La Nation Bénin...
En visite de prise de contact ce mercredi 1er juillet, à l'Agence nationale pour l'emploi (Anpe) puis à la Zone industrielle de Glo-Djigbé (Gdiz), la ministre des Petites et moyennes entreprises et de la promotion de l'emploi, chargée de la Formation professionnelle, Awaou Baco, a affiché sa volonté de faire de l'emploi des jeunes, du renforcement des compétences et du partenariat avec le secteur privé les principaux leviers de son action. Cette première sortie lui a également permis de mesurer les défis de l'Anpe et de constater les résultats concrets des programmes gouvernementaux d'insertion professionnelle.
A l'Agence nationale pour l'emploi, la ministre a été accueillie par le directeur général, Urbain Amégbédji, qui a présenté les grandes évolutions enregistrées par l'institution au cours des dernières années. Il a rappelé que l'agence, créée il y a 23 ans, a connu une réforme majeure en 2023 qui en a fait le guichet unique de promotion de l'emploi au Bénin. Cette restructuration lui a notamment permis d'intégrer les missions de l'Observatoire de l'emploi et de la formation ainsi que celles du volontariat, tout en assurant désormais la mise en œuvre de plusieurs programmes gouvernementaux consacrés à l'insertion professionnelle des jeunes. Selon lui, cette transformation a profondément élargi le champ d'action de l'Anpe. L'institution ne se limite plus à la mise en relation entre employeurs et demandeurs d'emploi. Elle pilote également des projets structurants destinés à favoriser l'employabilité des jeunes et leur inclusion économique. Profitant de cette rencontre, le directeur général a soumis à la ministre un dossier qu'il juge prioritaire. Il s'agit du changement d'identité de l'agence. Urbain Amégbédji a expliqué que les nouvelles responsabilités confiées à l'institution justifient une nouvelle appellation et une identité visuelle plus en phase avec ses missions actuelles. Il a rappelé que le projet de rebaptiser l'Anpe en « Bénin Emploi » avait déjà reçu l'approbation du président de la République, mais n'avait finalement pas été adopté en Conseil des ministres à cause d'un incident de procédure. À ses yeux, cette évolution constituerait un levier important pour améliorer la visibilité de l'institution et faire connaître aux chercheurs d'emploi comme aux entreprises l'ensemble des services qu'elle propose désormais.
Le directeur général a également attiré l'attention de la ministre sur les disparités salariales qui existent entre les agents de l'Anpe et ceux de certaines agences publiques créées plus récemment. Il a déploré des écarts de rémunération parfois deux à trois fois supérieurs, alors que les responsabilités exercées sont comparables. Tout en saluant le professionnalisme et l'engagement des agents qui continuent d'assurer efficacement leurs missions, il a sollicité l'accompagnement de la ministre afin qu'une solution durable puisse être trouvée. Il a enfin assuré Awaou Baco de la disponibilité totale du personnel à l'accompagner pour la réussite de sa mission.
Trois axes prioritaires
Prenant la parole, la ministre a salué le travail accompli par les équipes de l'Anpe dans l'accompagnement des demandeurs d'emploi, l'intermédiation avec les entreprises et la mise en œuvre des programmes d'insertion professionnelle. Pour Awaou Baco, l'agence constitue un maillon essentiel de la politique nationale de l'emploi, en favorisant l'adéquation entre les compétences disponibles et les besoins du marché du travail. Face aux profondes mutations que connaît aujourd'hui le secteur de l'emploi, elle a présenté une vision reposant sur trois priorités.
La première consiste à renforcer les partenariats avec le secteur privé et les petites et moyennes entreprises afin de mieux anticiper les besoins en recrutement, notamment dans les secteurs porteurs tels que la Gdiz, l'agriculture moderne et le numérique. La deuxième priorité vise la digitalisation et la modernisation des services de l'agence afin de les rendre plus accessibles, plus rapides et plus efficaces sur l'ensemble du territoire national. Enfin, la ministre entend intensifier les actions de formation professionnelle, de perfectionnement et de reconversion afin de réduire le décalage entre les compétences disponibles et les besoins réels des entreprises. Elle a réaffirmé son soutien aux équipes de l'Anpe se présentant à la fois comme leur ministre de tutelle et comme un partenaire engagé à leurs côtés.
Des résultats qui confortent
Après l'étape de l'Anpe, la délégation ministérielle s'est rendue à la Zone industrielle de Glo-Djigbé (Gdiz), où plusieurs unités de production ont été visitées. Cette immersion a permis à la ministre de constater les effets concrets des programmes d'insertion professionnelle portés par son ministère en collaboration avec les entreprises installées dans la zone. Elle a notamment cité l'exemple d'une usine de fabrication de carreaux ayant accueilli 300 jeunes dans le cadre du programme Azôli. Après avoir bénéficié de formations pratiques et d'un transfert de compétences, l'ensemble de ces jeunes a été recruté par l'entreprise. La ministre a également évoqué une usine de fabrication de produits cosmétiques qui accueille une cinquantaine de stagiaires grâce au même programme. Les responsables de cette unité ont même exprimé leur volonté de recevoir davantage de jeunes.
Pour Awaou Baco, ces expériences illustrent parfaitement la complémentarité entre la politique de promotion de l'emploi, la formation professionnelle et la stratégie d'industrialisation du Bénin. Elle a souligné que les entreprises implantées à la Gdiz offrent non seulement des perspectives d'embauche, mais constituent également de véritables espaces d'apprentissage où les jeunes développent des compétences directement utilisables sur le marché du travail. La ministre a rappelé que plusieurs de ces jeunes sont orientés vers les entreprises à travers les programmes mis en œuvre par l'Anpe, notamment Prodij et le Psie. Selon elle, de nombreux bénéficiaires connaissent ensuite une évolution professionnelle remarquable, les compétences acquises leur permettant d'accéder à des postes de plus grande responsabilité et à de meilleures conditions de rémunération.
Cette première sortie a permis de mesurer les défis de l'ANPE et de constater les résultats concrets des programmes gouverne-