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La deuxième édition du Salon international des médias d’Afrique s’est tenue du jeudi 8 au dimanche 11 octobre au Grand Théâtre Doudou Ndiaye Coumba Rose de Dakar. Pendant quatre jours, les acteurs des médias africains se sont mobilisés pour penser leur écosystème en lien avec l’IA, afin de le rendre plus souverain, performant et éthique.
Et de deux pour le Sima. Ouvert jeudi 8 octobre pour quatre jours, le Salon international des médias d’Afrique confirme son ambition : faire du continent un acteur de la production, de la diffusion et de la régulation de ses propres récits. D’où le thème de cette édition 2026 : “Bâtir un écosystème médiatique souverain et performant”. Un thème qui résonne avec l’actualité. Avec son cortège de désinformation, contenus synthétiques, effondrement des modèles économiques, précarité des journalistes. Autant de défis qui challengent les journalistes du continent. Dans son discours d’ouverture, le ministre sénégalais de la Communication, porte-parole du gouvernement, Bakary Sarr, a donné le ton : appel à la souveraineté, plaidoyer pour un renforcement de la régulation, pour des modèles économiques durables et pour une amélioration des conditions de travail des journalistes.
Régulateurs, éditeurs, journalistes, créateurs de contenus, universitaires, experts en intelligence artificielle sont venus d’Afrique et d’Europe pour échanger sur des thèmes évocateurs. Conformément à la vocation du Sima qui se veut une plateforme de dialogue, de réflexion, de formation et de partenariats, résume le coordonnateur du comité de pilotage, Matar Sylla. Au menu donc de l’édition 2026: régulation, financement, formation, protection des journalistes et impact des nouvelles technologies. L’approche, pragmatique, s’inscrit dans le “Partage d’expériences entre pays africains afin d’aboutir à des solutions très pragmatiques”, insiste Matar Sylla.
Quatre jours, quatre chantiers
Telle une valse à quatre temps, la programmation a oscillé autour de quatre points principaux. D’abord l’économie, à savoir, comment financer la presse ? Publicité, monétisation, diversification des revenus, résilience des entreprises. Comment mobiliser le nerf de la guerre, a fait pousser les réflexions autour des thèmes “IA, Économie des médias & Publicité” et “Quels modèles économiques face aux mutations et aux nouveaux acteurs digitaux? Diversification, abonnements, monétisation des plateformes et partenariats avec les créateurs”, puis les participants ont réfléchi sur comment “Financer l’indépendance - aides publiques, fonds et bailleurs; Soutien aux médias sans compromettre la liberté éditoriale”.
Aussi, les échanges se sont focalisés sur la technologie. Débat plus qu’attendu, au regard de l’usage de l’IA dans les rédactions, à travers la production audiovisuelle, la vérification de l’information, la data et la distribution. La réflexion à ce propos intervient alors que l’IA s’invite massivement dans les salles de rédaction, entre opportunité et menace. Par la suite,les participants au Sima ont évoqué les questions relatives au droit à l’information, à la déontologie, l’éthique, la souveraineté. Dans un environnement saturé de réseaux sociaux et de contenus synthétiques, comment restaurer la confiance face à une audience de plus en plus exigeante a été au cœur des préoccupations. Le panel consacré à la “Régulation & Avenir du métier” s’y est penché.
Instants cruciaux, également, ont été les master class portant notamment sur “Production de contenus pour plateformes digitales”, les rencontres B2B et d’échanges sur les possibilités de coopération entre rédactions, écoles, régulateurs et acteurs tech.
Vers une Charte africaine de l’IA
Au-delà des débats, un livrable pourrait marquer l’édition 2026: l’élaboration d’une Charte africaine de l’intelligence artificielle dans les médias. Suite logique à la présence active désormais de l’IA dans les médias, le continent tente d’harmoniser sa doctrine : transparence totale sur l’usage de l’IA, primauté du contrôle humain, interdiction des deepfakes trompeurs, protection des sources... D’où l’atelier de rédaction portant sur l’ébauche d’une Charte africaine de l’IA dans les médias, auquel le quotidien La Nation a activement contribué.
Façonner l’information
Capitale des médias africains, pendant quatre jours, Dakar a été ainsi au cœur d’un enjeu qui, en vérité, dépasse le cercle de la presse. Il s’agit de comment renforcer la capacité des Africains à produire et protéger leurs propres contenus. À ne plus être seulement un espace de consommation, mais un espace de productions qui racontent l’Afrique, l’Afrique qui écrit ses propres récits. Le thème très évocateur “Récits, industries créatives, sport, femmes” aura permis d’en cerner les contours.
Autant dire que le Sima a tenu son pari. Celui d’être le rendez-vous panafricain qui connecte médias, institutions, créateurs, technologies et décideurs pour construire l’avenir de l’information sur le continent. En somme, selon ses organisateurs, la Maison de la presse sénégalaise en l’occurrence, un carrefour africain des médias, des idées et des opportunités. Plus qu’un salon, imposer le label d’un Sima plateforme de dialogue, de réflexion, de formation et de partenariats entre les acteurs qui façonnent l’information en Afrique.