La Nation Bénin...
A travers la 11? réunion du Réseau des commandants de ports et des officiers de sûreté des installations portuaires de l’Association de gestion des ports de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (Agpaoc), Cotonou devient, pendant trois jours, le carrefour de la réflexion sur la transformation numérique, la sécurité maritime et la coopération régionale. Les acteurs portuaires d’Afrique de l’Ouest et du Centre entendent définir des réponses communes aux défis des ports africains de demain.
Cotonou accueille depuis ce mercredi la onzième réunion du Réseau des commandants de ports et des officiers de sûreté des installations portuaires de l’Association de gestion des ports de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (Agpaoc). Pendant trois jours, les responsables portuaires de la sous-région échangent autour d’un enjeu stratégique : « La capitainerie intelligente face aux défis des ports du futur ». En procédant à l’ouverture des travaux, le commandant du Port autonome de Cotonou, Charles-Bennett Fayomi, a salué le choix porté sur le Bénin pour accueillir cette rencontre, y voyant une marque de confiance envers la plateforme portuaire béninoise et la reconnaissance de l’engagement du pays en faveur de la coopération maritime régionale. Selon lui, cette rencontre constitue une occasion privilégiée de partager les expériences, d’harmoniser les pratiques et de renforcer la coopération afin d’améliorer la sûreté, la sécurité, la résilience et la compétitivité des ports de la sous-région. Le président du Réseau des commandants de ports, commandant Bertrand Ndi, a, pour sa part, salué la profonde transformation du Port de Cotonou, qu’il a décrit comme une plateforme moderne et résolument tournée vers l’avenir. Il a toutefois rappelé que les ports africains évoluent dans un environnement toujours marqué par des défis sécuritaires majeurs. Malgré la baisse de certains actes de piraterie, le golfe de Guinée demeure l’un des espaces maritimes les plus sensibles au monde, avec une recrudescence des actes de brigandage maritime et des enlèvements de marins, selon les données présentées par ce dernier.
Face à ces menaces auxquelles s’ajoutent les cyberattaques, les trafics illicites, la pêche illégale et les défis environnementaux, il a plaidé pour une coopération régionale renforcée. Pour lui, les nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle, l’analyse prédictive, les plateformes numériques intégrées, les drones, la vidéosurveillance intelligente, les systèmes Vts de nouvelle génération ou encore les jumeaux numériques constituent désormais des outils indispensables pour améliorer la sécurité de la navigation, optimiser les escales et renforcer la compétitivité des ports africains. « L’intelligence artificielle ne remplacera pas le commandant du port, elle renforcera sa capacité d’anticipation, d’analyse et de prise de décision », soutient-il.
Digitalisation des ports, mais…
Même son de cloche du côté du secrétaire général de l’Agpaoc, Jean-Marie Koffi, qui a insisté sur la nécessité de transformer les capitaineries en véritables centres névralgiques capables d’intégrer en temps réel les données de navigation, de surveillance et de météorologie maritime. Il a également souligné que la transformation numérique ne doit jamais faire perdre de vue les exigences de sûreté, de cybersécurité et de protection de l’environnement. Pour cet autre responsable portuaire, aucun port ne peut relever seul ces défis, d’où l’importance du réseau pour favoriser le partage d’expériences et l’harmonisation des pratiques.
Représentant le ministre du Cadre de vie et des Transports chargé du Développement durable, le Contre-amiral Fernand Maxime Ahoyo, préfet maritime, a réaffirmé l’ambition du gouvernement béninois de faire du Port autonome de Cotonou un hub logistique moderne, performant, sûr et durable. Il a rappelé que les investissements engagés dans la modernisation des infrastructures, la digitalisation des services et le renforcement des dispositifs de sûreté s’inscrivent pleinement dans cette vision.
Le représentant du gouvernement a également attiré l’attention sur les nouveaux risques liés à la digitalisation des ports, notamment les cybermenaces visant les infrastructures critiques. Pour lui, la capitainerie de demain devra concilier innovation technologique, sécurité maritime, performance opérationnelle et responsabilité environnementale. Au terme de cette rencontre, les participants devront examiner la mise en œuvre des recommandations issues de la précédente édition et formuler de nouvelles orientations destinées à renforcer la coopération entre les ports d’Afrique de l’Ouest et du Centre, dans un contexte où la transformation numérique devient un levier incontournable pour construire les ports du futur.
Les responsables portuaires de la sous-région échangent autour de la capitainerie intelligente face aux défis des ports du futur