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La Formule 1 fera son retour en Afrique au début des années 2030, au Rwanda. Derrière ce choix, une stratégie de rayonnement et de tourisme, mais aussi des interrogations sur les droits humains, le coût et les retombées.
Le 13 octobre 2026, la Formule 1 et le Rwanda ont annoncé à Kigali un accord de dix ans pour organiser le « Grand Prix d’Afrique, présenté par Visit Rwanda ». Le circuit doit être construit à Bugesera, à environ 40 km de la capitale, près du nouvel aéroport international. La première course est attendue au début des années 2030, la dernière en Afrique ayant eu lieu en Afrique du Sud en 1993.
Une stratégie sportive et d’image
Depuis plusieurs années, le Rwanda mise sur le sport pour promouvoir sa destination touristique. Sous la marque Visit Rwanda, il a multiplié les partenariats avec des clubs européens : Arsenal jusqu’en juin 2026, le Paris Saint-Germain jusqu’en 2028, Aston Villa depuis juillet. Il a aussi accueilli les Championnats du monde de cyclisme en 2025.
Un Grand Prix prolonge cette stratégie. Pour Kigali, l’enjeu dépasse le week-end de course. Le pays veut attirer les visiteurs et les investisseurs, développer les infrastructures et créer des emplois. Paul Kagame présente le projet comme un investissement à long terme dans le tourisme, les compétences et les entreprises locales.
Un choix contesté
Amnesty International dénonce une opération de « sportswashing ». Le Rwanda utiliserait les grandes compétitions pour soigner son image malgré les critiques sur les droits humains. Human Rights Watch reproche à la F1 de ne pas avoir expliqué comment elle évalue les conséquences de l’accord sur les droits humains.
Le contexte régional alimente les critiques. Des experts des Nations unies ont documenté un soutien militaire rwandais au M23 dans l’est de la RDC, ce que Kigali conteste. La ministre congolaise des Affaires étrangères juge le choix moralement indéfendable.
Le coût inquiète aussi. Plusieurs centaines de millions de dollars pour un circuit moderne, des dizaines de millions que les organisateurs facturent généralement aux pays hôtes, dans un pays classé 159e sur 193 à l’indice de développement humain.
Un pari dont le bilan reste à établir
Le montant de l’accord, le financement du circuit et la date exacte de la première course n’ont pas été annoncés. Le défi sera de transformer la visibilité internationale en bénéfices durables pour la population et de rentabiliser le circuit après les courses.