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Secteur agricole à l'horizon 2033: Cap sur l'industrialisation et le bien-être des producteurs

Economie
Réduite à l’addition des volumes de production et à la contribution du secteur au produit intérieur brut Réduite à l’addition des volumes de production et à la contribution du secteur au produit intérieur brut

La revue de performance du secteur agricole au titre de la gestion 2025, mardi 22 septembre dernier, a permis aux différents acteurs de faire le bilan des résultats enregistrés et de dégager les priorités des prochaines années. Au cœur des orientations annoncées, le bien-être du producteur, la maîtrise de l’eau, l’industrialisation des facteurs de production et la mise en place de programmes d’investissement par filière.

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 24 sept. 2026 à 02h15 Durée 3 min.
#industrialisation

La revue de performance du secteur agricole au titre de l’année 2025 ne s’est pas limitée à un exercice de bilan. Elle a surtout servi de cadre pour définir les grandes orientations devant guider l’action publique dans les prochaines années. Face aux partenaires techniques et financiers, aux organisations paysannes, aux représentants de la société civile et aux cadres du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (Maep), le ministre Adin Yéton Bloukounon a placé le bien-être des producteurs au centre de la nouvelle dynamique. « Pour qui travaillons-nous ? », s'est-il adressé aux acteurs du secteur. Pour lui, l’évaluation de la performance ne saurait être réduite à l’addition des volumes de production ou à la contribution du secteur au Produit intérieur brut. Elle doit surtout permettre de mesurer les effets réels des politiques et des investissements sur les conditions de vie des agriculteurs et des éleveurs. Cette préoccupation intervient dans un secteur qui demeure fortement soutenu par l’Etat et les partenaires techniques et financiers. Le ministre Adin Yéton Bloukounon estime toutefois que l’importance des investissements consentis doit davantage se traduire dans le quotidien des acteurs à la base. Il appelle ainsi à une approche plus globale intégrant les dimensions économique, sociale, sanitaire et technologique du développement agricole.

Treize filières prioritaires

Pour les sept prochaines années, le ministère entend structurer son action autour de programmes d’investissement par filière. Ceux-ci doivent progressivement prendre le relais du Programme national de développement des filières (Pndf) et servir de boussole à l’action publique et aux investissements. Le principe annoncé est de définir, pour chaque filière, les besoins, les insuffisances à combler et les actions à conduire, depuis la gouvernance jusqu'à la production, la transformation et la commercialisation. L'objectif est également d'assurer une meilleure mobilisation des ressources humaines et financières autour de priorités clairement établies. Treize filières prioritaires sont ainsi en cours de définition. Le champ annoncé couvre notamment les productions végétales, l’élevage, la pêche, l’aquaculture et l’économie bleue. A en croire le ministre, l’approche devra intégrer l’ensemble de la chaîne de valeur, avec une attention particulière accordée aux facteurs de production et à la transformation locale. L’une des orientations majeures porte sur l’industrialisation des facteurs de production. Le ministre Adin Yéton Bloukounon préconise notamment la construction d’une véritable industrie semencière, le développement d’industries capables de soutenir la mécanisation agricole ainsi que des solutions adaptées aux contraintes liées à l’eau et au foncier. La maîtrise de l’eau dans les exploitations agricoles est présentée comme une priorité pour renforcer durablement la production. L’ambition affichée est également de faire de l’agriculture une activité génératrice de revenus substantiels pour ceux qui la pratiquent. Le ministre a ainsi résumé la vision autour d’un objectif : faire en sorte que celui qui s’engage dans l’agriculture puisse améliorer durablement son niveau de vie et accéder à de meilleures conditions sociales et sanitaires.

Cette nouvelle orientation ne signifie pas que les acquis des dernières années sont ignorés. Au contraire, le ministre a reconnu les progrès réalisés depuis 2016 dans le secteur agricole. Il estime cependant que certains fondamentaux demeurent à consolider, notamment la fertilité des sols, l’accès aux technologies et l’efficacité des mécanismes d’accompagnement des producteurs.