La Nation Bénin...
Les activités liées à la
convention de subside du projet Pasport II ont été lancées, mercredi 15 avril à
Cotonou. Ce qui marque une avancée majeure dans la promotion du dialogue social
au sein du secteur portuaire. L'initiative vise à améliorer les conditions de
travail et à structurer les relations entre employeurs et employés au profit de
trois catégories professionnelles clés.
Le Port autonome de Cotonou,
poumon de l'économie béninoise, se trouve au cœur d'un projet ambitieux visant
à renforcer le dialogue social. Il s'agit du projet Pasport II dont les
activités ont été lancées ce mercredi 15 avril. Un projet qui consacre l'aboutissement
d'un processus de concertation impliquant plusieurs partenaires nationaux et
internationaux. Pour Stefan de Groote, représentant du syndicat international
Ifsi-Ivsi, ce projet est le fruit d'un long travail collectif. « Sa création a
été un processus long et parfois fastidieux, mais cela en valait la peine »,
a-t-il confié, soulignant qu'il s'agit d'une co-construction avec les syndicats
sectoriels et les partenaires techniques. Il a rappelé que le dialogue social
constitue un levier essentiel pour parvenir à un travail décent. « Le dialogue
social est la stratégie privilégiée des syndicats pour parvenir à un travail
décent pour tous les travailleurs », a-t-il rappelé. Malgré son poids
économique, le secteur portuaire reste confronté à des défis liés à
l'organisation du travail et aux relations professionnelles. Apollinaire
Afféwé, secrétaire général de l'Union nationale des syndicats des travailleurs
du Bénin (Unstb), a dressé un diagnostic à l'occasion. Il a rappelé que le Port
autonome de Cotonou contribue à plus de 60 % du Pib et génère l'essentiel des
recettes douanières et fiscales. « Pendant longtemps, ces catégories
professionnelles ont été confrontées à un dialogue social peu structuré »,
a-t-il déploré, évoquant des tensions récurrentes liées aux conditions de
travail et au respect des droits des travailleurs. Pour lui, l'avènement d'un
dialogue social efficace est une nécessité pour stabiliser ce secteur
stratégique. L'un des points forts du projet réside dans l'implication directe
des bénéficiaires dans sa conception. « Il ne s'agit pas d'une solution toute
faite qu'on vient plaquer », a précisé Apollinaire Afféwé, soulignant que les
acteurs portuaires ont été associés à l'identification des problèmes et à la
recherche de solutions. Cette approche vise à garantir l'appropriation du
projet et à renforcer son efficacité sur le terrain.
Renforcement des capacités et négociation collective
Le projet Pasport II cible
trois groupes essentiels du secteur portuaire. Il s'agit des salariés du port
autonome, les dockers encadrés par le Bureau d'embauche unique et les
transporteurs routiers, notamment les chauffeurs poids lourds. Annick Mireille Azandjèmè,
représentante de l'ambassade du Royaume de Belgique, a rappelé que ces groupes
présentent des réalités professionnelles différentes, ce qui constitue un défi
majeur. Elle a précisé que le projet vise à agir sur les quatre piliers du
travail décent, dont le dialogue social, les droits du travail, la protection
sociale et l'emploi. Le projet prévoit un important volet de renforcement des
capacités des syndicats. « Les responsables syndicaux seront formés pour
améliorer leur capacité de négociation, de gestion des conflits et de plaidoyer
», a expliqué Annick Mireille Azandjèmè. L'objectif est également de favoriser
la signature de conventions collectives de travail adaptées aux réalités du
secteur, afin d'encadrer les conditions d'emploi et de rémunération.
Le projet Pasport II représente une opportunité de transformation et d’amélioration des relations et conditions de travail