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Modernisation de l'agriculture béninoise: Une technologie semencière et un quai fruitier en gestation

Economie

Le gouvernement accélère la modernisation de l'agriculture avec deux infrastructures stratégiques appelées à transformer durablement les filières agricoles. À la Zone industrielle de Glo-Djigbé (Gdiz), une usine de production de vitroplants d'envergure régionale s'apprête à entrer en service, tandis qu'à l'aéroport international Bernardin Cardinal Gantin de Cotonou, un quai fruitier est en cours d'achèvement pour renforcer les capacités d'exportation des produits horticoles.

 

Par   Babylas ATINKPAHOUN, le 06 juil. 2026 à 07h35 Durée 3 min.
#Agriculture béninoise

Le Bénin franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation agricole. En misant simultanément sur l'amélioration de la qualité des semences et sur le renforcement des infrastructures logistiques dédiées aux exportations, le pays entend créer les conditions d'une agriculture plus productive, plus compétitive et davantage tournée vers les marchés internationaux. Cette vision se matérialise aujourd'hui à travers deux investissements majeurs. Il s’agit d’une usine de production de vitroplants implantée à la Zone industrielle de Glo-Djigbé (Gdiz) et un quai fruitier en construction à l'aéroport international Bernardin Cardinal Gantin de Cotonou. Pour le ministre de l'Agriculture, de l'Élevage et de la Pêche, Adin Yéton Bloukounon Goubalan, le développement agricole passe inévitablement par la maîtrise des technologies semencières. « Aucune nation au monde ne peut prétendre transformer durablement son agriculture sans disposer d'un secteur semencier performant », a-t-il souligné. Selon lui, les semences figurent, aux côtés de la qualité des sols et de la maîtrise de l'eau, parmi les principaux facteurs qui déterminent les rendements agricoles. L'usine de Glo-Djigbé répond précisément à cette ambition. Présentée comme l'une des plus importantes infrastructures du genre en Afrique de l'Ouest, elle affichera une capacité annuelle de plus de 13 millions de vitroplants, avec une possibilité d'extension à 50 millions. Ces plants issus de la culture in vitro permettront de produire des matériels végétaux de haute qualité destinés notamment aux filières de l'ananas, du cajou, du palmier à huile, ainsi qu'à d'autres cultures fruitières et même aux plantes médicinales. Cette technologie qui permettra l'amélioration des rendements, vise également à garantir une meilleure qualité sanitaire des plants, une homogénéité des productions et une diffusion rapide de variétés performantes auprès des producteurs. Cette infrastructure constitue un levier stratégique susceptible de repositionner le Bénin sur l'échiquier agricole régional et mondial. A en croire le ministre de l'Agriculture, de l'Élevage et de la Pêche, les capacités technologiques déployées permettront au pays de devenir, à moyen terme, un véritable hub semencier au service non seulement de l'Afrique de l'Ouest, mais également du continent africain et des marchés internationaux.

Conquérir les marchés extérieurs

Dans cette dynamique, un vaste domaine de 1 000 hectares situé sur l'ancien site de l'aéroport de Glo-Djigbé sera progressivement aménagé comme site d'élite. Les vitroplants produits en laboratoire y seront directement mis en culture afin de servir de plateforme de démonstration des performances de cette nouvelle technologie auprès des producteurs, investisseurs et partenaires techniques. L'entrée en production de l'usine est annoncée pour la fin du mois d'octobre prochain.

Le futur quai fruitier de l'aéroport international Bernardin Cardinal Gantin de Cotonou répond à une autre exigence de la modernisation agricole qui est de préserver la qualité des produits avant leur expédition vers les marchés internationaux. Les fruits figurent parmi les produits agricoles les plus sensibles. Une mauvaise conservation ou un conditionnement inadapté peut rapidement compromettre leur commercialisation. Le futur quai fruitier permettra ainsi de réceptionner, stocker, conditionner et préparer les cargaisons destinées au fret aérien dans des conditions répondant aux standards internationaux. Selon les responsables du projet, l'installation disposera d'une capacité d'environ 636 palettes pouvant accueillir diverses productions, notamment l'ananas, les oranges et d'autres fruits destinés à l'exportation. Porté par le Projet d'appui à la compétitivité des filières industrielles d'exportation (Pacofide), cet investissement vise à réduire les pertes post-récolte tout en améliorant la compétitivité des filières horticoles béninoises. Les travaux de voirie se poursuivent actuellement autour du site, tandis que les principaux équipements internes sont presque entièrement installés. La mise en service est attendue entre fin octobre et début novembre, conformément aux engagements des entreprises en charge des travaux. Pour Adin Yéton Bloukounon Goubalan, ces deux infrastructures traduisent la volonté du gouvernement de bâtir une agriculture moderne, capable de créer davantage de valeur ajoutée et d'accroître la présence des produits béninois sur les marchés internationaux. En misant simultanément sur la performance des semences, l'augmentation des rendements et l'amélioration des capacités d'exportation, le Bénin entend désormais franchir un nouveau cap dans son ambition de faire de l'agriculture un puissant moteur de croissance économique et de rayonnement régional.