La Nation Bénin...
L’Agence
de sauvegarde de la culture des montagnes a initié une session de renforcement
de capacités au profit des acteurs institutionnels et communautaires engagés
dans la gestion du patrimoine culturel immatériel. Cette formation, qui se
tient du 7 au 11 avril à la préfecture de Natitingou, réunit des participants
venus des départements de l’Atacora et de la Donga, dans le but de mieux
accompagner la mise en œuvre de la politique nationale dans cette aire
culturelle.
Le
lancement officiel de la session de renforcement de capacités au profit des
acteurs institutionnels et communautaires engagés dans la gestion du patrimoine
culturel immatériel a été assuré par la préfète de l’Atacora, Lydie Déré Chabi
Nah. Elle était entourée pour l’occasion de Blaise Tchétchao, directeur général
de l’Agence de sauvegarde de la culture des montagnes, ainsi que du directeur
départemental du Tourisme, de la Culture et des Arts de l’Atacora-Donga. La
rencontre a mobilisé les membres du conseil scientifique de l’agence, les
points focaux des mairies et des préfectures, ainsi que les représentants des
différentes commissions nationales linguistiques.
Selon
Blaise Tchétchao, cette formation vise à renforcer les compétences des acteurs
impliqués dans la mise en œuvre des missions de l’Agence. Concrètement, les
participants seront outillés sur les concepts clés de la Convention de 2003
relative au patrimoine culturel immatériel, la compréhension et l’explication
de cette notion en français et en langues nationales, ainsi que sur les mesures
de sauvegarde, les techniques d’inventaire et les procédures d’inscription sur
les listes de l’Unesco.
Il
a rappelé que, selon la définition de l’Unesco, le patrimoine culturel
immatériel englobe l’ensemble des pratiques, représentations, expressions,
connaissances et savoir-faire que les communautés reconnaissent comme faisant
partie intégrante de leur héritage culturel. Ce patrimoine vivant, en constante
évolution, est transmis de génération en génération et profondément enraciné
dans les réalités socioculturelles des communautés de l’aire culturelle des
montagnes. Il se manifeste notamment à travers la diversité des langues, des
rites, des pratiques sociales, des savoir-faire artisanaux, des traditions
orales et des expressions artistiques.
Véritable
levier de développement culturel, social et économique, ce patrimoine est
toutefois confronté à de nombreux défis, notamment les mutations sociales,
l’urbanisation, les changements de modes de vie et la faible documentation des
pratiques culturelles. Ces facteurs contribuent à l’érosion progressive de
certains éléments du patrimoine. « La sauvegarde du patrimoine culturel
immatériel ne peut être efficace sans l’implication des communautés. Elle doit
être participative, respectueuse des dynamiques locales et centrée sur les
détenteurs du patrimoine», a insisté le directeur général.
Patrimoine de grande valeur
De son côté, Moussouloumi-Dine Traoré, directeur départemental du Tourisme, de la Culture et des Arts Atacora-Donga, a mis en avant la richesse et la diversité du patrimoine culturel des communautés de la région. Dépositaires de traditions séculaires et de savoir-faire uniques, ces communautés disposent d’un patrimoine d’une grande valeur. «Ce patrimoine constitue à la fois un marqueur fort d’identité et un levier stratégique pour le développement local, notamment en matière de tourisme culturel, de cohésion sociale et de valorisation des savoirs endogènes», a-t-il souligné.
Il
a, à cet effet, invité les différentes parties prenantes à s’engager davantage
dans la valorisation de ce patrimoine. Car, selon lui, sa sauvegarde dépasse la
simple conservation : elle constitue un enjeu majeur de développement,
d’éducation et de transmission des valeurs.
Pour
sa part, la préfète de l’Atacora s’est réjouie de l’attention croissante
accordée à la culture dans les politiques publiques de développement. Elle a
insisté sur la nécessité de considérer la culture comme un levier stratégique
au même titre que les autres secteurs. « Le patrimoine culturel immatériel est
une richesse inestimable. Il exprime notre identité, notre histoire et nos
valeurs. Il joue un rôle fondamental dans la cohésion sociale et la
transmission intergénérationnelle des savoirs », a-t-elle affirmé.
Elle
a également rappelé que les départements de l’Atacora et de la Donga disposent
d’un patrimoine d’une richesse exceptionnelle, constituant un socle solide pour
le développement local et un facteur d’attractivité pour la région. Toutefois,
elle a déploré que ce patrimoine demeure encore insuffisamment documenté,
valorisé et protégé
Les participants à la session de formation à l'ouverture des travaux