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Systèmes alimentaires durables: Des échanges scientifiques sur les opportunités de l’agroécologie

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L’on se rend compte que l’agroécologie est la solution qui s’offre désormais face  aux nombreux défis dans un environnement où plus de 60 % des terres sont  cultivables alors qu’on est loin de la sécurité alimentaire L’on se rend compte que l’agroécologie est la solution qui s’offre désormais face aux nombreux défis dans un environnement où plus de 60 % des terres sont cultivables alors qu’on est loin de la sécurité alimentaire

La ville de Bopa dans le Mono a accueilli, du 18 au 20 mars dernier, une conférence ouest-africaine sur les systèmes alimentaires durables. Une centaine de participants venus des universités du Bénin, du Togo, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Ghana et d’ailleurs ont pris part à cette rencontre de réflexion scientifique sur les opportunités qu’offre l’agroécologie. Une rencontre qui a été soutenue par la Coopération internationale suisse au Bénin.

Par   Valentin SOVIDE, AR/Zou-Collines, le 24 mars 2026 à 10h28 Durée 3 min.
#Systèmes alimentaires durables

La conférence ouest-africaine d'agroécologie a mobilisé plusieurs experts de la question dont le professeur Mathurin Nago, le Dg de l’Inrab, C. Hervé Sossou, le doyen de la Faculté d’agronomie de l’université de Parakou, Prof. Valerien Zinsou, la directrice de la Coopération internationale suisse au Bénin, Stephanie Guha, le représentant de Care R4D, Dr Fernando Souza et bien d’autres personnalités. Ces acteurs ont activement pris part à cette rencontre scientifique de trois jours qui s’est penchée essentiellement sur les solutions pour des systèmes alimentaires durables.

Pour le président du comité préparatoire, Dr Gilles Nago, cette initiative est le fruit d'une collaboration étroite entre acteurs sous-régionaux et partenaires techniques et financiers. Elle s'inscrit pleinement dans les axes thématiques des programmes nationaux et ceux des partenaires notamment français, belge et suisse qui n'ont pas hésité à accompagner l'évènement. Il a loué l’apport de l'Institut de recherche en agriculture biologique (Fibl) de Suisse, pour l'idée de la conférence, la confiance accordée en lui confiant la responsabilité de piloter cet événement d'envergure et son accompagnement technique et financier. Il en est de même pour la Fondation nationale pour la recherche (Snf) Suisse, la Coopération internationale suisse, la Coopération belge, ainsi que le projet Professionnalisation et Renforcement de la formation dans les systèmes de culture durables à base de coton (PReFoSyC) financé par l'Agence française pour le développement, en partenariat avec la Faculté d'agronomie de l'université de Parakou, l'Institut de recherche sur le Coton (Irc), l'École supérieure d'agro-développement international (Istom) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad).

 L’agroécologie comme une réponse aux défis

 

Pour la plupart des intervenants, l’agriculture a aujourd’hui le devoir de relever les nombreux défis cruciaux qui se posent à la sous-région. Il est question de nourrir une population croissante et de plus en plus urbaine, lutter contre la pauvreté et les inégalités et assurer une gestion durable des ressources naturelles et de l’environnement. Pour beaucoup, l’agroécologie représente de nos jours l’une des réponses les plus pertinentes à ces défis. Stephanie Guha de la Coopération internationale suisse au Bénin soutient qu’en repensant les rapports de l’homme avec la terre, l’on se rend compte que l’agroécologie est la solution qui s’offre désormais face aux nombreux défis dans un environnement où plus de 60 % des terres sont cultivables alors qu’on est loin de la sécurité alimentaire. Elle sera appuyée par le coordonnateur de Care R4D, Fernando Souza et le Dg de l’Inrab, Dr Hervé Sossou qui mettent l’accent sur « les exemples endogènes qui doivent nous pousser à reconquérir la santé de la terre ».

Selon le Prof. Mathurin Nago, l’agroécologie n’est pas une notion abstraite. C’est bien une opportunité pour les terres en souffrance. Il note qu’aujourd’hui les défis sont croissants et « nous avons le devoir de l’action » visant à mettre en œuvre des approches intégrées de gestion durable des terres, de l’eau et des forêts et des actions liées à la prévention des risques et à l’adaptation aux changements climatiques.

A cet effet, le diagnostic posé par les experts Gilles Nago et Bertrand Pomalègni est sans équivoque. Selon eux, le passage à l'agroécologie en Afrique de l'Ouest se heurte à trois défis structurels. Il s’agit de l'insuffisance des politiques publiques dédiées, de la faiblesse des marchés pour valoriser les produits agroécologiques et du manque de mécanismes de financement adaptés aux producteurs engagés dans la transition. Malgré un intérêt croissant des gouvernements depuis le milieu des années 2010, illustré par des stratégies nationales, l'intégration de l'agroécologie dans les politiques agricoles reste marginale et fragile face à la production axée sur les intrants chimiques.

Sur le plan des marchés, deux grandes approches coexistent : les circuits classiques, où les produits agroécologiques se retrouvent en concurrence directe avec les produits conventionnels sans différenciation de prix, et les circuits spécialisés qui offrent de meilleures rémunérations mais souffrent d'un manque d'infrastructures, de reconnaissance institutionnelle et de clientèle fidèle.

Le Prof. Valerien Zinsou, doyen de la Faculté d’agronomie de l’université de Parakou, se dit fier de la valorisation et de la diffusion du savoir scientifique durant ces trois jours de travaux. Puis, il s’est réjoui de ce que la ville de Bopa soit témoin de l’espérance que porte désormais l’agroécologie pour l’Afrique de l’Ouest