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La 3ᵉ édition du Festival de la cohésion sociale et du vivre-ensemble s’est clôturée vendredi 21 août à Pobè. Initiée le 12 août par le Réseau des organisations pour le développement durable, et le Centre d’action pour la cohésion et le développement, la manifestation a mobilisé durant quatre jours les cinq communes du département du Plateau autour du thème «Les forêts sacrées au service de la paix, de la solidarité et du climat ».
Tenue sous les grands arbres de Pobè, la cérémonie d’ouverture de la 3ᵉ édition du Festival de la cohésion sociale et du vivre-ensemble a réuni le maire de la commune Liamidi Odouchinan, la présidente du Rodd Carmen Gaba, le roi de Pobè, des représentants des institutions de la République, des partenaires techniques et financiers, des dignitaires des cultes endogènes, ainsi que des chefs quartiers, femmes leaders et jeunes acteurs du développement local venus de Kétou, Sakété, Ifangni et Adja-Ouèrè. Pour les organisateurs, le choix du thème n’est pas anodin. Dans le département du Plateau, les forêts sacrées remplissent une double fonction. Elles constituent des réservoirs de biodiversité et des espaces de régulation sociale où se règlent depuis des générations les conflits communautaires. Elles sont cependant de plus en plus exposées à l’urbanisation, à l’exploitation illégale de bois et aux effets du dérèglement climatique. Dans son allocution, la présidente du Rodd, Carmen Gaba, a rappelé que le festival ne se limite pas à une célébration culturelle. Elle a insisté sur la nécessité de revenir aux repères ancestraux pour faire face aux défis environnementaux actuels. Le Maire de Pobè, Liamidi Odouchinan, a pour sa part salué une initiative qui remet au cœur du débat public les valeurs de tolérance et de solidarité. Il a appelé à une protection accrue de ces patrimoines, véritables remparts contre la dégradation de l’environnement. Le roi de Pobè, gardien des us et coutumes, a béni les festivités et exhorté les populations à faire de cette édition un moment de réconciliation et de transmission intergénérationnelle. Les Partenaires Techniques et Financiers présents, notamment Coso et Abegief, ont réaffirmé leur volonté d’accompagner les initiatives locales de reboisement et de valorisation des savoirs endogènes liés à la conservation.
Vers des engagements concrets
Contrairement aux éditions précédentes, le programme 2026 a été pensé pour sortir des salles et aller vers les communautés. Dans les cinq communes, des panels ont abordé la gouvernance locale et la préservation des forêts sacrées face aux changements climatiques. Des caravanes de sensibilisation ont sillonné les écoles et les marchés afin d’informer sur les bonnes pratiques environnementales. Une attention particulière a été accordée aux jeunes et aux femmes. Le Cacd-Ong a animé des ateliers de formation sur l’agroécologie, la gestion des déchets et l’entrepreneuriat vert. Des espaces de dialogue intercommunautaire ont également été mis en place avec l’appui de facilitateurs locaux pour prévenir les conflits fonciers et promouvoir la médiation. Le volet culturel a occupé une place importante. Les festivaliers ont pu assister à des expositions d’artisanat, des prestations de danses traditionnelles, des concours de contes et de chants, ainsi qu’à des rituels de purification conduits par les dignitaires. Des marchés communautaires et des repas partagés ont permis de recréer du lien entre les participants venus des différents villages du Plateau. Selon les responsables du Rodd et du Cacd-Ong, l’ambition était claire. Chaque participant devait repartir avec un engagement à mettre en œuvre dans son quartier. Il pouvait s’agir de planter un arbre, de protéger une forêt sacrée de son village ou d’organiser une séance de dialogue entre jeunes de confessions différentes. Au terme des quatre jours d’activités, les organisateurs ont indiqué leur volonté de pérenniser le festival et d’en faire un rendez-vous annuel incontournable de la région. Ils estiment que la valorisation des pratiques traditionnelles constitue une réponse pertinente aux défis actuels de cohésion sociale, de paix et de résilience climatique. La prochaine édition devra, selon eux, être plus ambitieuse et intégrer davantage de collectivités territoriales et de partenaires techniques afin d’assurer un impact durable sur l’ensemble du département.
Tous appelés à une protection accrue des forêts, véritables remparts contre la dégradation de l’environnement