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25 ans : entre pression sociale et construction de la réussite

Société

À 25 ans, certains ont déjà créé une entreprise, remporté des titres mondiaux ou acquis une notoriété internationale. D’autres sont encore en formation, recherchent leur premier emploi ou construisent progressivement leur autonomie. Ces trajectoires rappellent que la réussite ne suit pas un calendrier unique.

Par   Dossi Wêsinka NONFON (Coll.), le 15 sept. 2026 à 08h02 Durée 3 min.
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« À ton âge, ton père avait déjà… » La comparaison entre générations reste fréquente. Emploi stable, revenu confortable, mariage, logement, voiture ou entreprise sont parfois présentés comme des étapes qu’un jeune adulte devrait avoir franchies avant 25 ans. Cette pression peut transformer un parcours encore en construction en sentiment de retard.

Certaines réussites précoces sont pourtant bien réelles. Au Bénin, Vital Sounouvou figurait, à 25 ans, dans le classement Forbes Africa 30 Under 30 de 2016 après avoir fondé Exportunity, une plateforme facilitant les échanges entre producteurs africains et acheteurs internationaux. Au Cameroun, William Elong avait créé son entreprise technologique à 20 ans.

À l’international, les exemples sont encore plus marquants. À 25 ans, Lionel Messi avait déjà remporté trois Ballons d’Or et plusieurs titres majeurs avec le FC Barcelone. Malala Yousafzai avait reçu le prix Nobel de la paix à 17 ans. Mark Zuckerberg était devenu milliardaire à 23 ans, grâce notamment à la valorisation de sa participation dans Facebook. Ces parcours illustrent des réussites exceptionnelles, et non une norme applicable à toute une génération.

Au Bénin, des parcours en construction

 

À 25 ans, certains jeunes sont encore en formation, recherchent leur premier emploi ou tentent de transformer une compétence en activité durable. Les politiques publiques accompagnent cette transition. Le Projet de développement des compétences et d’insertion professionnelle des jeunes (ProDIJ) cible les 15-30 ans dans les 77 communes. Le Programme spécial d’insertion dans l’emploi (Psie) facilite le recrutement de jeunes au sein des entreprises. Le dispositif Azôli accompagne notamment les 18-30 ans peu ou pas instruits vers l’emploi salarié ou indépendant.

Les parcours de terrain montrent aussi la durée de cette insertion. En 2025, La Nation relatait le cas de Geoffroy et Julien, deux diplômés en marketing digital restés deux ans au chômage avant de trouver une opportunité grâce au Psie. En 2024, 474 jeunes ayant effectué un stage-apprentissage dans une entreprise de Ouidah ont obtenu leur premier contrat de travail dans le cadre d’Azôli.

La réussite ne se résume pas à un âge

 

Les réseaux sociaux accentuent parfois la pression. Promotions, voyages, mariages, voitures ou créations d’entreprises donnent à voir des réussites visibles, sans montrer les années de travail, les difficultés ou les étapes intermédiaires.

Obtenir un diplôme, apprendre un métier, décrocher son premier emploi, lancer une activité ou gagner progressivement en autonomie sont aussi des étapes importantes.

À 25 ans, certains ont déjà marqué leur domaine. D’autres commencent à poser les premières pierres de leur parcours. La réussite précoce existe ; elle ne doit pas devenir une échéance universelle.