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Réhabilitation du culte Vodun: Un hommage solennel des religions endogènes à Patrice Talon

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Dix années d’actions ayant contribué à sortir les traditions endogènes de la marginalisation saluées Dix années d’actions ayant contribué à sortir les traditions endogènes de la marginalisation saluées

Au Palais des Congrès de Cotonou, en ce 1er mai marquant l’anniversaire du président Patrice Talon, les rois et dignitaires du culte Vodun lui ont rendu un hommage solennel. Ils ont salué dix années d’actions ayant contribué à sortir les traditions endogènes de la marginalisation, à réaffirmer l’identité culturelle béninoise et à positionner le Vodun comme un patrimoine désormais reconnu et valorisé à l’international. Dans cet élan de reconnaissance, le chef de l’État ainsi que plusieurs membres de son gouvernement ont été honorés pour leur engagement constant en faveur de la promotion du patrimoine culturel et religieux du Bénin.

 

Par   Isidore GOZO, le 04 mai 2026 à 00h42 Durée 2 min.
#culte vodun

Dans une atmosphère empreinte de sacralité, faite de chants rituels et d’invocations, les autorités traditionnelles ont exprimé leur reconnaissance à un dirigeant qu’elles considèrent comme un artisan majeur de la réhabilitation des traditions endogènes. Longtemps marginalisé, parfois stigmatisé sous l’effet de préjugés hérités de la colonisation, le Vodun s’impose désormais comme un pilier central de l’identité culturelle béninoise. Ceci grâce au chef de l’Etat, Patrice Talon.

Prenant la parole au nom de la communauté des rites vodun, Mahougnon Kakpo a souligné la portée historique des actions engagées depuis 2016. Selon lui, la gouvernance de Patrice Talon marque un tournant décisif dans la reconnaissance et la valorisation des traditions endogènes. Il a rappelé que si les premières initiatives de reconnaissance remontent aux années 1990, la décennie écoulée a permis une transformation structurelle, visible et durable. Parmi les avancées majeures évoquées figurent la reconnaissance officielle du terme « Vodun », la reconfiguration de la fête du 10 janvier en « Vodun Days» à portée internationale, ainsi que la création du Comité des rites vodun pour structurer et labelliser les pratiques. À cela s’ajoutent le développement de projets culturels d’envergure tels que la Route des couvents vodun, la construction de l’Arène culturelle de Ouidah, le Musée international du Vodun à Porto-Novo ou encore le Festival des masques. Autant d’initiatives qui, selon les dignitaires, ont contribué à faire du Vodun un levier stratégique de développement culturel, touristique et diplomatique. « A l’heure du bilan, nous nous rendons à l’évidence de constater, avec bonheur et fierté que le Vodun qui était évoqué comme un instrument de menace, un recours ultime à une force maléfique vengeresse, le gouvernement a réussi à le sortir de la boue pour en faire de l’or qui brille et que le monde entier commence à observer d’un regard admiratif », a-t-il fait savoir.

Distinctions symboliques

Le moment le plus solennel de la cérémonie a été la remise de distinctions honorifiques à plusieurs personnalités. Le président Patrice Talon a reçu la récade royale Makpo, sculptée dans le granit du Bénin, symbole de parole, d’autorité et de transmission. Il a également été élevé à la dignité de Hu`BO´n? d’honneur de la communauté vodun, une distinction assimilée à un doctorat honoris causa dans l’ordre symbolique traditionnel. Cette élévation consacre son intégration dans la mémoire spirituelle du pays, au-delà de sa fonction politique. Elle traduit la reconnaissance, par les gardiens de la tradition, de son rôle dans la restauration de l’identité culturelle nationale. D’autres membres du gouvernement ont également été honorés. Jean-Michel Abimbola a reçu une œuvre représentant une tête de Gèlèdè surmontée d’un serpent en silex, et a été élevé à la dignité de KPO?O d’honneur. Quant à Romuald Wadagni, il lui a été remis une sculpture en marbre noir symbolisant un écho ascendant, accompagnée de la même élévation honorifique. Ces distinctions traduisent la volonté des autorités traditionnelles de saluer l’engagement institutionnel en faveur de la promotion culturelle.

Représentant le chef de l’État, Jean-Michel Abimbola a insisté sur la portée de cet hommage, reçu avec reconnaissance, mais aussi avec lucidité. Selon lui, il ne s’agit pas d’un aboutissement, mais d’une dynamique en cours, imprimée dès les premières heures du Programme d’action du gouvernement. Il a mis en avant les résultats concrets de cette politique, visibles à travers des initiatives structurantes. Les Vodun Days et le Festival des masques, désormais inscrits parmi les grands rendez-vous culturels, permettent de révéler la richesse esthétique et spirituelle du Vodun. La Route des couvents organise et valorise les territoires sacrés, tandis que l’École du Fà contribue à structurer et transmettre le savoir ancestral. Quant au Musée international du Vodun, il ambitionne de devenir une référence mondiale. Au-delà des réalisations, le ministre a souligné l’émergence d’une triple synergie. D’abord nationale, avec une réappropriation progressive des traditions par les populations. Ensuite diasporique, avec un regain d’intérêt des Afro-descendants pour leurs racines culturelles. Enfin internationale, avec un afflux croissant de chercheurs, touristes et passionnés venus découvrir un Vodun désormais assumé et valorisé. Pour l’autorité, cette politique culturelle dépasse la simple valorisation patrimoniale. Elle s’inscrit dans une vision plus large, celle d’une alliance entre l’État et les traditions, entre la mémoire et le développement. Le Vodun n’est plus perçu comme un vestige du passé, mais comme une force vivante, capable de contribuer à la cohésion sociale, au développement économique et au rayonnement international du Bénin. « Sans le Vodun, le monde ne serait pas tout à fait ce qu’il est. Longtemps discret dans les grandes dynamiques de transformation des arts et des patrimoines des places fortes culturelles, il apparaît aujourd’hui, par la force de son rayonnement, comme une source majeure de filiation pour de nombreuses cultures à travers le monde », a rappelé Jean-Michel Abimbola. Une formule qui résume à elle seule l’ambition portée : celle de faire du patrimoine endogène béninois une référence universelle.