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Prêts usuraires en ligne : Le Cnin demantèle un vaste réseau criminel international

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Sous couvert de crédits instantanés accessibles en quelques clics, un réseau criminel international exploitait des milliers de victimes grâce à des applications frauduleuses, des taux usuraires et un système de harcèlement reposant sur le vol de données personnelles. A l'issue d'une enquête menée avec l'appui d'Interpol, le Centre national d'investigations numériques (Cnin) a démantelé cette organisation et interpellé plusieurs de ses membres, dont trois ressortissants asiatiques considérés comme des figures clés du réseau.

Par   Isidore GOZO, le 26 juin 2026 à 09h55 Durée 3 min.
#Prêts usuraires en ligne

L'enquête a été ouverte à la suite de nombreuses plaintes déposées par des victimes au Bénin. Toutes dénonçaient des pratiques abusives liées à des applications mobiles promettant des crédits rapides, accessibles en quelques secondes et sans formalités. Derrière ces offres alléchantes se cachait toutefois un système frauduleux reposant sur des taux d'intérêt exorbitants, des méthodes de recouvrement illégales et un pillage systématique des données personnelles des emprunteurs.

Les investigations du Cnin ont permis d'identifier plusieurs applications utilisées par le réseau, notamment ZeroInquietude, BoltLoan, OuiPret, CreditInstantane et LePret. Ces plateformes fonctionnaient selon un mode opératoire bien rodé. Dès leur installation sur le téléphone, elles exigeaient l'accès aux contacts, aux photos, aux messages et à d'autres données sensibles des utilisateurs. Ces informations étaient ensuite exploitées comme moyen de pression lorsque les échéances de remboursement approchaient.

Selon le Cnin, le réseau avait mis en place de véritables centres d'appels installés au Bénin ainsi que dans plusieurs pays de la sous-région. De nombreux béninois y étaient recrutés sous des appellations rassurantes telles que « téléconseiller » ou « agent de recouvrement ». En réalité, leur mission consistait à harceler les emprunteurs afin de les contraindre à rembourser, quels que soient les moyens employés.

Les victimes étaient soumises à des appels répétés, des Sms menaçants, du chantage à la diffusion de leurs données personnelles et à diverses formes d'intimidation. Les agents de recouvrement n'hésitaient pas à contacter les proches des emprunteurs pour exercer une pression supplémentaire. Dans certains cas, des menaces de mort auraient même été proférées à l'encontre des personnes endettées.

Grâce aux éléments recueillis au cours des investigations, le Cnin est parvenu à identifier les commanditaires du réseau et à localiser plusieurs centres d'appels opérant à l'étranger. Les renseignements ont ensuite été transmis à Interpol, permettant la mise en place d'une opération coordonnée à l'échelle internationale qui s'est soldée par plusieurs arrestations.

A travers cette opération, les autorités béninoises rappellent que les plateformes de crédit instantané qui exigent l'accès aux contacts, aux photos ou aux messages présentent un risque majeur pour les utilisateurs. Le Cnin invite ainsi la population à faire preuve d'une extrême vigilance et à éviter toute application imposant ce type d'autorisations.

L'institution recommande également aux personnes victimes de harcèlement ou de menaces après avoir contracté un prêt de ne pas céder à la panique ni aux pressions des escrocs. Elle les encourage à signaler immédiatement les faits aux services compétents afin de permettre l'ouverture d'enquêtes.

Le Cnin lance enfin un avertissement aux personnes employées dans ces structures. Même recrutés sous des intitulés de postes apparemment légitimes, les agents participant à ces pratiques de harcèlement s'exposent à des poursuites judiciaires. Les autorités invitent toute personne travaillant dans une entreprise aux activités suspectes à se rapprocher des services compétents et à signaler les faits.

Si ce vaste réseau criminel a été démantelé, le Centre National d'Investigations Numériques assure que les investigations se poursuivent afin d'identifier d'autres ramifications et de mettre fin à des systèmes similaires qui continuent de menacer les citoyens et leur sécurité numérique.