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Les premières tendances de la campagne agricole 2025-2026 affichent des indicateurs jugés encourageants pour les productions vivrières.
Les premières pluies de la saison s’installent progressivement sur l’ensemble du territoire national. Les indicateurs de la campagne agricole 2025-2026 laissent entrevoir des perspectives encourageantes pour les productions vivrières. Entre amélioration de la pluviométrie, intensification des activités champêtres et relative stabilité des marchés, les premiers signaux observés par les services agricoles nourrissent un climat d’optimisme prudent dans plusieurs bassins de production. Dans son Bulletin d’Information et d’Alerte précoce sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle (Biap-San) de mars 2026, la Cellule technique de suivi et d’Appui à la gestion de la sécurité alimentaire (Ct-Sagsa) met en avant une pluviométrie globalement favorable, une activité soutenue dans les zones de production ainsi qu’une relative stabilité des marchés agricoles. Selon le document, les précipitations enregistrées au cours du mois de mars ont été « plus ou moins abondantes sur l’ensemble du territoire ». La troisième décade a particulièrement été marquée par de fortes pluies dans plusieurs localités du Sud et du Centre du pays. La station de Dangbo, dans le département de l’Ouémé, a enregistré la plus importante quantité d’eau avec 125,3 mm recueillis en trois jours. A l’inverse, Founougo, dans l’Alibori, a enregistré la plus faible quantité avec 4,4 mm en une journée.
Le bulletin souligne également que le mois de mars 2026 a été globalement plus arrosé que février. A Savè, les hauteurs d’eau ont atteint 116,6 mm en février contre un pic observé à Dangbo en mars avec 125,5 mm. Ces conditions hydriques ont favorisé le lancement progressif des activités agricoles dans plusieurs communes. Sur le terrain, les producteurs se sont engagés dans diverses opérations culturales. Dans les départements du Nord, les activités ont porté notamment sur la poursuite de la récolte et de la commercialisation des noix d’acajou, l’évacuation du coton graine vers les usines d’égrenage, ainsi que l’installation et l’entretien des cultures maraîchères. Les producteurs ont également poursuivi la transformation des produits agricoles, notamment le lait de vache en fromage, le manioc et l’igname en cossettes, ou encore les graines de néré et de karité en moutarde et en beurre.
Dans les zones méridionales et du Centre, les exploitants agricoles ont intensifié les cultures de contre-saison. Les travaux ont concerné la mise en place, l’entretien et la récolte du piment, de la tomate, du gombo et des légumes-feuilles. Les opérations de séchage et de stockage du maïs ainsi que la commercialisation des produits récoltés se poursuivent également dans plusieurs bassins agricoles.
Des marchés globalement stables
Le Biap-San note par ailleurs une évolution contrastée des prix des denrées de base sur les marchés agricoles. Pour le maïs, une stabilité générale des prix a été observée en mars 2026, malgré quelques baisses enregistrées à Glazoué, Bohicon et Malanville. Le kilogramme de maïs a été vendu en moyenne à 153 F Cfa au plan national, avec des prix allant de 85 FCfa à Bembèrèkè à 220 F Cfa à Dantokpa. Le gari ordinaire a été commercialisé à un prix moyen de 298 F Cfa le kilogramme. Les prix ont varié entre 135 F Cfa à Kétou et 500 F Cfa à Dantokpa. Quant au niébé, son prix moyen s’est établi à 528 F Cfa le kilogramme, avec des fluctuations selon les marchés. Le riz local, lui, oscille entre 320 F Cfa/kg à Bembèrèkè et 645 F Cfa/kg à Dantokpa.
Au niveau régional, les conclusions de la concertation du dispositif régional de Prévention et de gestion des crises alimentaires (Pregec), tenue du 25 au 27 mars 2026 à Lomé, font état d’une production céréalière estimée à 80,4 millions de tonnes en Afrique de l’Ouest et au Sahel, soit une hausse de 4 % par rapport à la précédente campagne et de 7 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
Les racines et tubercules enregistrent également une progression de 2 % comparativement à l’année écoulée. Selon les experts régionaux, ces performances contribuent à une baisse des prix des céréales et des légumineuses sur plusieurs marchés de la sous-région.
Malgré ces signaux encourageants, le rapport attire l’attention sur les risques persistants liés à l’insécurité alimentaire dans certains pays du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. Les projections du Cadre harmonisé indiquent que près de 52,78 millions de personnes pourraient se retrouver en situation d’insécurité alimentaire aiguë entre juin et août 2026 en l’absence de mesures appropriées.
Les indicateurs de la campagne agricole 2025-2026 laissent entrevoir des perspectives pour les productions vivrières