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Avec une enveloppe de 72,4 milliards de francs Cfa, le budget primitif 2027 de la ville de Cotonou marque une nouvelle orientation dans la gestion des finances municipales. Adopté à l’unanimité par le Conseil communal, il prévoit une hausse de 47,54 % des investissements et une réduction de 6,44 % des dépenses de fonctionnement. Un choix budgétaire qui traduit la volonté du maire Luc Gnacadja de répondre aux attentes des populations et d’engager une nouvelle dynamique de développement urbain.
Le Conseil communal de Cotonou a adopté à l’unanimité le budget primitif exercice 2027, d’un montant de 72,4 milliards de francs Cfa. Premier budget de la mandature 2026-2033, ce document financier constitue une étape importante dans la mise en œuvre du projet municipal « Cotonou 2026-2033: Changer d’échelle », porté par le maire Luc Gnacadja.
A l’occasion de sa quatrième session ordinaire, les 30 octobre et 2 novembre 2026, le conseil communal a donné le ton de l’ambition que porte la ville de Cotonou pour son développement. Un nouveau cap vient en effet d’être franchi avec le vote de ce budget.
Au-delà du montant global, c’est surtout l'orientation donnée aux dépenses qui retient l’attention. Plus de 74 % des ressources sont consacrées aux investissements, tandis que les dépenses de fonctionnement enregistrent une baisse de 6,44 %. Parallèlement, les investissements progressent de 47,54 %. Une évolution qui traduit une volonté de privilégier les réalisations concrètes au bénéfice des populations, tout en renforçant la maîtrise des charges de l’administration municipale.
Ce budget se veut avant tout la traduction des préoccupations recueillies auprès des habitants. Du 5 au 9 octobre dernier, le maire Luc Gnacadja a effectué une tournée dans les treize arrondissements de Cotonou afin d'aller à la rencontre des populations et de recueillir leurs attentes. À l'issue de cette démarche participative, chaque arrondissement a identifié trois priorités, soit 39 priorités au total, confiées chacune à un responsable de l'administration municipale pour leur suivi.
Les préoccupations exprimées convergent principalement vers l'amélioration du cadre de vie notamment l’éclairage public, des routes praticables, l’assainissement et le drainage des eaux pluviales, les infrastructures scolaires et l’accès aux soins de proximité.
Pour y apporter des réponses dès 2027, le budget prévoit notamment une enveloppe d'un milliard de francs Cfa pour l'éclairage solaire et plus de 1,2 milliard de francs Cfa pour la voirie. Le secteur de l'éducation bénéficie également d'une attention particulière, avec des investissements annoncés dans la construction de nouvelles salles de classe, l'achèvement de chantiers en souffrance, la réalisation de clôtures et l'aménagement de toilettes scolaires.
La municipalité entend également préparer les investissements structurants des années 2028 et 2029. Des études sont ainsi prévues pour plusieurs projets, notamment la construction de collecteurs, des travaux de pavage, les passerelles de Hindé, le marché Saint-Michel, l'école d'Agbodjèdo ainsi que des centres de santé. L'ambition affichée est de faire en sorte que chaque arrondissement bénéficie d'au moins une action visible dès 2027.
Une gouvernance fondée sur la redevabilité
Au-delà des infrastructures, le budget 2027 traduit une volonté de rupture dans les pratiques de gestion. Pour le maire Luc Gnacadja, le changement d'échelle passe aussi par une meilleure utilisation des ressources publiques et une gestion plus rigoureuse des finances communales.
La réduction de 6,44 % des dépenses de fonctionnement, conjuguée à l'augmentation significative des investissements, s'inscrit dans cette logique. Le maire entend notamment éviter le recours à l'endettement pour financer les charges courantes de l'administration, privilégiant les emprunts destinés à la réalisation d'infrastructures et d'équipements durables.
Cette exigence de rigueur s'accompagne d'une volonté de renforcer la mobilisation des ressources propres de la commune. À cet effet, le maire a présenté au Conseil communal le rapport définitif de l'Inspection générale des finances (Igf), dont il avait sollicité l'intervention en mai 2026 pour examiner les recettes non fiscales de la municipalité sur la période allant de janvier 2021 à avril 2026.
Le rapport met en évidence plusieurs insuffisances importantes, notamment dans la maîtrise du potentiel de recettes, la traçabilité et la lisibilité des procédures, l'occupation du domaine public ainsi que le recouvrement des créances. Face à ces constats, les conseillers communaux ont pris connaissance des 48 recommandations formulées par l'Igf et autorisé le maire à prendre les dispositions légales nécessaires à leur mise en œuvre et à leur suivi rigoureux.
L'objectif est de renforcer la transparence, d'améliorer les mécanismes de recouvrement et de garantir que chaque ressource mobilisée profite effectivement au développement de la ville.
Conscient que les attentes des populations ne pourront être satisfaites en une seule année, Luc Gnacadja entend également inscrire son action dans une démarche de transparence et de redevabilité. Le maire s'est engagé à ne pas annoncer de projets dont le financement n'est pas maîtrisé ou dont les conditions de réalisation ne sont pas réunies.
Il a par ailleurs souligné que certaines préoccupations, notamment la construction de commissariats ou de centres de santé, relèvent des compétences de l'État. Il entend, dans ces cas, porter personnellement les sollicitations des populations auprès du gouvernement.
Le conseil communal s’est par ailleurs engagé à rendre compte chaque trimestre de l'évolution des réalisations, arrondissement par arrondissement. Une démarche qui vise à rapprocher davantage l'administration municipale des citoyens et à leur permettre de suivre concrètement l'exécution des engagements pris.
Luc GNACADJA