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Politique monétaire dans l'Uemoa: 6 475 milliards F Cfa injectés dans le système bancaire

Economie

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) poursuit ses opérations de soutien à la liquidité bancaire. Pour son 33e appel d’offres hebdomadaire de l’année dont la date limite de soumission est arrivée à terme le 17 août, l’institution monétaire met à la disposition des banques de l’Union 6 475 milliards de F Cfa, à un taux minimum de 3 %.

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 20 août 2026 à 11h06 Durée 3 min.
#Espace Uemoa

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest maintient son dispositif de soutien au système bancaire régional. Pour son 33e appel d’offres hebdomadaire d’injection de liquidité de l’année 2026, la Bceao propose aux établissements bancaires de l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa) un volume de financement de 6 475 milliards de F Cfa sur le guichet à une semaine. Le délai de soumission a expiré le lundi 17 août. Cette opération intervient dans le cadre des mécanismes habituels de refinancement mis en œuvre par la banque centrale pour permettre aux établissements de crédit de disposer des ressources nécessaires au fonctionnement du système financier. Le taux minimum de soumission a été maintenu à 3 %, correspondant au principal taux directeur de la Bceao. L'opération hebdomadaire ne constitue pas une aide budgétaire directement accordée aux États ou aux entreprises. Il s'agit d'un mécanisme monétaire par lequel la banque centrale met temporairement des ressources à la disposition des banques, en contrepartie d'actifs éligibles. Les établissements de crédit peuvent ainsi répondre à leurs besoins de trésorerie et assurer leurs opérations de financement.

Pour cette opération, la Bceao précise que son intervention globale, en tenant compte des différents guichets, atteint 6 725 milliards de F Cfa. L'institution affirme vouloir continuer à fournir la liquidité en fonction des besoins de l'économie et dans le souci de préserver la stabilité monétaire et financière de l'Union. Le recours régulier à ces opérations s'inscrit dans un environnement où les économies de l'Uemoa continuent d'afficher une activité soutenue. Dans sa note de conjoncture publiée en juillet, la Bceao souligne que l'activité économique de l'Union est demeurée bien orientée, notamment grâce au dynamisme des secteurs des bâtiments et travaux publics, des services marchands et des services financiers. La Banque centrale projetait par ailleurs une croissance de 6,2 % au deuxième trimestre 2026, après 6,1 % au premier trimestre.

Un enjeu pour le financement de l'économie

Au-delà du chiffre de 6 475 milliards de F Cfa, l'enjeu est celui de la circulation de la liquidité dans l'économie réelle. Les ressources mises à disposition des banques doivent notamment leur permettre de répondre à leurs besoins de financement et de maintenir leurs activités de crédit. Pour les entreprises, les ménages et particulièrement les petites et moyennes entreprises, la question demeure toutefois celle de la transmission de cette liquidité vers le crédit. Une injection de ressources par la banque centrale ne signifie pas automatiquement une baisse du coût des prêts ou une augmentation immédiate des financements accordés aux entreprises. Les conditions de crédit dépendent également des risques associés aux emprunteurs, des exigences prudentielles et des conditions pratiquées par les établissements financiers. La Bceao maintient néanmoins une politique monétaire qui vise à assurer des conditions de liquidité compatibles avec le financement de l'activité économique. Sur son site officiel, la banque centrale affiche actuellement un taux minimum de soumission de 3 % et un taux du guichet de prêt marginal de 5 %. Cette opération intervient également alors que l'Union connaît une évolution modérée des prix. Dans sa précédente note de conjoncture, la Bceao indiquait que l'inflation s'était établie à 0,4 % en mai 2026, contre 0 % en avril, principalement sous l'effet de la hausse des tarifs des carburants et des services de transport routier de passagers. L'institution anticipait alors une inflation de 0,9 % en juillet.

Au Bénin comme dans les autres pays de l'Uemoa, l'évolution de la liquidité bancaire reste donc un indicateur à suivre. Elle permet de mesurer les conditions dans lesquelles les banques peuvent mobiliser des ressources auprès de la banque centrale et, potentiellement, financer l'activité économique.