La Nation Bénin...
Le Bénin se prépare à accueillir, du 5 au 9 décembre 2027, la 24e Conférence internationale sur le sida et les infections sexuellement transmissibles en Afrique (Icasa). La signature, ce mardi 25 août à Cotonou, du protocole d’accord entre le gouvernement béninois et la Société africaine anti sida (Saa) lance officiellement le processus d’organisation de cette rencontre internationale.
Après avoir décroché l’organisation d’Icasa 2027, le Bénin passe désormais à la phase de concrétisation. La signature du protocole d’accord avec la Société africaine anti sida officialise les engagements des deux parties pour préparer cette 24e édition, prévue du 5 au 9 décembre 2027 à Cotonou.
Pour Hugues Oscar Lokossou, ministre délégué auprès du ministre des Finances chargé de la mobilisation des ressources extérieures et de la gestion de la dette, cette organisation dépasse le seul secteur de la santé. Elle nécessite une mobilisation de l’ensemble de l’action gouvernementale ainsi qu’une implication des partenaires nationaux et internationaux. Le ministre a assuré que le gouvernement accordera une attention particulière à la mobilisation des ressources et des partenariats nécessaires à la réussite de l’événement. Cette mobilisation devra s’accompagner d’une gestion rigoureuse et responsable des engagements pris. L’organisation d’Icasa 2027 représente également, selon lui, une opportunité pour le Bénin de renforcer ses partenariats africains et internationaux, de consolider les relations existantes et d’en nouer de nouvelles. Elle devrait également favoriser la coopération Sud-Sud, le partage d’expériences et la circulation des connaissances et des bonnes pratiques. Au-delà de sa dimension sanitaire et scientifique, l’événement devrait contribuer à renforcer la visibilité du Bénin et à valoriser ses potentialités économiques, culturelles et touristiques.
Le pays avait officiellement soumis sa candidature le 31 juillet 2025, au terme d’un processus ayant mobilisé plusieurs composantes de la nation. Administrations publiques, collectivités locales, universités et institutions de recherche, sociétés savantes, secteur privé, organisations de la société civile, acteurs communautaires et partenaires techniques et financiers avaient contribué à la constitution du dossier. La sélection du Bénin par la Société africaine anti sida est ainsi venue consacrer la confiance accordée au pays et sa capacité à réunir les conditions nécessaires à l’organisation d’une conférence de cette envergure. La Société africaine anti sida avait d’ailleurs effectué une mission d’évaluation au Bénin en novembre 2025 afin d’apprécier les capacités du pays et son niveau de préparation.
Pour le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, la signature du protocole d’accord constitue une étape décisive. Elle marque, selon lui, le passage de la candidature à l’action et ouvre officiellement la phase de préparation effective de la conférence. Le protocole précise les responsabilités des deux parties dans le cadre de la coorganisation. Le ministère de la Santé assurera notamment le rôle d’organisateur local avec l’appui du gouvernement, tandis que la Société africaine anti sida accompagnera le Bénin dans la préparation de l’événement. Benjamin Hounkpatin a assuré que le gouvernement prendra toutes les dispositions nécessaires pour garantir la réussite de cette édition. Il a appelé à une mobilisation des compétences nationales, des différents secteurs concernés, des partenaires et des communautés. « La réussite d’Icasa 2027 sera le résultat d’une mobilisation nationale », a-t-il souligné, insistant sur l’engagement attendu de l’ensemble des acteurs.
Une première sous le format «Icasa+»
Cette 24e édition aura toutefois une particularité majeure. Elle inaugurera le format « Icasa+ ». Pour le président de la Société africaine anti sida, Dr Richard Nchabi Kamwi, cette nouvelle formule traduit la volonté d’élargir la réflexion aux autres grands défis sanitaires auxquels l’Afrique est confrontée. Si le Vih demeure au cœur de la conférence, les échanges porteront également sur le paludisme, la tuberculose et les épidémies émergentes. L’objectif est de promouvoir une approche plus intégrée de la santé et de contribuer au renforcement des systèmes sanitaires africains. Dr Richard Nchabi Kamwi a également insisté sur la nécessité d’accélérer les efforts afin de mettre fin au Vih en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030. Selon lui, Icasa+ 2027 ambitionne par ailleurs de devenir une plateforme de dialogue, d’innovation, de partage d’expériences et de recherche de solutions africaines aux défis sanitaires du continent. Il indique que le choix du Bénin donnera également une place particulière aux savoirs médicaux traditionnels africains. En raison de son patrimoine culturel et de son statut de berceau mondialement reconnu du Vodun, le pays sera appelé à mettre en lumière la médecine traditionnelle et les connaissances ancestrales en matière de santé. Le président souhaite que ces savoirs soient mieux encadrés, valorisés et évalués scientifiquement, avec la perspective, lorsque cela est pertinent, de les intégrer aux systèmes de santé.