La Nation Bénin...
À 25 ans, certains ont déjà créé une
entreprise, remporté des titres mondiaux ou acquis une notoriété
internationale. D’autres sont encore en formation, recherchent leur premier
emploi ou construisent progressivement leur autonomie. Ces trajectoires rappellent
que la réussite ne suit pas un calendrier unique.
« À ton âge, ton père avait déjà… » La comparaison entre générations reste fréquente. Emploi stable, revenu confortable, mariage, logement, voiture ou entreprise sont parfois présentés comme des étapes qu’un jeune adulte devrait avoir franchies avant 25 ans. Cette pression peut transformer un parcours encore en construction en sentiment de retard.
Certaines réussites précoces sont pourtant bien réelles. Au Bénin, Vital Sounouvou figurait, à 25 ans, dans le classement Forbes Africa 30 Under 30 de 2016 après avoir fondé Exportunity, une plateforme facilitant les échanges entre producteurs africains et acheteurs internationaux. Au Cameroun, William Elong avait créé son entreprise technologique à 20 ans.
À l’international, les exemples sont
encore plus marquants. À 25 ans, Lionel Messi avait déjà remporté trois Ballons
d’Or et plusieurs titres majeurs avec le FC Barcelone. Malala Yousafzai avait
reçu le prix Nobel de la paix à 17 ans. Mark Zuckerberg était devenu
milliardaire à 23 ans, grâce notamment à la valorisation de sa participation
dans Facebook. Ces parcours illustrent des réussites exceptionnelles, et non
une norme applicable à toute une génération.
Au Bénin, des parcours en construction
À 25 ans, certains jeunes sont encore en formation, recherchent leur premier emploi ou tentent de transformer une compétence en activité durable. Les politiques publiques accompagnent cette transition. Le Projet de développement des compétences et d’insertion professionnelle des jeunes (ProDIJ) cible les 15-30 ans dans les 77 communes. Le Programme spécial d’insertion dans l’emploi (Psie) facilite le recrutement de jeunes au sein des entreprises. Le dispositif Azôli accompagne notamment les 18-30 ans peu ou pas instruits vers l’emploi salarié ou indépendant.
Les parcours de terrain montrent aussi la
durée de cette insertion. En 2025, La Nation relatait le cas de Geoffroy et
Julien, deux diplômés en marketing digital restés deux ans au chômage avant de
trouver une opportunité grâce au Psie. En 2024, 474 jeunes ayant effectué un
stage-apprentissage dans une entreprise de Ouidah ont obtenu leur premier
contrat de travail dans le cadre d’Azôli.
La réussite ne se résume pas à un âge
Les réseaux sociaux accentuent parfois la pression. Promotions, voyages, mariages, voitures ou créations d’entreprises donnent à voir des réussites visibles, sans montrer les années de travail, les difficultés ou les étapes intermédiaires.
Obtenir un diplôme, apprendre un métier, décrocher son premier emploi, lancer une activité ou gagner progressivement en autonomie sont aussi des étapes importantes.
À 25 ans, certains ont déjà marqué leur
domaine. D’autres commencent à poser les premières pierres de leur parcours. La
réussite précoce existe ; elle ne doit pas devenir une échéance universelle.