation des opinions d'audit. La seconde
formation, organisée au profit des greffiers et des cadres administratifs,
était consacrée à la production des statistiques judiciaires et à la gestion
d'une base de données sécurisée. Elle vise à améliorer la qualité, la fiabilité
et la sécurisation des données produites par la juridiction. À la demande du
PGEDS et avec l'accord de la Banque mondiale, des inspecteurs des finances
prennent également part à certaines sessions afin de favoriser le partage
d'expériences, la mutualisation des expertises et le renforcement de la
coordination entre les institutions nationales de contrôle.
Ces premières formations inaugurent un dispositif beaucoup plus vaste qui
sera progressivement déployé jusqu'à la fin de l'année 2026. Plusieurs modules
spécialisés sont annoncés, notamment sur la certification des comptes de l'État
et des organismes publics, l'évaluation des politiques publiques, les normes
ISSAI, l'audit des financements publics, l'audit de la dette publique,
l'attestation des rapports annuels de performance, l'exploitation des données
massives ainsi que l'évaluation des investissements publics. Le programme
comporte également une dimension internationale. Des sessions techniques seront
organisées auprès de la Cour des comptes du Sénégal afin de permettre aux
participants de bénéficier d'études de cas, de visites professionnelles et d'échanges
de bonnes pratiques avec leurs homologues sénégalais. Par ailleurs, un second
volet de renforcement des capacités sera assuré entre août et décembre 2026 par
le cabinet Deloitte. Les formations porteront notamment sur le cadre conceptuel
du PGEDS, les mécanismes de financement axés sur les résultats (PforR), la
méthodologie de l'Agent de Vérification Indépendant (AVI), les techniques de
vérification, l'audit des données ainsi que l'assurance qualité des
indicateurs.
Consolider les compétences pour une gouvernance plus performante
Clôturant cette première semaine de formation, le Directeur de cabinet de
la Présidente de la Cour des comptes a invité les participants à faire
fructifier les connaissances acquises en les intégrant pleinement dans leurs
pratiques professionnelles. Il a rappelé que ces sessions ne constituent qu'une
première étape d'un processus de formation continue appelé à accompagner
durablement la modernisation de l'institution. L'ambition affichée est de doter
la Cour des comptes de ressources humaines hautement qualifiées, capables
d'appliquer les meilleures pratiques internationales en matière de contrôle des
finances publiques. À travers ce programme initié par le Gouvernement avec le
soutien de la Banque mondiale, la juridiction financière se donne ainsi les moyens
de renforcer la qualité de ses audits, d'améliorer la transparence dans la
gestion des ressources publiques et de contribuer davantage à la consolidation
de la bonne gouvernance et de la reddition des comptes au service des citoyens.
Renforcement des capacités de contrôle des finances publiques