La Nation Bénin...

Gestion du patrimoine culturel immatériel: Les capacités des acteurs institutionnels et communautaires renforcées à Natitingou

Culture
Les participants à la session de formation  à l'ouverture des travaux Les participants à la session de formation à l'ouverture des travaux

L’Agence de sauvegarde de la culture des montagnes a initié une session de renforcement de capacités au profit des acteurs institutionnels et communautaires engagés dans la gestion du patrimoine culturel immatériel. Cette formation, qui se tient du 7 au 11 avril à la préfecture de Natitingou, réunit des participants venus des départements de l’Atacora et de la Donga, dans le but de mieux accompagner la mise en œuvre de la politique nationale dans cette aire culturelle.

Par   Alexis METON A/R Atacora-Donga, le 08 avr. 2026 à 09h25 Durée 3 min.
#Les participants à la session de formation à l'ouverture des travaux

Le lancement officiel de la session de renforcement de capacités au profit des acteurs institutionnels et communautaires engagés dans la gestion du patrimoine culturel immatériel a été assuré par la préfète de l’Atacora, Lydie Déré Chabi Nah. Elle était entourée pour l’occasion de Blaise Tchétchao, directeur général de l’Agence de sauvegarde de la culture des montagnes, ainsi que du directeur départemental du Tourisme, de la Culture et des Arts de l’Atacora-Donga. La rencontre a mobilisé les membres du conseil scientifique de l’agence, les points focaux des mairies et des préfectures, ainsi que les représentants des différentes commissions nationales linguistiques.

Selon Blaise Tchétchao, cette formation vise à renforcer les compétences des acteurs impliqués dans la mise en œuvre des missions de l’Agence. Concrètement, les participants seront outillés sur les concepts clés de la Convention de 2003 relative au patrimoine culturel immatériel, la compréhension et l’explication de cette notion en français et en langues nationales, ainsi que sur les mesures de sauvegarde, les techniques d’inventaire et les procédures d’inscription sur les listes de l’Unesco.

Il a rappelé que, selon la définition de l’Unesco, le patrimoine culturel immatériel englobe l’ensemble des pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire que les communautés reconnaissent comme faisant partie intégrante de leur héritage culturel. Ce patrimoine vivant, en constante évolution, est transmis de génération en génération et profondément enraciné dans les réalités socioculturelles des communautés de l’aire culturelle des montagnes. Il se manifeste notamment à travers la diversité des langues, des rites, des pratiques sociales, des savoir-faire artisanaux, des traditions orales et des expressions artistiques.

Véritable levier de développement culturel, social et économique, ce patrimoine est toutefois confronté à de nombreux défis, notamment les mutations sociales, l’urbanisation, les changements de modes de vie et la faible documentation des pratiques culturelles. Ces facteurs contribuent à l’érosion progressive de certains éléments du patrimoine. « La sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ne peut être efficace sans l’implication des communautés. Elle doit être participative, respectueuse des dynamiques locales et centrée sur les détenteurs du patrimoine», a insisté le directeur général.

Patrimoine de grande valeur

De son côté, Moussouloumi-Dine Traoré, directeur départemental du Tourisme, de la Culture et des Arts Atacora-Donga, a mis en avant la richesse et la diversité du patrimoine culturel des communautés de la région. Dépositaires de traditions séculaires et de savoir-faire uniques, ces communautés disposent d’un patrimoine d’une grande valeur. «Ce patrimoine constitue à la fois un marqueur fort d’identité et un levier stratégique pour le développement local, notamment en matière de tourisme culturel, de cohésion sociale et de valorisation des savoirs endogènes», a-t-il souligné.

Il a, à cet effet, invité les différentes parties prenantes à s’engager davantage dans la valorisation de ce patrimoine. Car, selon lui, sa sauvegarde dépasse la simple conservation : elle constitue un enjeu majeur de développement, d’éducation et de transmission des valeurs.

Pour sa part, la préfète de l’Atacora s’est réjouie de l’attention croissante accordée à la culture dans les politiques publiques de développement. Elle a insisté sur la nécessité de considérer la culture comme un levier stratégique au même titre que les autres secteurs. « Le patrimoine culturel immatériel est une richesse inestimable. Il exprime notre identité, notre histoire et nos valeurs. Il joue un rôle fondamental dans la cohésion sociale et la transmission intergénérationnelle des savoirs », a-t-elle affirmé.

Elle a également rappelé que les départements de l’Atacora et de la Donga disposent d’un patrimoine d’une richesse exceptionnelle, constituant un socle solide pour le développement local et un facteur d’attractivité pour la région. Toutefois, elle a déploré que ce patrimoine demeure encore insuffisamment documenté, valorisé et protégé