La Nation Bénin...
Le niveau général des prix à la consommation a enregistré une progression en mars 2026, confirmant une légère tension inflationniste portée notamment par le secteur des transports.
En mars 2026, l’inflation repart légèrement à la hausse, sous l’effet notamment du renchérissement du kpayo. Selon les données publiées par l’Instad, l’Indice harmonisé des prix à la consommation (Ihpc) s’est établi à 102,3 contre 101,6 en février, soit une hausse mensuelle de 0,7 %. Cette évolution est principalement liée à l’augmentation des coûts du transport, en particulier avec la flambée des prix de l’essence frelatée communément appelée kpayo, dont le prix a bondi de 11,1 %. Cette tendance a largement contribué à tirer l’indice global vers le haut, dans un contexte où les dépenses liées à la mobilité pèsent fortement sur le budget des ménages. Parallèlement, l’inflation sous-jacente, qui exclut les produits saisonniers et énergétiques, a également connu une progression, passant de 100,5 en février à 100,9 en mars, soit une hausse de 0,4 %. Cette évolution traduit une pression plus diffuse sur les prix, au-delà des seuls facteurs conjoncturels. Du point de vue de la provenance des produits, les prix des biens importés ont connu une hausse plus marquée (+1,7 %) que ceux des produits locaux (+0,3 %), traduisant l’influence persistante des marchés internationaux sur l’économie nationale.
Sur le plan trimestriel, les prix ont progressé de 0,5 % entre décembre 2025 et mars 2026. Cette hausse est principalement imputable à l’augmentation des coûts dans plusieurs secteurs, notamment les « Vêtements et chaussures » (+0,8 %), le « Logement, eau, électricité, gaz et autres combustibles » (+0,5 %) ainsi que le « Transport » (+5,6 %).
Toutefois, cette tendance haussière a été atténuée par la baisse des prix observée dans certaines divisions, notamment les « Produits alimentaires et boissons non alcoolisées » (-0,3 %) et les « Restaurants et services d’hébergement » (-0,5 %). Ces replis ont contribué à modérer l’augmentation globale de l’indice. L’analyse par catégorie de produits montre que la hausse trimestrielle est essentiellement portée par les produits énergétiques (+4,2 %), mais également par l’évolution des prix dans les secteurs primaire (+0,6 %), secondaire (+0,7 %) et tertiaire (+0,3 %). En revanche, les produits locaux ont enregistré une légère baisse (-0,3 %), tandis que les produits importés ont connu une hausse plus significative (+2,4 %).
En glissement annuel, la situation apparaît différente. Comparé à mars 2025, le niveau général des prix a reculé de 0,4 %. Cette baisse est principalement due à la diminution des prix des « Produits alimentaires et boissons non alcoolisées » (-2,5 %), des « Restaurants et services d’hébergement » (-6,0 %) ainsi que des « Assurances et services financiers » (-0,3 %). Cependant, cette tendance baissière a été partiellement compensée par la hausse des prix dans plusieurs secteurs, notamment le logement (+6,8 %), le transport (+4,0 %), les loisirs et la culture (+4,8 %), ainsi que les vêtements (+1,8 %). Ces augmentations témoignent de pressions persistantes sur certains postes de consommation. L’analyse sectorielle indique que la baisse annuelle est surtout liée au recul des prix dans les secteurs primaire (-5,8 %) et tertiaire (-1,9 %), tandis que les produits du secteur secondaire ont connu une hausse (+2,8 %). De même, les produits frais ont enregistré une baisse notable (-3,2 %), contribuant à la tendance globale.
Une inflation maîtrisée dans l’espace Uemoa
En moyenne annuelle, le taux d’inflation s’est établi à +1,0 % à fin mars 2026, en légère baisse par rapport au mois précédent. Ce niveau reste conforme aux critères de convergence définis au sein de l'Uemoa, traduisant une relative maîtrise de l’inflation dans le pays. Ces données illustrent une situation économique contrastée, marquée par des tensions ponctuelles sur certains postes de dépense, mais globalement contenue sur le long terme. Elles mettent également en lumière les défis liés à la dépendance aux produits importés et à la volatilité des prix énergétiques.
Dans un contexte où le pouvoir d’achat demeure une préoccupation majeure pour les ménages, l’évolution des prix dans les prochains mois sera scrutée de près, notamment en lien avec les politiques économiques et les dynamiques du marché international¦
Le niveau général des prix à la consommation a enregistré une progression en mars