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Conflit contre l’Iran : L’Europe face à 28 milliards de dollars de surcoûts

International

Confrontée à une nouvelle flambée des prix de l’énergie provoquée par la guerre avec l’Iran, l’Union européenne annonce des mesures d’urgence pour protéger son économie. Industries, ménages et transports subissent déjà de lourdes conséquences.


Par   Christian Hounnongbé, le 22 avr. 2026 à 21h59 Durée 3 min.
#Conflit contre l’Iran

L'Europe fait face à une nouvelle crise énergétique majeure, à peine remise de celle déclenchée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Selon la Commission européenne, le conflit avec l’Iran a déjà coûté 24 milliards d’euros supplémentaires (environ 28 milliards de dollars) en importations d’énergie depuis son début, sans augmentation des volumes livrés.

Face à cette situation, l’Union européenne a présenté une série de mesures d’urgence visant à atténuer l’impact économique. Parmi celles-ci figurent la création d’un mécanisme paneuropéen pour anticiper les pénuries de carburants, notamment le kérosène et le diesel, ainsi que la coordination des stocks entre États membres.

Les inquiétudes sont particulièrement vives dans le secteur aérien. L’Agence internationale de l’énergie et le groupe ACI Europe alertent sur un risque imminent de pénurie de kérosène, dont l’Europe importe environ 70 %. Certaines compagnies, comme Lufthansa Group, ont déjà annoncé des réductions de vols pour limiter les coûts, le prix du carburant ayant doublé depuis le début du conflit.

Au-delà du transport, les répercussions touchent l’ensemble de l’économie. Les ménages font face à une hausse des prix du carburant, de l’alimentation et des billets d’avion. Les entreprises, quant à elles, subissent une augmentation des coûts de production, notamment dans le secteur chimique. Le géant allemand BASF a ainsi relevé ses prix de plus de 30 % sur certains produits.

Certains secteurs sont particulièrement fragilisés. Des pêcheurs européens ont dû cesser leurs activités, leurs marges étant fortement affectées par la hausse des coûts énergétiques. En réponse, la Commission européenne a activé un mécanisme de crise permettant d’apporter un soutien financier direct à ces professionnels.

Le Fonds monétaire international a déjà revu à la baisse ses prévisions de croissance pour la zone euro et le Royaume-Uni. Des économistes, comme Neil Shearing, estiment qu’une récession est probable si les perturbations énergétiques persistent.

Au Royaume-Uni, la situation se traduit déjà par une hausse de l’inflation, alimentée par l’augmentation des prix du carburant, de l’alimentation et des transports. Les tensions économiques ont même entraîné une hausse des vols de carburant dans les stations-service, signe d’une pression croissante sur les ménages.


Par ailleurs, les effets indirects de cette crise pourraient bientôt se faire sentir, notamment sur les prix des plastiques, des engrais ou encore sur l’approvisionnement en dioxyde de carbone, essentiel à certains secteurs industriels et alimentaires.

Face à ces défis, les autorités européennes et nationales accélèrent également la transition énergétique, avec des investissements dans les énergies renouvelables et des projets visant à réduire la dépendance aux importations de combustibles fossiles.