La Nation Bénin...
Ce dimanche 26 juillet, Porto-Novo a vécu l’une de ces journées dont la mémoire collective garde longtemps la trace. Sur le boulevard Lagunaire, la Grande Procession des Masques sacrés a déployé ses fastes, et parmi les spectateurs, une présence a donné à l’événement un relief singulier: celle du président de la République, Romuald Wadagni. Deux heures durant, le chef de l’État a suivi le spectacle, détendu et manifestement heureux d’être là.
Rien, dans son attitude, ne trahissait la contrainte protocolaire. Le président a savouré chaque instant, applaudissant les masques, se laissant porter par le rythme des tambours. Cette présence prolongée, chaleureuse, a apporté à la procession la caution solennelle de l’État. Un geste fort, qui dit combien la nouvelle gouvernance entend faire de la culture un pilier de son action.
Le décor, il est vrai, était grandiose. Depuis l’aube, les couvents de la ville avaient libéré leurs figures les plus vénérées. Les Egungun, gardiens des ancêtres, avaient ouvert la journée à la place Migan. À la place Abessan, le masque Gounouko avait tracé sa danse en spirale, tandis que les Guèlèdè, joyau du patrimoine mondial, offraient leur sagesse mise en scène. À la place Houngbo Honto, les adeptes du Vodun Hounvè avaient rappelé la vitalité d’une spiritualité qui traverse les siècles. Autant de tableaux qui font de Porto-Novo un sanctuaire vivant des traditions béninoises.
En s’y rendant, le président Wadagni a posé un acte politique autant que culturel. Le Bénin a fait du rayonnement de son patrimoine l’un des moteurs de son ambition touristique, et le Festival des Masques en est l’une des expressions les plus abouties. Que le chef de l’État vienne en personne saluer cette richesse, c’est affirmer que le développement du pays passe aussi par la valorisation de son âme. La modernité qu’il incarne se met, ce jour-là, au chevet de la tradition qu’il honore.
L’édition 2026 a par ailleurs franchi une étape en s’ouvrant à la sous-région. Des masques invités, venus notamment de Côte d’Ivoire, ont pris part à la procession, tissant entre les peuples voisins un lien de fraternité culturelle. Cette ouverture prolonge, sur le terrain du patrimoine, la diplomatie de proximité que le Bénin déploie avec constance en Afrique de l’Ouest.
L’État s’est mobilisé au-delà de la seule présidence. Le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Olushegun Adjadi Bakari, a suivi les animations des masques Eyo à la place Dangbé Klunon Honto, témoignant de l’engagement de tout l’appareil gouvernemental. Cette convergence dessine une politique culturelle cohérente, portée au plus haut sommet de l’État.
Le festival ne s’est pas limité à sa dimension patrimoniale. La veille, le 25 juillet, le boulevard Lagunaire avait accueilli une scène moderne où Vano Baby, Tyaf Papa Yasir et Dorz-B avaient soulevé une foule immense. Le Village du Festival, lui, n’a pas désempli. Cette alliance réussie entre ferveur ancestrale et énergie urbaine a offert à Porto-Novo un rayonnement rare, attirant visiteurs et curieux de tous horizons.
À l’heure du bilan, une certitude s’impose. En honorant de sa présence la procession des masques, le président Romuald Wadagni a offert au Bénin une image forte : celle d’un pays fier de ses racines, ouvert sur le monde, et conduit par un chef d’État qui sait que l’avenir se bâtit sans renier le passé. Porto-Novo, ce dimanche, lui a rendu son sourire.