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Programme CyberIncub: Trois startups béninoises de cybersécurité distinguées

Economie
L'initiative ambitionne de renforcer les compétences locales L'initiative ambitionne de renforcer les compétences locales

Trois startups béninoises spécialisées dans la cybersécurité ont été distinguées au terme du programme CyberIncub 2026. Mac & Sec-Protus, Okiki et Defentix bénéficient chacune d’une dotation de 10 millions de F Cfa, avec pour ambition de contribuer au développement d’une offre locale de solutions de cybersécurité.

Par   Isidore GOZO, le 25 sept. 2026 à 09h16 Durée 3 min.
#cybersécurité

Le Bénin poursuit ses efforts pour faire émerger des solutions technologiques conçues localement. Au terme du programme CyberIncub 2026, trois startups béninoises ont été retenues comme lauréates. Il s’agit de Mac & Sec-Protus, Okiki et Defentix. Porté par l’Agence de développement des petites et moyennes entreprises (Adpme) et l’Agence des systèmes d’information et du numérique (Asin), avec l’appui de LuxDev, le programme vise à accompagner l’émergence d’une offre nationale en matière de cybersécurité. L’initiative entend répondre aux besoins croissants des entreprises et des administrations dans un contexte marqué par l’accélération de la transformation numérique et la multiplication des cybermenaces. Elle ambitionne également de renforcer les compétences locales et de favoriser la création de solutions capables de répondre aux enjeux de souveraineté numérique.

Lancé par appel à candidatures, CyberIncub a suscité l’intérêt de nombreux porteurs de projets à travers le pays. Une première sélection a permis de retenir 20 projets, soumis ensuite à l’appréciation d’un jury. Dix équipes ont finalement intégré le programme d’incubation. Durant six mois, les bénéficiaires ont suivi un accompagnement combinant renforcement des compétences techniques en cybersécurité, mentorat et structuration entrepreneuriale. À l’issue de cette première phase, cinq équipes ont été retenues pour poursuivre leur parcours pendant trois mois supplémentaires. Cette seconde étape était consacrée à la consolidation des solutions et à leur préparation à l’accès au marché. Au terme de ce processus, trois startups ont été distinguées. Mac & Sec-Protus, Okiki et Defentix ont chacune reçu une dotation de 10 millions de F Cfa, soit un appui global de 30 millions de F Cfa. Elles bénéficieront également d’un accompagnement continu de l’Adpme pour la formalisation et la structuration de leurs entreprises.

Pour la directrice générale de l’Adpme, Alvyne Alia, la cybersécurité constitue à la fois un enjeu de confiance pour l’économie numérique et une opportunité pour les jeunes entrepreneurs. Elle a souligné que le programme a permis d’identifier et d’accompagner des talents à travers l’incubation, le renforcement de capacités et le mentorat. De son côté, le directeur général de l’Asin, Marc-André Loko, a insisté sur la nécessité pour le Bénin de passer progressivement du statut d’utilisateur à celui de producteur de technologies. Il a rappelé que la réflexion autour de CyberIncub est née dans le prolongement des initiatives comme le HackerLab et les hackathons. L’objectif était notamment d’encourager les participants à aller au-delà de l’utilisation d’outils existants pour concevoir des solutions susceptibles d’être commercialisées. Selon lui, l’enjeu ne réside toutefois pas uniquement dans la performance technique des solutions. La confiance des utilisateurs, la capacité à répondre à des besoins réels et la compétitivité des offres constituent également des conditions importantes pour leur adoption. L’ambition affichée est de permettre aux entrepreneurs béninois de concevoir des solutions destinées non seulement au marché national, mais également aux entreprises du continent et, à terme, au marché international.

La ministre des Petites et moyennes entreprises et de la promotion de l’emploi, Awaou Baco, a pour sa part salué le parcours accompli par les bénéficiaires. Elle a estimé que la cybersécurité dépasse désormais la seule dimension technique pour devenir un enjeu de souveraineté, de confiance et de compétitivité pour les stantups entreprises et les administrations. La ministre a également invité les lauréates à transformer les acquis de l’incubation en entreprises viables et créatrices d’emplois. Pour elle, la poursuite des partenariats entre startups, institutions, structures d’accompagnement et investisseurs sera déterminante pour consolider les solutions développées. Avec CyberIncub, les structures porteuses entendent ainsi contribuer à la constitution d’un écosystème béninois de cybersécurité davantage orienté vers la création, la commercialisation et l’exportation de solutions numériques.