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Saison des pluies 2026: A mi-parcours, les risques climatiques sous surveillance

Environnement
Il est fortement recommandé aux producteurs d’ajuster les calendriers culturaux, le choix des variétés et la gestion des risques en fonction de ces informations agro-climatiques Il est fortement recommandé aux producteurs d’ajuster les calendriers culturaux, le choix des variétés et la gestion des risques en fonction de ces informations agro-climatiques

Installée depuis plusieurs semaines, la saison des pluies 2026 évolue globalement dans des conditions favorables à l’agriculture. Toutefois, les services météorologiques, les structures de sécurité alimentaire et les acteurs agricoles maintiennent une vigilance particulière face aux risques d'inondation, aux séquences sèches et aux aléas climatiques susceptibles d'affecter les cultures et les moyens d'existence des populations rurales.

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 24 juin 2026 à 12h09 Durée 2 min.
#risques climatiques

A quelques semaines de la fin de la grande saison des pluies dans le Sud-Bénin, les services météorologiques et les structures de sécurité alimentaire maintiennent une vigilance particulière sur son évolution. Les producteurs sont appelés à rester attentifs aux aléas climatiques qui continuent de peser sur la production agricole. Pour la campagne 2026-2027, le gouvernement ambitionne une production céréalière de 3,4 millions de tonnes, soit une progression attendue de 16 %. Les racines et tubercules devraient atteindre 9,46 millions de tonnes, tandis que la production de légumineuses est attendue à 1,322 million de tonnes, dont 770 000 tonnes de soja. Ces objectifs reposent largement sur le comportement de la saison pluvieuse. Mais l’on peut déjà affirmer que l’évolution de la saison se reflète déjà sur les marchés agricoles. Selon le bulletin de mai 2026 du Système d’information sur les marchés agricoles (Sim) de la Cellule technique de suivi et d’appui à la gestion de la sécurité alimentaire (Ct-Sagsa), les prix de nombreux produits de base restent orientés à la baisse par rapport aux années précédentes. Le prix moyen du riz importé s’est établi à 530 Fcfa le kilogramme en mai 2026, en baisse de 18 % sur un an et de 8 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Cette diminution s’explique notamment par la reprise des exportations indiennes de riz et le renforcement de l’offre sur les marchés. Le gari poursuit également sa tendance baissière. Son prix moyen s’est établi à 284 FCfa le kilogramme, soit une diminution de 29 % par rapport à mai 2025. Quant à l’igname à piler, elle a été vendue en moyenne à 437 FCfa le kilogramme, en recul de 10 % sur un an. Ces évolutions témoignent d’une amélioration des disponibilités alimentaires mais soulèvent également la question des revenus agricoles.

Malgré des conditions globalement favorables, les services météorologiques mettent en garde contre certains risques. Météo Bénin signale des possibilités de séquences sèches dans plusieurs localités ainsi que des situations de déficit hydrique susceptibles d'affecter la croissance des plantes et les rendements agricoles. Ces situations peuvent également favoriser la prolifération des ravageurs des cultures, notamment la chenille légionnaire. Des séquences sèches relativement longues pourraient apparaître dans certaines zones du Zou et des Collines. Les experts signalent également des risques d'inondation liés à des écoulements normaux à excédentaires des cours d'eau dans le Sud et le Centre. Dans certaines zones du Nord, les prévisions évoquent des cumuls pluviométriques déficitaires à moyens, ce qui nécessite une adaptation des calendriers agricoles. Parallèlement, les risques d'inondation demeurent élevés dans certaines zones basses, le long des cours d'eau et dans plusieurs bassins versants. Il est recommandé d’éviter l'occupation des zones inondables, de renforcer les systèmes d'alerte et de suivre régulièrement les bulletins météorologiques. L'enjeu est de taille quand on sait que l’agriculture demeure l'un des principaux secteurs économiques. Les cultures vivrières, notamment le maïs, le riz, le manioc, le niébé et le soja, dépendent fortement de la régularité des précipitations. Les performances agricoles récentes illustrent cette dépendance. Les statistiques nationales montrent que la production céréalière a atteint environ 2,74 millions de tonnes lors de la campagne 2023-2024, contre près de 2,30 millions de tonnes l'année précédente. Les structures nationales de suivi de la sécurité alimentaire continuent d'observer l'évolution de la campagne agricole, des disponibilités alimentaires et des prix des denrées.

Les enseignements de la campagne précédente montrent que, malgré un déficit pluviométrique observé dans certaines zones en fin d'année 2025, les principales cultures vivrières avaient pu atteindre leur maturité grâce à des conditions favorables durant les phases essentielles de développement. C’est dire que l’accès à l'information climatique devient désormais un outil stratégique pour sécuriser les productions agricoles. A juste titre, les producteurs sont invités à diversifier les pratiques culturales, à privilégier les variétés à cycle court, à renforcer la lutte contre les ravageurs et à suivre régulièrement les alertes diffusées par Météo Bénin. A mi-parcours de la saison des pluies, la question n’est donc plus de savoir si la campagne sera favorable, mais plutôt de mesurer comment les conditions climatiques observées influencent déjà les rendements, les revenus agricoles et la sécurité alimentaire des ménages béninois.