La Nation Bénin...
La
ville de Bopa dans le Mono a accueilli, du 18 au 20 mars dernier, une
conférence ouest-africaine sur les systèmes alimentaires durables. Une centaine
de participants venus des universités du Bénin, du Togo, de la Côte d’Ivoire,
du Mali, du Ghana et d’ailleurs ont pris part à cette rencontre de réflexion
scientifique sur les opportunités qu’offre l’agroécologie. Une rencontre qui a
été soutenue par la Coopération internationale suisse au Bénin.
La
conférence ouest-africaine d'agroécologie a mobilisé plusieurs experts de la
question dont le professeur Mathurin Nago, le Dg de l’Inrab, C. Hervé Sossou,
le doyen de la Faculté d’agronomie de l’université de Parakou, Prof. Valerien
Zinsou, la directrice de la Coopération internationale suisse au Bénin,
Stephanie Guha, le représentant de Care R4D, Dr Fernando Souza et bien d’autres
personnalités. Ces acteurs ont activement pris part à cette rencontre
scientifique de trois jours qui s’est penchée essentiellement sur les solutions
pour des systèmes alimentaires durables.
Pour
le président du comité préparatoire, Dr Gilles Nago, cette initiative est le
fruit d'une collaboration étroite entre acteurs sous-régionaux et partenaires
techniques et financiers. Elle s'inscrit pleinement dans les axes thématiques
des programmes nationaux et ceux des partenaires notamment français, belge et
suisse qui n'ont pas hésité à accompagner l'évènement. Il a loué l’apport de
l'Institut de recherche en agriculture biologique (Fibl) de Suisse, pour l'idée
de la conférence, la confiance accordée en lui confiant la responsabilité de
piloter cet événement d'envergure et son accompagnement technique et financier.
Il en est de même pour la Fondation nationale pour la recherche (Snf) Suisse,
la Coopération internationale suisse, la Coopération belge, ainsi que le projet
Professionnalisation et Renforcement de la formation dans les systèmes de
culture durables à base de coton (PReFoSyC) financé par l'Agence française pour
le développement, en partenariat avec la Faculté d'agronomie de l'université de
Parakou, l'Institut de recherche sur le Coton (Irc), l'École supérieure
d'agro-développement international (Istom) et le Centre de coopération
internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad).
L’agroécologie comme une réponse aux défis
Pour
la plupart des intervenants, l’agriculture a aujourd’hui le devoir de relever
les nombreux défis cruciaux qui se posent à la sous-région. Il est question de
nourrir une population croissante et de plus en plus urbaine, lutter contre la
pauvreté et les inégalités et assurer une gestion durable des ressources
naturelles et de l’environnement. Pour beaucoup, l’agroécologie représente de
nos jours l’une des réponses les plus pertinentes à ces défis. Stephanie Guha
de la Coopération internationale suisse au Bénin soutient qu’en repensant les
rapports de l’homme avec la terre, l’on se rend compte que l’agroécologie est
la solution qui s’offre désormais face aux nombreux défis dans un environnement
où plus de 60 % des terres sont cultivables alors qu’on est loin de la sécurité
alimentaire. Elle sera appuyée par le coordonnateur de Care R4D, Fernando Souza
et le Dg de l’Inrab, Dr Hervé Sossou qui mettent l’accent sur « les exemples
endogènes qui doivent nous pousser à reconquérir la santé de la terre ».
Selon
le Prof. Mathurin Nago, l’agroécologie n’est pas une notion abstraite. C’est
bien une opportunité pour les terres en souffrance. Il note qu’aujourd’hui les
défis sont croissants et « nous avons le devoir de l’action » visant à mettre
en œuvre des approches intégrées de gestion durable des terres, de l’eau et des
forêts et des actions liées à la prévention des risques et à l’adaptation aux
changements climatiques.
A
cet effet, le diagnostic posé par les experts Gilles Nago et Bertrand Pomalègni
est sans équivoque. Selon eux, le passage à l'agroécologie en Afrique de
l'Ouest se heurte à trois défis structurels. Il s’agit de l'insuffisance des
politiques publiques dédiées, de la faiblesse des marchés pour valoriser les
produits agroécologiques et du manque de mécanismes de financement adaptés aux
producteurs engagés dans la transition. Malgré un intérêt croissant des
gouvernements depuis le milieu des années 2010, illustré par des stratégies
nationales, l'intégration de l'agroécologie dans les politiques agricoles reste
marginale et fragile face à la production axée sur les intrants chimiques.
Sur
le plan des marchés, deux grandes approches coexistent : les circuits
classiques, où les produits agroécologiques se retrouvent en concurrence
directe avec les produits conventionnels sans différenciation de prix, et les
circuits spécialisés qui offrent de meilleures rémunérations mais souffrent
d'un manque d'infrastructures, de reconnaissance institutionnelle et de
clientèle fidèle.
Le
Prof. Valerien Zinsou, doyen de la Faculté d’agronomie de l’université de
Parakou, se dit fier de la valorisation et de la diffusion du savoir
scientifique durant ces trois jours de travaux. Puis, il s’est réjoui de ce que
la ville de Bopa soit témoin de l’espérance que porte désormais l’agroécologie
pour l’Afrique de l’Ouest
L’on se rend compte que l’agroécologie est la solution qui s’offre désormais face aux nombreux défis dans un environnement où plus de 60 % des terres sont cultivables alors qu’on est loin de la sécurité alimentaire